Durant une bonne partie de la mission les deux avions russes ont été suivis par le NORAD. Ce mardi 26 janvier 2021 deux avions de reconnaissance stratégiques russes Tupolev Tu-142M3 ont survolé les eaux de la mer des Tchouktches, frôlant à plusieurs reprises l’espace aérien souverain des États-Unis. Le 3rd Wing de l’US Air Force a été engagé afin de surveiller les deux appareils et de s’assurer qu’ils ne sortaient pas de l’espace aérien international. La mission des avions russes a duré environ onze heures.

On ignore d’où les deux Tupolev Tu-142M3 Bear-J ont décollé. Il n’est pas impossible que ce soit depuis la base aérienne d’Ougolny dans la péninsule des Tchouktches. C’est elle qui accueille depuis trois semaines environ un détachement de chasseurs lourds Mikoyan MiG-31 Foxhound. Les pistes radars des deux avions de reconnaissance stratégique ont été clairement repérées au-dessus de l’île Wrangel, un territoire russe quasi désertique aux conditions parmi les plus rudes de la planète. Les quadrimoteurs à turbopropulseurs faisaient routes vers l’Alaska.

Non accompagnés de chasseurs d’escortes les deux «Bear Juliet» comme les appellent les experts de l’OTAN volaient à moyenne et haute altitude, oscillant d’une altitude à une autre. Rapidement le NORAD, en charge de la défense nord-américaine, a mis en alerte le 3rd Wing de l’US Air Force. Un AWACS appartenant au 962nd Airborne Air Control Squadron a été rapproché de la zone. L’équipage du Boeing E-3B Sentry a alors demandé l’assistance de chasseurs d’interception. C’est le 90th Fighter Squadron qui a tenu ce rôle avec une patrouille de Lockheed-Martin F-22A Raptor appuyée par un ravitailleur en vol Boeing KC-135R Stratotanker appartenant lui au 168th Air Refueling Squadron. Pour mémoire cette dernière unité relève de l’Air National Guard d’Alaska, et donc du 168th Wing.

Sans aucune surprise les pilotes de la chasse américaine ont identifié les avions ainsi que leurs marquages de nationalité russe. Il faut dire que les Tu-142 comme l’avion dont ils découlent, le Tu-95 Bear, sont des modèles familiers des équipages alaskéens. Une fois que les pilotes de l’US Air Force se sont assurés qu’aucun péril n’existait pour la sûreté des États-Unis ils ont rompu la formation et ont laissé les Russes terminer leur mission. Espionnage aéroporté ou simple exercice ? Nous ne le saurons sans doute jamais. L’AWACS du 3rd Wing et les radars au sol ont continué à suivre les deux avions en question, y compris lorsqu’ils ont été ravitaillé en vol au retour par un Ilyushin Il-78 Midas.

Du côté de Moscou on s’est contenté de parler d’une mission préparée à l’avance dans le district est et qui avait permis de couvrir 8000 kilomètres de distances aux frontières du pays. Aucune mention de la présence des chasseurs et de l’AWACS américains. La normalité quoi dans cette région du globe où des avions de reconnaissance stratégique de conception antédiluvienne cohabitent fréquemment avec des chasseurs furtifs de supériorité aérienne.

Photo © ministère russe de la défense.

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