C’est un travail herculéen que celui auquel se sont attelés les femmes et les hommes de la Flottille 25F. Durant toute cette semaine au moyen de leurs biréacteurs multirôles Dassault-Breguet Gardian ils doivent assurer le transfert des matériels électoraux aux îles les plus éloignées et les plus isolées de Polynésie française. Une procédure qui oblige la plus part du temps les marins volants à parachuter ces éléments indispensables pour le vote. Et pour cela ils utilisent une technique très proche de celle visant à secourir des rescapés en pleine mer.

Sur le papier c’est vrai que c’est un problème insoluble pour le haut-commissariat de la république en Polynésie française. Comment apporter le matériel électoral aux bureaux de vote les plus isolées parmi les cinq archipels qui forment ce territoire ultramarin français de 2.5 millions de km² ? Même à plus de 17000 kilomètres de Paris ces Français «du bout du monde» ont le droit et le devoir de s’exprimer aux élections européennes et donc de choisir laquelle des 34 listes présentes cette année dans notre paysage électoral les représentera le mieux. Pour acheminer les bulletins de vote, enveloppes électorales, et listes d’émargement il n’y a alors qu’une seule solution : le vecteur aérien.

Quand cela est possible c’est un Casa CN-235 de l’Armée de l’Air ou des hélicoptères de service public qui transportent le matériel. Mais lorsqu’il est impossible de se poser et que la distance est trop grande pour n’importe quelle voilure tournante les responsables font appel à la Flottille 25F et à ses Dassault-Breguet Gardian. Ce véritable couteau suisse volant du Pacifique est en effet totalement apte à ce genre de mission. Il la réalise en fait à chaque scrutin depuis des années : larguer sous parachute le matériel électoral.

En fait une fois la DZ clairement identifiée et connue aussi bien du haut-commissariat que de la Flottille 25F et bien sûr des populations locales les équipages de l’aéronavale procèdent comme s’ils larguaient des chaînes SAR au-dessus de l’eau. Sauf qu’au lieu de canot de sauvetages et de vivres il s’agit ici de papiers. Et bien entendu le largage se fait au-dessus de la terre ferme. Mais cette mission de service public n’est pas sans risque car le Gardian doit voler assez bas avec souvent la cime des arbres à proximité. La dextérité des pilotes est donc de mise.

On est ici bien loin des missions habituelles des avions de la Marine Nationale. Mais celle-ci est nécessaire à l’expression démocratique de nos concitoyens du Pacifique. À la différence de la métropole qui va voter ce dimanche 26 mai 2019 les territoires d’outre-mer le feront principalement samedi 25. Là encore cela n’a rien d’inhabituel. Et en Polynésie française certains le pourront grâce à la Flottille 25F et ses avions.

Photo © Marine Nationale.

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4 COMMENTAIRES

  1. Tout ça pour 85,03% d’abstention aux européennes de 2014 seulement en Polynésie. Ça n’a pas vraiment l’air d’intéresser le vrai polynésien.

  2. J’ai effectué ces missions du bout du monde…C’est vrai que c’est cher payé mais pas le choix.. Dutertre votre intervention ne sert à rien sur ce type de forum…

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