Une petite révolution est-elle en cours aux États-Unis ? Alors que l’US Marines Corps a définitivement tourné la page l’an dernier de l’UH-1N Twin Huey au profit de l’UH-1Y Venom on peut se demander si le Pentagone ne pense pas déjà au futur. En effet depuis plusieurs mois maintenant les exercices et manœuvres se multiplient afin de familiariser les fantassins de cet arme américaine avec le Sikorsky MH-60S Knighthawk. En verront-nous bientôt sous sa livrée ?

« Huey » et navire d’assaut amphibie, une image qui appartient à la légende des Marines américains.

La même question posée il y a dix ou douze ans aurait eu une réponse catégoriquement négative. L’US Marines Corps ne voulait alors pas entendre parler d’acheter un quelconque hélicoptère d’assaut issu du Sikorsky UH-60 Blackhawk. Il ne jurait que par les machines biturbines dérivées du célébrissime Bell UH-1 Iroquois. Mais les mentalités semblent évoluer.
Et c’est notamment grâce à l’US Navy que cela a été rendu possible.

En effet depuis maintenant une quinzaine d’années elle utilise cette machine, sorte d’hybride entre le Blackhawk et le Seahawk. Pour mémoire le Sikorsky MH-60S Knighthawk a en son sein remplacé les quelques Boeing Vertol CH-46E/F Sea Knight mais surtout les Bell UH-1N/HH-1N Twin Huey destinés aux missions logistiques. Et de ce fait il est devenu omniprésent à bord des navires de soutien et de transport mais également sur les porte-avions et certains bâtiments de guerre.

La bête vue de face, elle ne peut pas nier ses origines.

Alors bien sûr l’US Marines Corps repose ses missions d’assaut et de liaisons sur ses Bell UH-1Y Venom. Cependant de plus en plus ses troupes embarquent à bord de Sikorsky MH-60S Knighthawk de l’US Navy. Au départ il ne s’agissait que de missions de liaisons ou d’entraînement mais depuis l’engagement américain en Irak puis en Syrie donc Daech il n’est plus rare de voir ces derniers hélicoptères assurer des missions de transport de troupes sur le champ de bataille.
En Irak pendant que les MH-60S transportaient les soldats les UH-1Y assuraient la protection et l’appui-feu au moyen de leurs mitrailleuses de sabord et de leurs paniers lance-roquettes. Et dans la mesure du possible ils pouvaient disposer de Bell AH-1Z Viper encore plus lourdement armés, car disposant de missiles antichars.

Indissociable de l’UH-1Y Venom : l’AH-1Z Viper, ici à l’appontage à bord de l’USS Pearl Harbor.

Pour autant aucune décision, ni même de procédure allant en ce sens n’a pour l’instant été prise. Officiellement l’assaut armé au sein du corps des Marines demeure à la charge de la dualité Venom/Viper. Avec parfois le concours de moyens plus lourds type Bell-Boeing MV-22B Opsrey et Sikorsky CH-53E Super Stallion. Mais dans les médias américains les porte-paroles de l’US Marines Corps louent depuis près de deux ans les qualités intrinsèques du Knigthawk.

Embarquement de fantassins du corps des Marines dans un UH-1Y Venom.

L’une des qualités principales de ce dérivé du Blackhawk est sa capacité. Là où le Bell UH-1Y emporte dix fantassins armés et équipés dans des machines en configuration quasiment lisses le Sikorsky MH-60S peut en accueillir douze. Mais grosse différence il continue alors d’emporter un armement extérieur grâce à ses moignons de voilures. Des mitrailleuses rotatives Minigun ou encore des paniers à roquettes peuvent alors être gréés sans pour autant gêner la sortie des fantassins. Seule la méthode dite d’aérocordage (voir la photo en couverture de l’article) interdit alors le recours à ces armements externes.
En matière de transport de fret léger le MH-60S peut emporter entre 20 et 25% de charge supplémentaire en soute.

Bell UH-1Y Venom configuré en appui-feu, une quasi image d’Épinal du « Huey ».

Reste que si l’option de cet hélicoptère de presque nouvelle génération dans l’arsenal du corps des Marines est séduisante elle serait difficilement compréhensible en terme de rationalité de flottes. À mois bien sûr que le Pentagone décide de retirer précocement du service les UH-1Y Venom. Mais il s’agirait là d’une véritable révolution, d’une volte-face historique dans la doctrine d’emploi des troupes héliportées américaines.
En attendant les fantassins américains peuvent continuer à bénéficier des hélicoptères de l’US Navy qui trouvent ainsi un rôle différent de leur habituel VertRep.
Affaire donc à suivre, à mon sens dans les mois ou années à venir.

Photos © US Navy.

 

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2 COMMENTAIRES

  1. Dire que le MH-60S ne fait que du VERTREP est un peu rapide surtout .si on se reporte au listing SIKORSKY : Its missions include vertical replenishment, medical evacuation, combat search and rescue, anti-surface warfare, maritime interdiction, close air support, intelligence, surveillance and reconnaissance, and special warfare support.
    Même si ils ne le prennent pas, sur les LHA sont embarqués 4 MH-60S + les 4 UH-1Y et 4 AH-1Y. Donc ils ont normalement de quoi les aider en cas de besoin … Puis de toutes manières les Marines ont toujours +/- été appuyé par la NAVY (les navires les embarquant étant de la NAVY)

    • Bonjour, une petite question Olivier L. : pourquoi énumérez-vous les missions en anglais et non en français ? Vous pensez que ça fait bien de les écrire dans la langue de Shakespeare et Wilde plutôt que dans celle de Molière et Beaumarchais ? Pour mémoire vous êtes sur un site francophone. 🙂

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