On est passé à deux doigts d’un drame humain. Ce mercredi 17 février 2021 en début d’après-midi deux avions de combat Dassault Aviation Rafale appartenant à l’Armée de l’Air et de l’Espace ont réalisé un vol à très basse altitude au-dessus d’un village des Alpes-de-Haute-Provence. L’un des jets a heurté une ligne électrique coupant net le courant sur la commune. Fort heureusement le chasseur ne s’est pas écrasé et a pu se poser en sécurité.

Les deux avions de combat réalisaient un vol d’entraînement au-dessus d’une zone escarpée accueillant régulièrement de tels exercices. Les Dassault Aviation Rafale en question volaient en patrouille serrée quand aux alentours de 13 heures 45 ils survolent la petite commune rurale du Castellet, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence. Selon plusieurs témoins, dont le maire du village, les deux avions volaient particulièrement bas. Leur altitude était estimée entre 80 et 100 mètres du sol. Quelques secondes plus tard un des deux avions a heurté une ligne électrique à moyenne tension alimentant la commune. Les trois câbles ont été coupés nets. Désormais le Castellet était privé de courant. Le maire a cependant réussi à joindre les services de secours qui ont sécurisé la zone pendant que des équipes d’Énedis réalisaient une intervention d’urgence.

Par chance l’avion incriminé ne s’est pas écrasé, le pilote ayant réussi à le maintenir en vol jusqu’à une base aérienne. Les deux chasseurs appartiennent selon toutes vraisemblances à la 4e Escadre de Chasse stationnée sur la Base Aérienne 113 de Saint-Dizier. Pourtant plusieurs témoignages semblent attester qu’ils se repliés sur la Base Aérienne 115 d’Orange, beaucoup plus proche de l’incident. On ignore dans quel état se trouve l’avion, le ministère des Armées n’ayant que très peu communiqué sur ce fait divers embarrassant pour lui.

En effet il relance le débat sur le survol à basse et très basse altitude des agglomérations par des avions de combat. Si dans le cas présent l’avion ne s’est pas écrasé il faut savoir que les lignes électriques sont un danger souvent mortel pour les jets ou pour les civils aux alentours. Beaucoup se souviennent du drame de Cavalese dans le nord-est de l’Italie en 1998. Un Grumman EA-6B Prowler heurta les câbles d’un téléphérique alors qu’une cabine y circulait. Vingt touristes y trouvèrent la mort après une chute de 75 mètres dans le vide. L’équipage américain fut par la suite condamné par la justice de son pays.

Dans l’affaire d’hier on sait que la Gendarmerie de l’Air a été saisie des faits. Son investigation devra notamment élucider la question de l’altitude des deux jets de combat à la verticale d’une zone urbanisée. On ignore si des sanctions disciplinaires seront demandés à l’encontre du pilote ou d’un tiers.

Photo © OTAN.

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20 COMMENTAIRES

  1. La leçon n’a donc pas été retenue. C’était déjà arrivé en 2014 à 20 km au sud de Grenoble.
    Les lignes électriques ne sont pas censées être précisément cartographiées ? L’avion était peut être en vol à vue car normalement un radar de suivi de terrain détecte même les obstacles non naturelstel que éoliennes, antennes et aussi lignes électriques, de plus il est couplé à un fichier suivi de terrain où tout est répertorié, qui est mis à jour régulièrement.

  2. Le pilote a du avoir vraiment chaud aux fesses, mais il devait voler vraiment très très bas, une ligne à moyenne tension , cela n’a pas des pylônes de 100m de haut, ni des portées vraiment très longues : il est vraiment très rare que cela puisse traverser une vallée de part en part, ça suit plutôt le relief d’assez près….

  3. Ligne électriques à basse ou haute tension, peur assurée pour les pilotes de planeur qui se trouvent forcés d,effectuer un atterrissage en campagne.

  4. On devrait plutôt parler de hauteur que d’altitude, effectivement peu probable qu’il y ait des pylônes de moyenne tension de 80m de hauteur, je dirais que l’avion volait environ à 80m au dessus du sol et il a dû effectuer un virage, les traces sur l’avion (voir commentaires plus hauts), épaule, entrée d’air et réservoir pendulaire gauches laissent à penser que l’avion ne touchait pas les câbles en vol horizontal

  5. Bien entendu, et « ATE » le dit clairement.
    Quand on sait où regarder on voit très facilement les câbles électriques qui traversent la vallée, en zoomant sur les photos satellite.

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