En mars dernier l’administration Biden avait déjà donné un feu vert de rigueur pour ce contrat. Ce mercredi 23 juin 2021 les parlementaires allemands ont de leur côté donné leur aval à l’acquisition par le Bundeswehr d’un lot de cinq avions de patrouille maritime Boeing P-8A Poseidon. En parallèle le ministère des Armées avait proposé de fournir aux Allemands quatre Dassault ATL-2 Atlantique d’occasion, portés au standard 6. Il semble qu’ils aient fait le choix le plus pragmatique et donc logique.

Tout a commencé il y a un an quand le Marineflieger a annoncé que ses huit Lockheed P-3C Orion encore en dotation allait être mis à la retraite à l’horizon 2025. Beaucoup y ont alors vu une volonté du Bundeswehr de mettre la pression sur les entreprises du programme franco-allemand MAWS. Sauf que le Maritime Airborne Warfare System porté notamment par Thales n’a pas évolué outre-mesure. On ignore encore actuellement sur la base de quel avion il sera réalisé. Certaines sources parlent d’un jet d’affaire d’autres d’un avion de ligne monocouloir Airbus. C’est le flou le plus total autour du MAWS.

En réponse à Paris le ministère des Armées avait proposé à son homologue berlinois de lui louer quatre Dassault-Breguet ATL-2 Atlantique, au standard 6. Il s’agit de celui en dotation actuellement dans la Marine Nationale.
La proposition était, reconnaissons-le, assez bancale : remplacer huit vieux avions par quatre avions de seconde main. Pour une pays aussi riche que l’Allemagne l’offre française n’avait rien d’alléchante.

Alors Berlin s’est logiquement tourné vers le marché du neuf. Et dans le domaine de la Patmar il n’y a qu’une machine disponible facilement : le Boeing P-8A Poseidon américain.
Les parlementaires allemands ont donc autorisé les militaires à engager les négociations autour d’un contrat pour cinq avions pour un total d’un peu plus d’un milliard et 400 millions d’euros. L’Allemagne espère recevoir ses deux premiers avions d’ici 2025.

Dans le même temps les parlementaires berlinois se veulent rassurant vis à vis du programme MAWS. Pour eux cinq avions comme le Poseidon ne peuvent pas assurer la couverture du littoral allemand. C’est pourquoi ils croient encore au programme franco-allemand. La question est de savoir si la France n’y a jamais cru elle.
Vu comme Airbus DS traîne des pieds sur le dossier on se demande si l’avion de Boeing ne serait pas aussi une bonne idée pour la Marine Nationale ?

Photo © US Navy.

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7 COMMENTAIRES

  1. Logique ? Pas vraiment. Quand on a un melon aussi gros que les Allemands et leurs ambition, accepter d’etre soumis comme ça aux Américains plutôt que de développer soi-même un avion, c’est assez tragique.

    • Merci d’éviter les expressions type « melon aussi gros que les Allemands » ou « soumis […] aux Américains ». Nous ne sommes pas au café du commerce mais sur un site de passionnés d’aviation.

  2. Logique mais pas complètement. Là, les 8 P-3C sont remplacés par 5 P-8A. Certe, ce n’est pas la même machine ni les mêmes capacités mais cela n’en fait qu’une de plus par rapport aux 4 ATL 2 proposés par la France. Pourquoi ne pas avoir commandé plus de P-8A si le nombre de 5 ne sera pas suffisant ? Sachant que Boeing annonce l’avion bon pour le service durant 30 ans, ce qui l’amène à 2055, cela laisse un trou capacitaire de 5-10 ans selon si le MAWS sera maintenu et tiendra ses délais. Pas sûr que les ATL 2 tiennent jusque là (2032 max normalement), donc en soit la France a plus à perdre en capacité que l’Allemagne si le programme n’est pas mené à terme.
    Un autre point de vue sur le feuilleton : https://www.navalnews.com/naval-news/2020/11/studies-on-french-german-next-gen-mpa-to-start-this-month/

    Autre question :
    Et en quoi accumuler deux types d’appareils pour une même mission est logique, notamment au niveau de l’entrainement des équipages ou de la MCO ?
    À propos de MCO, l’entreprise allemande ESG qui fait partie, au côté de Thalès, des entreprises de développement du MAWS, est également partenaire de Boeing pour la MCO des futurs P-8A. (https://boeing.mediaroom.com/news-releases-statements?item=130880)

    Hâte de voir la suite de ce programme feuittonesque (ça ne se dit pas ? 🙂 )

  3. Il est clairement dommage ne pas avoir su se mettre d’accord sur ce sujet. L’opposition entre Dassault et Airbus concernant la plateforme a forcément eu son importance. Mais ce programme n’est pas seulement une plateforme, comme le scaf, c’est un ensemble d’effecteurs. Quant à cette plateforme, un projet est prêt chez Dassault. Le Falcon 10x customisé est dans les starting blocks. L’avenir nous dira si la solution est validée. Puis une coopération nouvelle pourrait apparaître. A suivre…

    • Un avion patmar sur Falcon 10X ? La vache la France va encore être la risée de l’Union Européenne, et ce n’est pas avec ça qu’on va concurrencer Boeing. Mais bon on sait bien que les Français ont du mal à travailler en équipes.

  4. Je pense que dire que ce serait risible d’utiliser cette plateforme est excessif. Un Falcon 10x de 54 tonnes avec une soute conforme et système d’arme intégré avec l’utilisation de l’IA. A cela s’ajoute une empreinte au sol faible et des performances techniques au top niveau, CDVE ng, aérodynamique développée grâce a la dernière version CATIA et de l’expérience d’intégration sur d’autres programmes comme l’archange/ATL 2 rénové.

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