En Méditerranée orientale l’avion de combat omnirôle français devient prépondérant. Une position dominante qui inquiète de plus en plus le régime turc conscient de la déliquescence de sa chasse. C’est pourquoi un accord de défense a été passé avec le Qatar, un de ses rares alliés disposant du Dassault Aviation Rafale, afin de mieux connaître l’aéronef construit à Mérignac. Un accord aux contours flous qui montre aussi l’isolement diplomatique et militaire d’Ankara.

Principaux adversaires (certains diraient ennemis) de la Turquie dans la région l’Égypte et la Grèce disposent chacun dans leurs arsenaux aériens respectifs de Dassault Aviation Rafale. Et dans ces deux pays le chasseur biréacteur pensé à Saint-Cloud et usiné à Mérignac est un game changer. La récente décision des Émirats Arabes Unis d’acquérir ce chasseur n’aide pas vraiment la Turquie, les deux pays n’étant pas dans les meilleurs dispositions diplomatiques l’un envers l’autre. En outre les nombreuses attaques personnelles de l’autocrate Erdogan vis-à-vis du Président de la République Emmanuel Macron font que jamais Dassault Aviation ne viendra en aide à Ankara.

La seule solution pour la Turquie est donc de contourner l’avionneur et la France. Et à ce petit jeu là le sauveur du régime Erdogan et de la Türk Hava Kuvvetleri s’appelle le Qatar. Le petit émirat demeure un des rares alliés fidèle à la Turquie, et lui possède le Rafale.
Moyennant compensations la Turquie s’est engagée à ouvrir son espace aérien pour les entraînements et exercices qatariens. Une bonne occasion d’observer de près le biréacteur français. L’accord prévoit notamment que des manœuvres pourront avoir lieu entre les aviations des deux pays.
Les pilotes des General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon turcs pourront donc «affronter» leurs collègues qataris évoluant sur Dassault Aviation Rafale.

Pour autant cet accord turco-qatari connait des limites. La première c’est que les pilotes d’Ankara ne pourront jamais prendre les commandes de Rafale qataris, même si des vols en place arrière sur biplace ne sont pas impossibles. La seconde, et non des moindres, réside dans le fait que les pilotes qataris n’ont pas les mêmes méthodes de pilotages que leurs homologues grecs souvent bien plus nerveux puisque formés aux codes de la chasse de l’OTAN. En fait il semble bien que Doha ait voulu ménager la chèvre et le chou, donner un peu à la Turquie sans pour autant froisser la France. Paris demeure un allié fidèle des Qataris (et pas uniquement à cause des joueurs de foot de la capitale) et un fournisseur d’armement primordial. On peut d’ailleurs se demander si les Qataris ne sont finalement pas plus attachés à leurs accords avec les Français qu’avec les Turcs.
L’avenir proche nous en dira plus grâce aux déploiements de Rafale en Turquie.

Photo © Dassault Aviation.

Publicité

21 COMMENTAIRES

  1. En même temps, si les Turcs connaissent les qualités de l’appareil, ils se rendront compte combien la tâche va être ardue pour eux. Et par là même, mettre un peu le hola sur l’aggressivité.
    Si l’adversaire reconnait intrinsèquement la supériorité de l’antagoniste, il ira moins à la confrontation.
    Gagner la guerre, avant qu’elle ne se produise.

      • A priver la Turquie à ne pas s’équiper d’avions dernière génération, il ne faudrait pas « forcer » les turques à commander des avions russes. Ce serait une grande victoire géopolitique pour ces derniers.

        • Il faut savoir Dimitri que l’option d’une vente de Sukhoi Su-35 Flanker-E voire Su-57 Felon est de moins en moins envisagée pour la Turquie. Le pays n’est plus dans les petits papiers de la Russie depuis qu’il a vendu des drones de combat à l’Ukraine. Et que ceux ci ont été employés contre les groupuscules séparatistes pro-russes et les troupes privées financées par Moscou.

  2. Bon bah il semblerait qu’il n’y aura pas davantage de rafales achetés par le Qatar dans ces conditions…
    La situation devient pathétique pour la Turquie d’erdogan.
    Peut on vraiment croire qu’il y ait tant de secrets à percer dans ces exercices conjoints pour notre rafale ?

      • Je pensais plutôt que l’état français serait avisé de ne plus en vendre à un pays qui se vante presque de « dévoiler » ses atouts aux plus offrants. L’Inde peut moyennement apprécier si le Pakistan se rencarde aussi sur le rafale et pourrait ainsi se tourner vers des appareils US ou autres…
        Bref, cette attitude du Qatar pourrait nous faire perdre des contrats avec d’autres nations plus « loyales »

    • Le Qatar a toujours 36 Rafales en options, options prise en même temps que la commande de 12 Rafales supplémentaires. Avec la commande de 80 Rafales des EAU, adversaire régional du Qatar, le Qatar pourrait être amené à augmenter sa flotte de chasseurs.

      • On est bien d’accord sur ce fait. Le Qatar va certainement remettre le couvert en 2022 pour 36 de plus surtout avec la commande des EAU. De plus il semble donner toutes satisfactions. Et avec les futurs probable commandes d’autres pays, il ne devrait pas tarder pour lever l’option. Les dispo de livraisons vont être de plus en plus limitée d’ici 2030. Comme le dit Mr Trappier, c’est le moment Rafale… L’année 2022 va être encore exceptionnelle.

  3. à ne pas prendre aux serieu pour ces genres d’articles , on ne parle jamais de l’avions de chasses en vois de fabrication du MMU TFX de 5ieme génération de la Turquie alor vos avions vous pouvez mêtre ou je pence ,et vos rafale je c pas ques qu’il auront comme chance face au fuser solair s 400 .!!!!!!! que ce sois la Grèce ou Chypre on en a pour quelque heures croyez moi juste 4 ou 5 drones tb2 sa fra l’affaire, faut pas que la Grèce ce confit beaucoup à ses amis la France ou même l’Europe.

    • Actuellement de moins en moins de monde ne prend au sérieux la Turquie sur son programme TFX. Elle a perdu tout crédit après son éviction diplomatique du programme JSF piloté par Lockheed-Martin. Ce supposé chasseur de 5e génération était initialement prévu pour un premier vol en 2025 et une entrée en service en 2028-2029. Finalement les projections les plus optimistes donnent un premier vol en 2029 et une entrée en service en aux alentours de 2036-2038. Si, et seulement si, Turkish Aerospace Industries a les moyens financiers et technologiques de ses ambitions. Sinon son TFX ne sera qu’une version turque du Qaher 313 iranien.
      Par contre Yusuf Tamturk nous remarquerons votre vulgarité et votre violence personnelle qui n’ont rien à faire parmi nos commentaires.
      Cordialement.

    • Les drones turcs, ils marchent contre de petites armées sous équipées comme l’Arménie ou les milices pro-russes. Mais certainement beaucoup moins bien contre des armées plus structurées et équipées. Visiblement, le rafale fait peur aux pilotes d’erdogan à défaut d’effrayer Yusuf…

  4. Petite question de quelqu’un qui n’y connait rien: est ce que les systèmes électroniques tels que spectra sont les mêmes côtés Qatari et grecs, ou est ce que ces systèmes évoluent différemment selon les « réglages » des armées utilisatrices? est ce que Dassault n’a pas intérêt à proposer des mises à jour différentiées?

    • Techniquement c’est le même matériel, ce qui fait la différence c’est la programmation du système et la qualité des données qui y sont mises. Selon les cas la France peut fournir une partie des données ou rien. Après cela dépend complètement des compétences des utilisateurs et donc de leur niveau de formation. C’est très souvent un gros point faible chez les utilisateurs finaux où les compétences en guerre électronique sont moins valorisantes que celle d’un pilote par exemple. Il y a donc peu de volontaires et ils n’ont souvent que des compétences limitées.

    • Ce sont les bibliothèques de menaces qui font la différence. Savoir sur quelles fréquences travaille un radar adverse, ou un reseau de radars, être capable d’anticiper les sauts de fréquences, être capable d’apliquer la réponse adaptée pour protéger l’aéronef et ses occupants, soit par une séquence active (on brouille, on leurre, on largue des paillettes, des flares, on pénétre le sysytème adverse) soit passive (on manoeuvre hors de l’enveloppe ennemie, on se fond dans le relief en bordure de la portée de détection, là ou les bulles ne se chevauchent pas tout à fait ou on adopte le profil de vol qui va optimiser la SER et élargir suffisament les trous dans la raquette pour passer ni vu ni connu).
      Idem pour les missiles. Être capable d’identifier la menace, type de missiile, plage de travail de l’autodirecteur, adapter la réponse, soit évasive, soit par leurres, en fonction de la distance, l’atitude, l’attitude, la vitesse, l’orientation de la menace…
      En conséquence, l’essentiel du travail est celui du renseignement chargé de collecter de précieuses données sur la manière dont travaillent les matériels adverses. C’est aussi la raison d’être des Gabriel, Astac, Archange, Cérès….
      C’est la raison des vols de reco électronique des appareils français au dessus de la mer Noire.
      Ces bibiliohtèques sont continuellement mises à jour.
      C’est grace à ce travail de fourmi, exigeant et complexe, qu’un Rafale au pu se ballader au-dessus d’un S-300PMU sans se faire repérer lors de tests en Slovaquie.. Le s-400 n’est au final qu’une mise à jour du S-300PMU.
      Le s-400, présenté comme capable d’établir une bulle impénétrable, présente des vulnérabilités, elles sont documentées.

      • Depuis plusieurs heures nous subissons des attaques en règle de la part de trolls pro-Turquie. Ça modère à tour de bras car ces gens apprécient de nous insulter… sous l’anonymat de leurs pseudos. 😉

  5. Autant laisser dire et ne surtout ne pas répondre, ils se lasseront vite, ils parlent ( je n’ose dire écrivent vu la qualité de la prose ), juste pour que l’on réponde, à la limite, à nous de les laisser déblatérer cela évitera de faire perdre du temps aux rédacteurs, censeurs et modérateurs. Des illuminatis, il y en a partout sur le net, des platistes, d’autres qui refusent que l’humain ai mis les pieds sur la lune, et j’en passe !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom