Le contrat était dans les cartons depuis plusieurs semaines, mais tout s’est accéléré hier avec de premières annonces encore assez floues. Finalement ce mardi 4 mai 2021 à la mi-journée l’avionneur français Dassault Aviation a confirmé officiellement la vente de trente nouveaux chasseurs omnirôles Rafale à l’Égypte. Ces avions permettront à la force aérienne de ce pays d’asseoir sa domination sur l’ensemble du continent africain, devant l’Afrique du sud ou encore l’Algérie. Pour mémoire l’Égypte avait été le premier client export de cette machine, voici six ans.

Sur la partie économique du contrat on sait désormais qu’il avoisinera les quatre milliards d’euros et sera financé sur dix ans par un prêt garanti à hauteur de 85% par l’état français. En fait les trente avions en eux même reviennent à 3.75 milliards d’euros à l’Égypte auquel il convient d’ajouter environ 200 millions d’euros d’armements et équipements acquis auprès de MBDA, Safran, et Thales. Même si aucune date n’a été officiellement annoncée par l’avionneur ou par les Égyptiens il semble que les premiers avions soient en capacité d’être livrés à partir de 2025 et jusqu’en 2030.

Trente nouveaux Dassault Aviation Rafale pour l’Égypte c’est donc avant tout une excellente nouvelle pour l’économie française ! C’est surtout, et avant tout, l’assurance de pérenniser des centaines d’emplois autant chez l’avionneur que chez ses sous-traitants et partenaires de la Team Rafale. Au passage les actionnaires prendront sans doute un peu de pépètes, c’est aussi ça le jeu.
Ce contrat est aussi un camouflet pour le consortium Eurofighter et son chasseur EF-2000 Typhoon.

En effet l’an dernier l’avionneur italien Leonardo annonçait fièrement négocier la vente de vingt-quatre de ses chasseurs, volant ainsi le marché à Dassault Aviation et à son Rafale. Les Italiens mettaient en avant un avion qu’ils annonçaient moins cher et tout aussi polyvalent que le nôtre. Visiblement c’est une grosse déculottée pour Rome.
Car non seulement ils ne vendront pas leurs vingt-quatre avions mais en plus ce n’est pas le même nombre d’avions que l’Égypte achète à la France mais six de plus.

Pour l’Égypte le Dassault Aviation Rafale est un game changer. Cet avion est le plus polyvalent de son arsenal, devant ses Dassault Aviation Mirage 2000EM et ses Mikoyan MiG-29M/M2 Fulcrum. À terme sa force aérienne alignera rien moins que cinquante quatre chasseurs biréacteurs français, faisant d’elle le principal client étranger de l’avion. Sauf si d’ici là l’aviation indienne décide de l’imiter.
Surtout avec sa vingtaine de futurs Sukhoi Su-35 Flanker-E additionnée aux dits Rafale l’Égypte deviendra incontestablement la première puissance aérienne et militaire d’Afrique. Afrique du sud, Algérie, Maroc, ou encore Nigeria seront totalement à la traîne.

Ce contrat peut être aussi pour vous l’occasion de redécouvrir notre fameux poster du Rafale égyptien créé par notre rédacteur en chef et webmaster Gaëtan.

Photo © Dassault Aviation.

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23 COMMENTAIRES

  1. Pour le coup, avec un Eurofighter à moitié enfoncé dans une pyramide, en attendant celui où il est transpercé par une tour du Taj Mahal.
    Je suis dehors… j’ai jardinage.

    • « Même si nous assurons le risque du défaut de payement »
      Ce n’est pas négatif en soi, au cas où l’Égypte ne peut plus payer les créanciers, c’est la France qui paiera à sa place mais dans ce cas, les avions concernés deviendront la propriété de la France, bon on se retrouverait avec des Rafale au standard égyptien mais c’est un moindre mal Ceci n’est possible que grâce au fait que l’avion n’est livré au client que s’il est entièrement payé, ce n’est pas un achat à crédit où l’on reçoit la marchandise et on paie ensuite par mensualités

      • Je pense pas que la France aurait accepté cette seconde commande si l’Égypte avait fait défaut pour payer sa première commande.
        Et il est de notoriété publique que les achats de Rafales égyptiens sont en grande partie financés par l’Arabie saoudite.
        Il faut se souvenir qu’on avait raté la vente de Rafale au Maroc uniquement parce qu’on avait refusé de garantir le prêt.

      • La France assure le risque de défaut de paiement mais vous parlez la d’un truc qui n’arrivera jamais! L’Égypte préfère honorer ces contrats extérieurs quitte à sacrifier sur le budget du peuple.
        Ensuite avant d’en arriver là il y a les émirats et l’Arabie saoudite qui sont le second porte feuille de et ni le Qatar comme pourrait dire l’autre mr, qui doit bosser ça géopolitique, l’Égypte considère les Qatar comme son ennemie depuis son soutient au FM.
        Donc t’inquiète pas pour ton petit contribuable français il y a les pays alliés depuis tjs qui sont tjs prêt à débourser pour l’Égypte.

        • Bizarre une partie de mon com a disparue entre Arabie saoudite et Qatar haha
          En tout cas le risque de défaut est plus bas que nul car les EAU et l’Arabie saoudite sont tjs là pour payer si l’Égypte a besoin.

        • Merci Walid de penser à rester correct vis à vis des autres lectrices et lecteurs. Vous n’êtes pas sur un forum mais sur un site ouvrant ses articles aux commentaires. Votre propos envers James était à minima agressif.

        • Merci Arnaud
          Effectivement, je ne comprends pas ce ton de langage, je ne fais qu’assurer mes concitoyens qui s’inquiéteraient pour l’argent public, désolé Arnaud, ce n’est aéronautique

  2. Les Italiens de Leonardo diront (si ce n’est pas déjà ait) que justement il faut à l’Égypte trente Rafale au lieu des 24 Eurofighter donc ce dernier est supérieur au Rafale 🙂

  3. Ceci n’est pas obligatoirement une bonne nouvelle pour notre économie.Un pays se dote avec notre matériel a crédit, le constructeur sera payé par l’état Français quoi qu’il arrive et le contribuable payera la note si si le pays fait defaut.Avec un peu de chance le Quatar nous aidera…

  4. Même si nous assurons le risque de défaut de paiement (vis à vis de Dassault) ne pas oublier que si ce cas de figure devait se présenter, l’Etat serait en droit d’aller récupérer les avions non payés…. et ne s’en priverait pas le cas échéant AMHA…

      • On dit la même chose….. L’Egypte va faire un emprunt sur 10 ans… et les avions seront payés au fur et à mesure de leurs livraisons… si au bout de 5 ans l’Égypte ne paie plus, l’état remboursera le reste à payer aux banques et récupérera la moitié de la commande…en fait ce qui n’a pas réellement été payé.. Donc très peu de risques pour l’argent du contribuable…

        • @Jojo
          Dans  » l’Etat serait en droit d’aller récupérer les avions », je pensais que vous voukliez dir que la France irait récupérer les avions en Égypte, c’est tout

  5. C’est un choix plus que logique. Des Typhoons en plus de Rafales ça aurais été en plus d’être un doublon inutile, pour 2 avions quasi équivalent, encore un nouveau type d’avion de chasse. Pas facile ensuite pour le mco.

  6. Bonne nouvelle, il est (il me semble) souvent le cas dans les ventes d’armements (tout type confondu) que les prêts soient garantie par l’état. Je me trompe?
    Et il me semble, que chez Dassault cela fait longtemps que la règle des trois tiers est appliquée dans la répartition des bénéfices (1/3 pour les actionnaires, 1/3 pour les réserves de l’entreprise et 1/3 pour les salariés), mais là aussi je me trompe peut-être?
    Belle réussite que cet avion, pourtant au début ce n’était pas gagné.

  7. Jusqu’à présent Dassault n’avait pas voulu s’agrandir pour augmenter la cadence de fabrication du Rafale, pour pas risquer de se mettre en danger.
    Désormais avec les commandes qui s’enchaînent, je ne sais pas s’ils ont prévu de créer une chaine de production supplémentaire? S’ils veulent satisfaire tout leurs clients avec des délais raisonnables, ils n’y couperont sans doute pas. Ça doit être un sacré casse tête stratégique et industriel

    • La chaîne (de fabrication et de montage) peut aller jusqu’à 3 avions/mois, actuellement ça tourne autour de 1/mois, donc elle peut absorber cette commande égyptienne, voire d’autres commandes, cela dépend aussi de la date de livraison voulue par les clients

    • Bonjour,
      Si j’ai bonne mémoire, il me semble que pour le moment tout est prêt pour fabriquer 3 rafales/mois au maximum.
      Apres je ne sais pas si cela est suffisant pour honorer les commandes en cours et futurs.

      • Le Rafale est un avion Dassault mais le constructeur et concepteur est largement dépendant de nombreux sous-traitants (rang 1, 2, 3…). Dassault ne produit pas toutes les pièces ou matériels, loin de là. Ce pourrait être le frein à une augmentation de la cadence de fabrication.
        Par ailleurs, la crise sanitaire liée au Coronavirus n’arrange pas les choses, au moins à court terme. J’espère que Dassault a blindé la chaîne logistique.

        • Merci pour vos réponses. 3 par mois, ça fait une bonne cadence en effet.
          Mais effectivement ma question recoupait aussi la problématique des sous traitants, qui sont, il me semble, pour nombre d’entre eux des entreprises plutôt de taille modeste. Pas sur que ce soit évident pour eux de tripler leur production en peu de temps.

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