En science politique on appelle cela du détricotage. Ce jeudi 4 février 2021 Joe Biden a officiellement annoncé que les forces américaines prépositionnées en Europe occidentale ne quitteront pas l’Allemagne, et que les bases aériennes de Ramstein et Spangdahlem ne fermeront pas. C’est un très gros ouf de soulagement pour les familles des militaires américains qui craignaient de devoir laisser derrière eux la Rhénanie-Palatinat pour la Pologne. Une décision saluée par la chancelière allemande.

L’une des craintes principales en Allemagne n’était pas tant la disparition de l’US Army que celle de l’US Air Force. Ses implantations de Ramstein AFB et Spangdahlem AFB font en effet travailler de nombreux employés civils locaux. Dans le même temps les familles des militaires américains consomment auprès des commerçant et producteurs allemands… et français. Notre territoire se trouve en effet à seulement quelques dizaines de kilomètres de ces deux bases aériennes très importantes. Leur implantation remonte dans les deux cas au début de la guerre froide.

C’est pour cela que la décision trumpienne de retirer les forces américaines d’Allemagne avait causé un tel tollé. Au passage les relations diplomatiques entre Berlin et Washington DC en avait pâti. La brouille entre Trump et Merkel était très présente.

Dans la décision de Joe Biden de conserver les deux bases aériennes d’Allemagne ainsi que plusieurs implantations d’infanterie et de génie beaucoup voient la marque de Lloyd Austin. Le nouveau secrétaire américain à la défense fut en effet, dit t-on, très marqué par son passage de quelques années en République Fédérale d’Allemagne à la toute fin des années 1970. L’homme était alors un jeune lieutenant fraîchement diplômé de l’académie de West Point.

Pour Angela Merkel le maintien des implantations de l’US Air Force décidé par Joe Biden est un pas important dans la régularisation des liens transatlantiques. Ramstein AFB ne perdra aucune unité de transport tandis que la chasse américaine reste donc à Spangdahlem.
Reste désormais à savoir si les troupes ayant déjà quitté l’Allemagne pour la Pologne feront le chemin à l’envers ou s’ils y resteront stationnés.
Pas sûr que Varsovie veuille devenir le dindon de la farce.

Signe marquant du réchauffement diplomatique germano-américain les rotations des General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon du 52nd Fighter Wing ont repris dès l’annonce de Joe Biden connue à Berlin. Jusque là ils étaient réduits à la portion congrue. Spangdhlem AFB reprend donc vie, les chasseurs frappés du tail-code SP revolent.

Photo © US Air Force.

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3 COMMENTAIRES

  1. Quel aveu d’impuissance pour qu’un pays souverain se brouille diplomatiquement avec une puissance certes alliée mais étrangère pour qu’il laisse ses forces militaires sur son propre territoire.

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