Un peu moins d’un an et demi après la signature des accords américano-tunisiens peu de choses ont réellement bougé au sein de l’Al-Quwwat al-Jawwiyya al-Tunisiyya. Pourtant l’idée d’un nouveau modèle de chasseur acquis d’ici peu continue de faire son petit bonhomme de chemin dans les têtes. Et la série de manœuvres aériennes réalisées fin décembre 2021 avec l’US Navy confirme la création d’un axe militaire entre Tunis et Washington. Le Président des États-Unis Joe Biden est t-il en train de rebattre les cartes au Maghreb ?

Sur le papier mais aussi dans les faits les chasseurs Northrop F-5E/F Tiger II tunisiens (voir la photo ci-dessus) vieillissent. Douze monoplaces de combat et trois biplaces de transformation opérationnelle sont actuellement en dotation. Des avions qui commencent à sérieusement accuser le poids des ans. Les douze premiers, huit monoplaces et quatre biplaces furent achetés neufs en 1981 et livrés entre 1984 et 1985. Cette même année l’Al-Quwwat al-Jawwiyya al-Tunisiyya racheta cinq monoplaces de seconde main auprès de l’US Air Force. Depuis certains ont été perdus dans des accidents et d’autres servent de stocks de pièces détachées. Pourtant les F-5E/F Tiger II tunisiens volent quotidiennement, assurant la défense aérienne des 163 610 kilomètres carrés du territoire et éventuellement les interceptions.

Si la Chine et la Russie n’ont aucune chance de pouvoir un jour prochain vendre des chasseurs à cette force aérienne, les relations diplomatiques entre Tunis et Moscou ou Pékin étant trop mauvaises, il ne faut cependant pas non plus s’attendre à un miracle en Europe. L’Airbus DS Typhoon et le Dassault Aviation Rafale n’y ont aucune chance ! Les Tunisiens veulent acheter un chasseur américain, pouvant ainsi au passage profiter du parapluie de Washington.

On a longtemps cru que ce serait le Lockheed-Martin F-16V Viper, la dernière évolution en date du mythique General Dynamics F-16 Fighting Falcon. Pourtant il semble bien que Boeing n’ait pas dit son dernier mot. En effet le mardi 21 décembre 2021 la chasse tunisienne s’est entraînée avec son homologue embarquée de l’US Navy. Un F-5E et un F-5F tunisiens ont pu voler de conserve avec un EA-18G Growler et un F/A-18F Super Hornet déployés depuis le porte-avions USS Harry S. Truman voguant en Méditerranée occidentale.
Selon plusieurs sources le Pentagone aurait proposé à des officiers tunisiens d’évoluer en place arrière du chasseur biréacteur de l’aéronavale.

La Tunisie serait t-elle dans le collimateur de Boeing et de son F/A-18E/F Super Hornet ? Sans doute oui. Car même si la commande s’avérerait assez petite, de l’ordre de 18 à 24 avions elle permettrait de rééquilibrer la donne. L’Algérie à l’avionneur russe Sukhoi, le Maroc à Lockheed-Martin, et la Tunisie à Boeing.
Pourtant rien n’est fait. Rappelons que les finances tunisiennes ne sont pas au beau fixe.

Tunis a récemment été obligé d’annuler sa commande de quatre avions légers d’attaque et de reconnaissance Beechcraft AT-6 Wolverine et n’a toujours pas finalisé celle pour douze T-6C Texan II d’entraînement intermédiaire et avancé. Elle court depuis l’automne 2019. Pour autant tous les voyants sont au vert pour une annonce dans le courant de cette année 2022 du nom du successeur des Tiger II tunisiens.
Affaire donc à suivre.

Photo © US Navy

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