La décision grecque d’acquérir des avions de combat Rafale de seconde main auprès de la France n’en finit pas d’avoir des répercussions. Ainsi le ministère des Armées vient de confirmer une nouvelle commande à venir pour le biréacteur français, sans préciser s’il s’agira de monoplaces ou d’un mélange monoplaces et biplaces. Ces avions pourraient être livrés à l’horizon 2024-2025. Entre ça et la volonté indienne autour de trente-six nouveaux exemplaires les prochains mois s’annoncent pas mal du tout pour Dassault Aviation.

En fait cette commande était plus ou moins dans les tuyaux puisque le remplacement des avions d’occasion vendus à la Grèce avait été annoncée par madame Florence Parly, la ministre des Armées. Pour autant on ne la pensait pas annoncée aussi rapidement. Ces douze Dassault Aviation Rafale seront donc versés exclusivement à l’Armée de l’Air et de l’Espace et répartis entre les unités en ayant besoin.

Il semble désormais avéré que ces avions seront livrés directement au standard Rafale F4, ce qui permettra d’économiser sur une future modernisation. Pour autant cela n’arrivera pas avant le second semestre 2024 au plus tôt car le calendrier entre Dassault Aviation et le ministère des Armées est déjà très chargé. Vingt-huit avions neufs doivent déjà être fabriqués et livrés entre janvier 2022 et mai 2024. C’est seulement après cette date que les douze nouveaux avions pourront être réceptionnés par les militaires français.

Mais surtout ce contrat de douze avions en remplacement des machines destinées à la Grèce va être l’occasion d’un nouveau bras de fer entre Florence Parly et son collègue Bruno Le Maire, ministre de l’économie. En effet Bercy estime que le fruit de la vente des douze avions de seconde main à la Grèce doit revenir au budget de l’État et non à celui des Armées. Dans le même temps ce sera à Balard d’assurer seul le paiement des douze avions commandés en remplacement. Dans les deux cas le ministère des Armées pourrait bien être le dindon de la farce, ce que Florence Parly n’entend pas de cette oreille. Autant dire que les relations entre Bercy et Balard vont encore être compliquées dans les semaines et mois à venir.
Les seuls dans cette histoire qui vont s’en sortir sans dommage sont à chercher chez Dassault Aviation. L’emploi sur la ligne de production est ainsi encore renforcé et l’actionnariat gagnant.

Photo © Armée de l’Air et de l’Espace.

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12 COMMENTAIRES

  1. Il est quasi certain que Bercy va augmenter le budget de l’état avec cette opération; Dassault va se remplir les poches et le Ministère des Armées va sortir son mouchoir afin de sécher ses larmes.

  2. C’est effectivement une très bonne nouvelle pour Dassault.

    Effectivement ça risque de coincer entre les 2 ministères, car ce sont de grosses sommes qui sont en jeu.
    D’autre part, si la commande de 36 Rafales supplémentaires pour l’Inde se confirme, cela ne risque-t-il pas de repousser encore plus loin la fabrication des 12 Rafales devant remplacer ceux vendus d’occasion à la Grèce ??
    Comme dit le proverbe : il ne faudrait pas que les enfants du cordonnier soient les plus mal chaussés.
    Quand les 12 Rafales vont partir en Grèce en 2021, comment va-t-on assurer la jointure, avant que les 12 Rafales standard F4 arrivent ? Il va y avoir un gros trou capacitaire.

    Il serait peut-être bien de mettre un terme à l’opération Chammal qui consomme du potentiel et n’est peut-être plus aussi indispensable qu’elle l’était il y a 2 ou 3 ans. De plus que font les 6 Rafales sur la base d’El Dafra ?

    Il y a peut être la possibilité de rapatrier certains matériels, en sachant que l’on ne pourra pas être sur tous les fronts. Barkhane nous mobilisant déjà pas mal d’hommes et de matériel.

    Et si la Croatie passe une commande, on fait quoi ?

    • @Cabrera : « Et si la Croatie passe une commande, on fait quoi ? »

      Et si la Finlande… Et si la Suisse… Et si la Malaisie passe commande ? Et si l’Inde… Et si l’Egype repasse commande ? Et bien, il faudra augmenter la cadence de fabrication et/ou sous-traiter auprès d’un des nouveaux clients (je pense à la Suisse ou l’Inde).

      Pour mémoire, la cadence de la chaîne de fabrication a toujours était modulable : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/dassault-va-augmenter-ses-cadences-de-production-a-trois-rafale-par-mois-493552.html

    • Je ne suis pas certain que le départ des 12 Rafales vers la Grèce génère un si grand trou capacitaire que ça car de toute façon, je pense qu’il était prévu de moderniser certain appareils de l’armée de l’air comme le sont actuellement 10 Rafales de la Marine. On se retrouve donc avec 12 avions de moins à moderniser qui auraient été de toute façon retiré du service pour plusieurs mois.
      Quant à annuler certaine opérations extérieures, si le Rafale commence à faire son trou à l’export c’est surement aussi parce qu’il prouve son efficacité que ce soit en Syrie , en Afrique ou au dessus de Paris.

        • Tous seront au standard F3R soit le nec plus ultra aujourd’hui pour le Rafale que ce soit les 6 exemplaires neufs ou les 12 d’occasions qui sont aujourd’hui au standard F3-OAT qui est l’avant dernier avant donc le F3R.

  3. Une chose me fait tiquer dans la vente aux grecs. Toutes les autres ventes réelles ou potentielles sont chiffrées ! Suisse, Finlande, Inde etc, et pour la première fois dans une vente d’avions de combat, il n’y a nulle part la moindre information sur le sujet ??? Que fait il en penser ? Surtout si votre client est notoirement connu pour être dans le rouge ?

    • Que la transparence en matière de ventes d’armes a ses limites. Pourquoi faudrait t-il forcément se méfier de la Grèce qui est un fidèle allié de la notre pays, tant militaire qu’économique ? Et puis si vraiment la Grèce était « dans le rouge » comme vous l’affirmez croyez-vous vraiment que Dassault Aviation aurait accepté le contrat ? Cette entreprise française n’est pas réputée philanthropique : elle sait donc qu’elle sera d’une manière comme une autre payée pour ces avions !

  4. Je pense que l’état délictueux des finances de la Grèce, le pays le plus endetté de l’Europe doit au contraire faire l’objet d’une attention particulière. Quelles sont les conditions d’achat de ce contrat ? On n’en sait rien, et même vous n’apportez rien de ce point de vue là ! Or quand il y a opacité, il faut s’inquiéter ! Surtout vis à vis d’un pays qui a trompé l’Europe pendant des décennies sur l’état réel de ses finances ! Certes Dassault a besoin d’un succès européen, mais je m’interroge sur le sacrifice que la France a du consentir pour y arriver. Et tant que le contrat n’est pas signé, je pense qu’il faut rester prudent sur une telle transaction !

    • Merci à l’avenir de demeurer dans le domaine aéronautique dans vos commentaires. Car là on sent bien plus de ressentiments vis à vis de la Grèce que de passion ou d’intérêt pour le monde aéronautique. Donc au prochain commentaire si vous vous détournez de l’aéronautique pour tomber dans ce genre de commentaire politicien vous serez tout bonnement modéré.
      Cordialement.

      • La Grèce a un budget, elle compte par ailleurs sur le plan de relance européen.
        Elle a en outre provisoirement abandonné les négociations avec la France a propos de l’achat de deux frégates furtives, réalisant l’urgence de la possession d’avion de combats dissuasifs dans la situation actuelle.
        Ceci représente tout comme la deuxième commande de l’Inde de 36 rafales supplémentaire une reconnaissance mondiale éclatante de la qualité du travail de Dassault. Et un atout pour sa survie.
        Parallèlement force est de reconnaitre que les tensions et les risques militaires sont en forte augmentation dans plusieurs régions, un conflit majeur n’est pas à exclure même si le Rafale peut contribuer à calmer les ardeurs agressives de certains.

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