L’état-major israélien souhaiterait régler ce futur contrat avant la fin du mandat de Donald Trump, dans 15 jours. Ce lundi 4 janvier 2021 en après-midi le vice-premier ministre israélien Benny Gantz a fait savoir auprès de Washington DC qu’il entendait commander un nouveau lot d’avions furtifs F-35I Adir. L’ancien général de brigade argue qu’actuellement cet avion est le seul capable de mettre Israël à l’abri des menaces de l’Iran. Une posture qui n’est pas pour déplaire à celui qui est encore pour deux semaines locataire du bureau ovale.

Sur le papier Heyl Ha’Avir est aujourd’hui un des principaux utilisateurs étrangers du Lockheed-Martin F-35 Lightning II avec l’Aeronautica Militare et la Royal Air Force. Elle a commandé cinquante exemplaires de la version F-35I Adir dont la moitié sert dorénavant dans des escadrilles de combat. Israël a d’ailleurs été le premier pays après les États-Unis à déclarer ce type d’avions de combat opérationnel. Il semblerait même que de tels avions aient déjà violé l’espace aérien souverain d’un état tiers afin de mener une action de guerre, à savoir la Syrie.

Pour Benny Gantz, par ailleurs également ministre de la défense, le F-35I Adir est bien plus qu’un nouvel avion de combat, c’est un formidable outil de propagande et un démultiplicateur de forces. Loin des polémiques sur ses retards de conception les Israéliens le considèrent aujourd’hui comme leur meilleure solution face au péril iranien. Un raid aérien contre l’Iran serait quasi indétectable si réalisé par des F-35I Adir. Or la république islamique est plus que jamais l’ennemie jurée de l’état hébreu. Théocratie contre théocratie en sommes.

Une nouvelle commande de F-35I Adir est donc logique. Sauf qu’il y a un hic : les parlementaires démocrates essayent désormais au maximum d’éviter la propagation de vecteurs de frappes au Moyen-Orient. Et Israël n’en est pas exclu. Les contrats d’armement entre Washington et Tel-Aviv se réglant généralement à la Maison Blanche Gantz compte sur un accord trouvé au plus tôt avec Trump, avant la date fatidique du 20 janvier 2021. Ce jour là Joe Biden deviendra Président des États-Unis et les choses se compliqueront.
Idéologiquement le futur président sera dans la lignée de Barack Obama, les contrats signés à la va-vite seront donc terminés. Tout se fera avec beaucoup moins d’opacité. Israël ne craint pas un embargo de la part de Biden, l’état hébreu a juste peur que les procédures reviennent à la normale, c’est à dire à la vitesse parlementaire d’avant l’ère Trump.
La diplomatie israélienne met donc la pression sur la Maison Blanche.
Grosse inconnue : on ignore actuellement combien de nouveaux F-35I Adir seront concernés par cette nouvelle commande. Là-dessus Benny Gantz n’est pas particulièrement connu pour jouer la transparence. Alors le contrat sera t-il signé aussi vite que le vice-premier ministre israélien l’espère ? Le très proche avenir nous le dira.

Photo © Heyl Ha’Avir.

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3 COMMENTAIRES

  1. Moui sans doute que Trump a compris a quel point Israël ne lui a pas été reconnaissant pour ses actions donc je ne pense pas qu’il ait la pression pour ce contrat…

  2. Théocratie contre théocratie? Ça ne vous pose pas un problème d’écrire cela? Israël n’est en rien une théocratie mais un pays démocratique régi par des lois temporelles. C’est grave d’écrire cela …

    Theocratie:
    Forme de gouvernement dans lequel le pouvoir, considéré comme émanant de Dieu, est exercé par ceux qui sont investis de l’autorité religieuse ou par un souverain considéré comme le représentant de Dieu sur la terre ou comme un dieu incarné

    • Perso aucun problème non. Oui l’état d’Israël est un état religieux, la preuve il a une religion d’état. C’est donc comme son adversaire iranien une théocratie. Si ça vous dérange j’en suis navré, mais je ne changerais pas mon article pour autant.
      Bien à vous Cédric.

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