Branle-bas de combat en Russie chez United Aircraft Corporation depuis les dernières annonces indiennes sur l’aviation de transport. Alors que l’Indian Air Force envisage désormais officiellement d’acquérir six biréacteurs européens A330 MRTT la question de la survie des quatorze Ilyushin Il-76MD est plus que jamais posée. Résultat le géant aéronautique russe propose de moderniser ces machines voire de les transformer au standard Il-78. Plus que jamais le quadriréacteur d’origine soviétique a toutes les chances de voir sa carrière se terminer en Inde.

L’information a été révélée ce mercredi 3 février 2021 par les médias indiens et russes. United Aircraft Corporation a contacté l’Indian Air Force afin de proposer un chantier de modernisation des quatorze Ilyushin Il-76MD Candid-B actuellement encore en service. Une démarche assez inhabituelle qui en dit long sur les craintes de la part des Russes vis à vis de leur avion dans ce pays. Normalement c’est le client qui demander la modernisation de ses avions, pas le constructeur.

Il faut dire que depuis plusieurs années l’hégémonie ex-soviétique s’est effrité en Russie. Des avions de transport militaire de facture américaine sont apparus. Boeing C-17A Globemaster III et Lockheed-Martin C-130J-30 Super Hercules ont passablement ringardisé les vieux Il-76 Candid. Surtout ces deux modèles sont bien moins gourmand en carburant et aptes à opérer dans des conditions plus rudes.

La réponse russe est donc de proposer une modernisation et pourquoi pas une transformation de tout ou partie de la flotte au standard Il-78 Midas. Six de ces avions de ravitaillement en vol sont actuellement en service au sein de l’Indian Air Force, ça peut donc paraître sur le papier être une très bonne idée. Sauf que les Indiens se sont engagés dans la voie de l’Airbus DS A330 MRTT justement pour pallier aux défauts de l’Il-78, notamment en matière de capacité d’emport et de polyvalence. La polyvalence justement le ravitailleur de facture russe n’en a aucune. C’est juste une grosse citerne avec des ailes.

Or les dirigeants d’United Aircraft Corporation savent pertinemment que l’A330 MRTT permettrait à l’Indian Air Force de non seulement à terme remplacer les six Il-78 mais aussi une bonne partie des Il-76. Le gros biréacteur européen n’est en effet lui pas seulement une station service volante mais aussi un avion de transport pré-stratégique et même un hôpital de campagne aéroporté.

Si l’Inde se dit prête à la négociation avec la Russie elle rappelle que ses Il-76 Candid sont des avions d’ancienne génération dont elle devra tôt ou tard se séparer. Depuis quelques années l’avionneur Ilyushin, dont United Aircraft Corporation est aujourd’hui la maison-mère, n’enregistre plus que des échecs en Inde. Après le retrait de l’avionneur HAL du programme Il-276 en janvier 2016 ce fut récemment le tout nouveau Il-112 qui échoua à remporter le contrat de succession des Hawker-Siddeley HS.748 indiens. Là encore le constructeur russe affrontait le groupe Airbus.

C’est donc une affaire à suivre pour savoir si l’Inde désirera conserver ses vieux Il-76 Candid en les modernisant ou en les transformant en avions ravitailleurs. Ou bien si elle les enverra à la casse.

Photo © Keypublishing.

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4 COMMENTAIRES

  1. C’est triste mais c’est le marché, soit tu t’adapte très rapidement soit tu disparais lentement. Après, les russes rechignent encore à innover réellement, je pense qu’il faut qu’ils créent des nouveaux avions et hélicoptères de transport, les avions ravitailleurs… Bref ils se recroquevillent encore sur les vieilles machines.

  2. à moins de leur proposer le Il-78M-90A je vois ce que les russes pourraient leur offrir… une fournée de il76MD-90A en plus? mais à mon avis le dossier est déja plié.

  3. « Il faut dire que depuis plusieurs années l’hégémonie ex-soviétique s’est effrité en Russie. »
    Il s’agit bien de l’Inde n’est-ce pas ?
    Antonov n’étant plus dans le giron russe, et UAC étant également la maison-mère de Tupolev, les russes vont être coincés pour la sortie de nouveaux avions plus polyvalent. Pour l’économie de kérosène et l’autonomie, il y a toujours la possibilité d’améliorer les moteurs ou en faire de nouveaux, ainsi que la fabrication de nouvelles cellules avec des matériaux composites, mais pour la polyvalence, c’est tout le dessin de l’avion qu’il faut revoir.

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