C’est une procédure très rare dans l’US Navy. Ce dimanche 3 janvier 2021 l’US Department of Defense a ordonné au porte-avions USS Nimitz et à ses bâtiments d’accompagnement de faire demi-tour pour rejoindre les eaux au large des côtes iraniennes. Soixante-douze heures plus tôt les marins américains avaient pris le chemin de leur porte d’attache de Californie à l’issue d’un déploiement de huit mois. Le gouvernement américain craint que la république islamique ne veuille s’en prendre aux intérêts des États-Unis dans la région.

F/A-18C Hornet de l’US Marines Corps en configuration d’appui tactique sur l’USS Nimitz.

Il faut dire que la fin de mission moyen-orientale de l’USS Nimitz coïncidait avec le premier anniversaire de l’assassinat ciblé par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani. Il est mort le vendredi 3 janvier 2020. En ce jour anniversaire la tension entre Washington DC et Téhéran est remontée d’un cran, le régime islamiste menaçant clairement l’Amérique de représailles. Attaques terroristes ? Frappes aériennes ? Détournement d’avions ? Personne ne connait la nature exacte des dites représailles. Mais au Pentagone autant qu’à la Maison Blanche beaucoup prennent ces menaces très au sérieux.

Et du coup alors qu’ils allaient sortir de l’océan indien et pénétrer le Pacifique l’USS Nimitz et ses navires d’accompagnement ont été obligé d’opérer un véritable 180 degrés, autant au sens figuré que propre. Dans la tête des marins américains c’était déjà le moment des retrouvailles. Il a fallu repasser en mode guerrier. Les avions et hélicoptères embarqués ont enchaîné les décollages et appontages tandis que la flottille américaine était au poste de combat. Et surtout il ne s’agissait pas d’un exercice.

EA-18G Growler paré au lancement depuis l’USS Nimitz.

L’USS Nimitz et ses 90 aéronefs embarqués assistés du croiseur USS Princeton et des destroyers USS John Paul Jones, USS Ralph Johnson, et USS Sterett représentent une puissance de feu non négligeable face à l’Iran. Cependant cette flotte demeure avant tout un outil de pression et de diplomatie musclée. Donald Trump irait t-il engagé une guerre contre une puissance supposée nucléaire comme la république islamique à seulement deux semaines de la fin de sa présidence ? Théoriquement non.
Dans le même temps il faut se souvenir qu’un second porte-avions est en route pour la zone : l’USS Theodore Roosevelt. Il est accompagné du croiseur USS Bunker Hill et des destroyers USS John Finn et USS Russell. Ces quatre bâtiments foncent vers le Moyen-Orient afin de renforcer l’USS Nimitz.

Le destroyer lance-missiles USS Sterett.

Jusqu’à quand cette escalade américano-iranienne aura t-elle lieu ? Sachant que ce lundi 4 janvier 2021 la république islamique a annoncé officiellement avoir repris l’enrichissement de son uranium à hauteur de 20% dans son centre de recherche souterrain de Fordo. Autant dire que l’Iran se dote clairement de l’arme atomique. Provocation ou réalité ? Sans doute un peu des deux. En attendant sous 72 à 96 heures l’Amérique pourrait disposer de deux porte-avions, deux croiseurs, et cinq destroyers au large de l’Iran. Autant dire une capacité de destruction hors du commun. Donald Trump se contentera t-il encore d’aboyer ou voudra t-il mordre ? L’avenir proche nous le dira.

Photos © US Navy.

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3 COMMENTAIRES

  1. « Théoriquement non ». Cependant le looser de la MB a une cafetière fêlée de par sa perte de sa fonction de président des USA, ce qu’il ne digère pas. Jusqu’au 20 janvier, il reste président sortant des USA.
    Il a les codes!

  2. M’est d’avis que les « pêcheurs » dans cette zone maritime auront bientôt tous mal à la tête vues les ondes EM émises par les radars US! 🙂

  3. Rassurez-vous! Plus d’une douzaine d’officiers supérieurs en service actif qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat. ont affirmé que l’actuel président Trump ne pourra déclencher des actions offensives contre l’Iran.

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