C’était il y a seulement un an et les zones d’ombre demeurent encore épaisses. Ce mercredi 8 janvier 2020 un avion de ligne Boeing 737-800 de la compagnie Ukraine International Airlines s’écrasait peu après son décollage de l’aéroport de Téhéran. Rapidement les éléments d’enquête allaient démontrer un tir de missiles sol-air de la part des Gardiens de la Révolution, donc de l’état iranien. Pour mémoire 176 passagers et membres d’équipage y ont perdu la vie.

Quand le drame est survenu la première réaction, la plus évidente, fut le chagrin. Lorsque le Boeing 737-800 s’était écrasé on comptait à bord cent soixante-sept passagers et neuf membres d’équipage. Et avec les premières heures le macabre décompte des nationalités de victimes, comme si tel ou tel pays était plus important qu’un autre. Chacun d’entre-eux et les familles plus encore en portaient le deuil. Si l’Iran fut le pays le plus touché avec quatre-vingt-deux morts le Canada venait juste après ayant perdu soixante-trois de ses ressortissants dans l’accident.

Et puis très vite des journalistes d’investigation, notamment aux États-Unis et en Ukraine, mirent en lumière les probables responsabilités militaires locales. On parlait désormais d’un acte délibéré. Le régime iranien a bien essayé durant quelques heures d’allumer le contre-feu d’un raid de missiles de croisières américains qui aurait mal tourné mais cela ne prit jamais. Et moins de soixante-douze heures après le crash la vérité éclatait : les Gardiens de la Révolution, la plus puissante force paramilitaire étatique du pays, avaient descendu l’avion ! Ce Boeing 737-800 avait été détruit et tous ses passagers et membres d’équipages tués par la DCA iranienne. La diplomatie locale essaya bien de montrer son embarras mais rien ne filtrait du côté des militaires.

Encore quelques heures et on apprenait, de manière très sérieuse, que l’officier qui commandait la batterie de missiles SA-15 Gauntlet de facture russe avait confondu le Boeing 737-800 ukrainien avec un avion de combat américain. La ligne de défense de Téhéran était là : en filigrane c’était de la faute de l’administration Trump et de la pression qu’elle exerçait sur l’Iran. L’officier aurait donc tirer son missile sol-air en toute confiance pensant abattre un ennemi.

Mais là encore la thèse officielle a été rapidement démentie par les expertises aéronautiques et le travail de fond des journalistes d’investigation. En premier lieu comment un expérimenté servant de DCA aurait pu confondre un avion de ligne qui venait de décoller quelques minutes plus tôt de l’aéroport de Téhéran avec un avion militaire ennemi qui venait réaliser une mission de frappe depuis le Golfe ? S’il ne sait pas lire un écran radar que faisait t-il à son poste de travail ? Ensuite et sans doute ce qui démontre le plus la mauvaise communication étatique iranienne plusieurs expertises internationales, dont celle de la très sérieuse et impartiale Organisation de l’Aviation Civile Internationale ont démontré dès le 15 janvier 2020 que non pas un mais deux missiles SA-15 Gauntlet avaient été tirés. Le premier avait frappé l’avion de ligne sur le flanc produisant un trou béant dans le fuselage tandis que le second avait heurté l’empennage, la partie la plus robuste d’un tel aéronef le faisant piquer vers le sol. Désormais le sort des cent-soixante-seize personnes à bord était scellé.

Et les boites noires dans tout ça ? Eh bien alors que le crash a eu lieu sur la surface plane d’un terrain agricole les autorités iraniennes semblent avoir mis un temps fou à les retrouver, et surtout ensuite les transmettre aux autorités compétentes. Ukrainiens et Canadiens avaient préconisé que le BEA français assure l’expertise et les investigations. Ce que l’avionneur Boeing et les autorités fédérales américaines avaient pleinement et immédiatement accepté au regard de l’image de marque de grand sérieux de l’institution basée au Bourget. Pourtant le Cockpit Voice Recorder et le Flight Data Recorder n’arrivèrent en région parisienne qu’au cours de la deuxième quinzaine de juillet 2020. Même si ces investigations n’ont pas permis d’élucider toute la vérité et donc d’éclaircir les zones d’ombres il n’en demeure pas moins que c’est une bavure nette et précise.

Un an plus tard le gouvernement iranien refuse toujours catégoriquement de reconnaître son implication, se bornant à parler d’une erreur humaine isolée. L’affaire est loin d’être terminée, et elle ne doit pas être oubliée.

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7 COMMENTAIRES

  1. Sans rire ….
    Le 3 juillet 1988, l’Airbus A300 du vol Iran Air 655 reliant Bandar Abbas (Iran) à Dubaï, aux Émirats arabes unis, est abattu par des missiles tirés par le croiseur américain USS Vincennes, au-dessus du golfe Persique. L’attaque fait 290 victimes, dont 66 enfants. Le signal radar de l’avion de ligne de la compagnie Iran Air autait été confondu avec celui d’un avion de combat iranien F-14 ayant décollé de Bandar Abbas juste après lui, conduisant le commandant du croiseur à ordonner d’abattre la cible.

    Les États-Unis ont d’abord nié leur responsabilité. Le président Reagan a exprimé ses « regrets » pour cette « terrible tragédie humaine », tout en justifiant une « action défensive appropriée »

    • Beau hors sujet Yelrah. Ou alors une justification selon vous du tir de la DCA iranienne sur l’avion de ligne ukrainien ? Entre juillet 1988 et janvier 2020 je pensais que les progrès de la technologie avaient permis de mieux appréhender ce genre de système, vous venez de nous expliquer que non. Ou bien Yelrah laissez-vous sous-entendre que ce matériel russe était obsolète ?

    • Je ne peux qu’appuyer les propos de Arnaud. Votre contre-feu est typique des trolls. Dès que la clique des pays dictatoriaux se sent visée, un des employés sort un truc concernant le « grand Satan ».
      Comme vous l’écrivez, les Etats-Unis ont reconnu leur faute. Pas le gouvernement Iranien.

  2. Juste le 2 poids 2 mesures malheureusement habituel ici, juste dommage car les articles technique sont toujours excellent, mais bon l’idéologie et l’impartialité …

    • Aucun deux poids deux mesures sauf dans votre esprit. Nous ne faisons que souligner le premier anniversaire du meurtre par les gardiens de la Révolution des innocents qui se trouvaient à bord de ce Boeing 737 ukrainien. Après au fil de vos commentaires on sait que votre idéologie vous pousse vers un racisme anti-américain et anti-ukrainien exacerbé. Ça signe parfaitement ce que vous êtes.
      Si notre ligne éditoriale vous déplait, allez donc voir ailleurs Yelrah !

  3. Sans vouloir être dans le troll exacerbé comme d’autres, je pense qu’il aurait été intéressant de mentionner le vol Iran Air 655 pour rappeler que, en période de crise, les militaires (et civils) ne sont pas dans les meilleurs conditions pour ne pas comparaitre d’erreurs. Si la technologie évolue, l’erreur humaine et ses dramatiques conséquences reste toujours possible.
    De plus ces deux catastrophes se sont déroulées dans la même région et ont aussi entrainées des réactions diplomatiques pas très « humaines ».
    Je trouve également l’accusation contre le servant de DCA un peu lourde. Certes, ce dernier a commis une erreur qui a entrainé la mort de trop nombreuses personnes mais les accidents sont souvent le résultat d’un alignement de causes distinctes qu’il également intéressant de mentionner (vétusté du matériel : le SA-15 n’est surement pas plus moderne que le système Agis de l’USS Vincennes / pression de la hiérarchie / fatigue / impossibilité d’une identification visuelle de l’avion …) .

    • Je ne sais pas si vous êtes un troll madame ou monsieur mais je remarque qu’à l’instar de Yelrah vous ne pouvez pas vous empêcher d’essayer de détourner la conversation vers la bavure américaine de l’Airbus d’Iran Air. Bavure que les USA avaient à l’époque reconnu publiquement ce que l’Iran se garde bien de faire. M’enfin 3.14 je me doute bien que sur bien d’autres sujets vous serez silencieux car absent.
      En tous cas cet article attire les trolls les plus nauséabonds, vulgaires, et violents verbalement puisque notre N°1, le légendaire Rafaletiger a été modéré pour l’élégance qui le caractérise habituellement.

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