C’est aujourd’hui encore sans doute le plus mal connu des avions de la Marine Nationale. Le mercredi 15 février 1981 l’équipage d’essais de l’avionneur Dassault-Breguet faisait prendre les airs pour la première fois à un Gardian. Dérivé directement du HU-25 Guardian conçu par le constructeur français pour les besoins de l’US Coast Guard il allait devenir la bonne à tout faire de l’aéronavale en outre-mer. Aujourd’hui son remplacement est engagé.

Il y a quarante ans jour pour jour quand le Dassault-Breguet Gardian réalisa son premier vol deux hommes étaient à son bord : le pilote d’essais Hervé Leprince-Ringuet et l’ingénieur navigant d’essais Jean-Marie Barthelemy. Et ce vol inaugural fut à l’image de l’avion et de sa carrière, c’est à dire réussi et discret.
Bien qu’encore aux couleurs de l’avionneur le biréacteur portait déjà son numéro 48. Peu après son atterrissage l’avion fut officiellement remis à la Marine Nationale. Sa riche carrière pouvait commencer.

Car en quatre décennies le Gardian n’a jamais déçu la Marine Nationale. C’est un véritable couteau suisse volant. Pensé initialement pour la reconnaissance maritime et la surveillance côtière il a su s’adapter aux contraintes de l’exercice de l’état en zone ultramarine. Transporter des autorités militaires ou préfectorales ne lui fait pas peur, pas plus qu’assurer le rôle d’ambulance des cieux. Dans le Pacifique il est souvent synonyme d’évacuation sanitaire d’urgence.
De manière plus originale il sait même permettre la tenue des scrutins dans les coins les plus reculés de Polynésie Française. En fait il n’y a pas grand-chose que le Gardian ne puisse faire pour soutenir le service publique.

Le transfert de malades n’a jamais fait peur aux équipages de Gardian, l’avion s’y adapte !

Comme tous les avions militaires cependant il vieillit. Et désormais son successeur est connu : le futur Dassault Aviation Albatros extrapolé à partir du très réussi jet d’affaire Falcon 2000. Saura t-il se faire aussi polyvalent que le rustique Gardian ? Seul l’avenir nous le dira.
Une chose est sûr : quand il quittera le service ce sera dans la discrétion comme il a toujours servi. Un très joyeux anniversaire à ce brillant serviteur de l’État et de son action loin de la métropole.

Photos © Marine Nationale.

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