C’est le retour d’un serpent de mer presque aussi fort que celui du Sukhoi Su-57 en Algérie. Ce dimanche 3 janvier 2021 l’agence de presse officielle pakistanaise a fait état d’une possibilité d’acquisition prochaine de chasseurs de supériorité aérienne Shenyang J-11B par la Pāk Fìzāʾiyah. Le chiffre de 40 avions est avancé pour cet appareil qui deviendrait ainsi le meilleur chasseur de l’arsenal pakistanais. Il s’agirait ainsi de la première exportation pour Pékin de cette copie du célèbre Sukhoi Su-27 conçu du temps de l’Union Soviétique.

Des Shenyang J-11 sous cocarde pakistanaise cela n’a rien de nouveau. Depuis une petite dizaine d’années un tel contrat est souvent avancé, on parle tantôt d’une quinzaine d’exemplaires tantôt d’une centaine, mais sans jamais voir la moindre concrétisation. Là c’est différent puisqu’il s’agit d’une officialisation autour d’une lettre d’intentions. Alors pourquoi un tel revirement pakistanais ? Pour trois raisons principales en fait.

La première provient du fait que les militaires pakistanais ont pu parfaitement se rendre compte il y a quelques semaines des réalités du chasseur chinois. Lors de l’exercice sino-pakistanais Shaheen 19 les Shenyang J-11B chinois ont virtuellement abattu tous les chasseurs pakistanais. Les General Dynamics F-16AM/BM Fighting Falcon bien entendus mais également les JF-17 construits par les deux pays. Les retards dans ce programme d’ailleurs pourraient bien poussés les Pakistanais dans les bras de leur puissant allié vis à vis du Flanker B+. Voilà donc les deux premières raisons, la troisième est diplomatique. La France d’ailleurs n’en est pas étrangère.
Pour la petite histoire durant l’exercice Shaheen 19 il semble bien que les J-11B n’aient jamais réussi à s’opposer efficacement aux F-16C/D Block 52+ bien plus évolués que les F-16AM/BM.

Cette troisième raison, diplomatique donc, a tout à voir avec l’Inde. Depuis maintenant plusieurs semaines l’Indian Air Force aligne un véritable démultiplicateur de forces : le Dassault Aviation Rafale DH/EH. Et face à un tel adversaire la Pāk Fìzāʾiyah se sent bien démunie. Que peut t-elle faire contre un tel avion de combat qui pourrait engager au combat ses propres aéronefs en mode BVR, c’est à dire au-delà de la portée visuelle.
Or les États-Unis refuseront catégoriquement de vendre un avion de combat moderne au Pakistan et les relations entre Moscou et Islamabad sont trop mauvaises pour envisager une telle solution. Il ne reste donc plus que Pékin et sa copie locale du Su-27.

Pour Pékin justement une acquisition d’une quarantaine d’avions par les Pakistanais serait la preuve que son avion est aussi bon que le modèle ex-soviétique d’origine. Ce qui sur le papier semble vrai mais pas forcément dans les faits. Le Pakistan serait alors le premier client export de ce chasseur presque chinois.
Affaire donc à suvre.

Publicité

3 COMMENTAIRES

  1. Pour le J-11, au lieu de « copie » ne peut-on pas dire « version sous licence » à l’instar du Mitsubishi F-2 et du F-16 ?

    • Il me semble que contrairement aux Indiens, les Chinois n’ont pas eu le feu vert des Russes pour produire cette copie du Su-27

      • pour le J11 ils ont bien achetés la licence et ensuite on en est arrivé à la version actuelle. c’est le j15 qui n’est pas « légale » car fabriqué à partir d’un prototype de su33 acheté en ukraine avec un système d’arme non fonctionnel. il me semble que la russie avait bien crisée d’ailleurs avec cette affaire

Comments are closed.