Ce lundi 25 janvier 2021 demeurera dans l’histoire de l’avion de combat français comme le jour où il a pour la première fois été exporté vers un allié européen. En effet la Grèce signe aujourd’hui le contrat visant à l’acquisition de dix-huit chasseurs omnirôles Rafale F3R dont six neufs. D’une valeur de 2.3 milliards d’euros il couvre également la livraisons de nombreuses munitions dont des missiles air-air et air-sol. C’est la suite de quatre décennies de fidélité entre l’avionneur clodoaldien et la force aérienne grecque.

Ce contrat porte les paraphes des deux responsables politiques de premier plan de chacun des pays. Il s’agit de madame Florence Parly, ministre française des Armées, et de monsieur Nikolaos Panagiotopoulos, ministre grec de la défense nationale. C’est pour cela que Paris a dépêché sa ministre à Athènes.

Ce sont donc douze Rafale F2 et six Rafale F3R qui ont été vendus à la Grèce. Les premiers d’occasion vont être prélevés sur les stocks de l’Armée de l’Air et de l’Espace, et modernisés au même standard que les avions neufs. Les six premiers d’entre-eux d’ailleurs seront des avions de seconde main livrés entre les mois de juin et juillet 2021. D’ici là des équipages grecs seront formés en France à voler sur ce chasseur ultramoderne.
Une fois ces six Rafale F3R ex-F2 livrés il faudra attendre 2022 pour voir arriver les six suivants avions, ceux construits spécialement pour la Grèce, puis l’année suivante les six derniers, d’occasion comme le premier lot. Mi-2023 la force aérienne grecque pourra s’enorgueillir d’aligner dix-huit Dassault Aviation Rafale F3R.

Niveau armement ce sont des missiles air-air Mica et Meteor qui vont être livrés ainsi que des missiles anti-navires Exocet et des missiles de croisière SCALP-EG. Il s’agit donc de munitions parmi les plus évoluées pour le Rafale. Des négociations existent aussi pour l’A2SM, une munition de précision mais non propulsée.

Après le Mirage F1CG puis le Mirage 2000EG/BG/-5 la Grèce réaffirme sa fidélité à Dassault Aviation et à la conception française d’avions de combat. Dans sa force aérienne les avions développés à Saint-Cloud et produits à Mérignac ont toujours été destinés à l’élite des pilotes. Il en sera de même de ces futurs Rafale.
Dorénavant donc la France exporte aussi ses avions vers l’Europe. Les douze avions retirés des stocks de l’Armée de l’Air et de l’Espace seront compensés en 2025 par douze avions au standard Rafale F4.

Photo © Armée de l’Air & de l’Espace.

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12 COMMENTAIRES

  1. De mon point de vue …C »est une bonne nouvelle ! Bravo au gouvernement qui a bien su placer le Rafale et gérer la crise en méditerranée Orientale en proposant un partenariat stratégique aux amis Grecs et en n’hésitant pas à impliquer la France dans l’échiquier.Notre puissance militaire est unique en Europe maintenant que les Anglais nous ont lâchés.Avis aux Suisses et aux Finlandais si vous achetez chez nous, c’est tout un écosystème militaire qui suit!!

    • En fait le prochain contrat européen vraiment attendu, plus que la Finlande et la Suisse, c’est la Croatie. Et là encore ce sera pour des machines de seconde main.

      • Je pense que cette méthode qui consiste à revendre des machines avec du potentiel permet d’opérer avec des machines neuves.
        L’expérience du Mirage F1 modère un peu ce modèle économique extrême, qui consiste à revendre les avions à mi potentiel.
        Mais les prix des avions modernes neufs n’ont rien à voir non plus.
        Et le problème essentiel est là. La gloire des mirages s’est bâti sur des avions au rapport prix performances tel qu’il gommait tous les défauts, alors que pendant longtemps… Le prix du Rafale était tel qu’il gommait toutes ses.qualités.

  2. Merci bien pour toutes ces précisions. Je pensais que les avions au standard F2 avaient tous été upgradés en F3. Est-ce que les avions au standard F2 avaient été mis sous cocon en attendant des jours meilleurs? Si c’est cela, alors ça ne gêne pas trop le fonctionnement journalier de l’AAE puisqu’elle ne les utilisait pas. Cependant, fournir à l’AAG des Rafales au standard F3R implique le Radar AESA, hors les F2 n’en avait pas. Est ce que cela va être des radars neufs ou d’occasions, si occasions alors cela va -t-il être pris sur des avions qui les possèdent et donc gêner pendant un certain temps les opérations.?
    J’ai lu également que la Grèce va acheter des F35, en plus grande quantité que les Rafales. A quoi cela va -il leur servir puisque le F35 n’est qu’un avion furtif d’attaque et non de défense? Est-ce uniquement pour avoir le protectorat américain en cas d’attaque de la Turquie?

    • Comme il a été très bien dit hier sur une chaine d’info au logo rouge & noir, c’est pour diversifier ses sources en cas d’embargo;…comme le font tous les autres clients de Dassault, Je vois mal la Turquie attaquer…..on est dans la dissuasion là. Et rien que de savoir qu’ils auront des Exocet suffit à réfléchir à deux fois avant de jouer au couillon. Toutefois les velléités Turques ne sont pas défavorables pour nous dans cette transaction.

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