Officiellement il ne s’agit que d’une manœuvre inter-armée permettant d’optimiser le travail des équipes de l’US Air Force avec celles de l’US Marines Corps. Pourtant l’exercice qui s’est déroulé la semaine dernière à Gowen Field ANGB n’a pas fait que des heureux parmi les pilotes et équipes au sol du 190th Fighter Squadron. Beaucoup semblent avoir eu l’impression qu’on leur montraient un avenir qu’ils ne veulent actuellement pas : le Lockheed-Martin F-35A Lightning II, en lieu et place de leurs actuels Fairchild-Republic A-10C Thunderbolt II. Alors réalité ou fantasme ?

Sur le papier en effet le F-35A Lightning II est prévu pour remplacer plusieurs modèles d’avions dont les General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon de chasse ou encore les Fairchild-Republic A-10A/C Thunderbolt II de l’US Air Force. C’est le principe même du programme Joint Strike Fighter. Sauf qu’à l’usage l’avion furtif s’est révélé être un très bon chasseur-bombardier de pénétration et d’attaque de précision mais un piètre avion d’appui tactique rapproché. Remplacer le F-16 Fighting Falcon oui, l’A-10 Thunderbolt II non.

En outre le F-35A Lightning II se traîne une sale réputation, pas forcément toujours très mérité, mais qui est arrivé forcément aux oreilles des équipes de l’Air National Guard. Or celle de l’Idaho est (à l’instar de celles de l’Indiana, du Maryland, et du Michigan) équipé du A-10 Thunderbolt II. Un avion qui malgré quelques défauts de jeunesse s’est toujours montré une monture sûre, fiable, et pardonnant beaucoup les erreurs de pilotage. En outre c’est le seul véritable char d’assaut volant en service aux États-Unis.

Aussi quand le vendredi 7 janvier 2022 quatre Lockheed-Martin F-35B Lightning II appartenant à l’escadrille VMFA-225 Vikings de l’US Marines Corps ont débarqué sur le tarmac du nid du 190th Fighter Squadron certains y ont vu un signe. Celui d’un Pentagone qui cherche à forcer la main aux unités de l’Air National Guard en leur montrant la bête. Sauf qu’un F-35B ne sera jamais un F-35A, les deux avions sont bien trop différents.
En trois jours d’exercices pourtant les femmes et les hommes des deux unités ont su mettre de côtés les différences et les interrogations pour réaliser des manœuvres efficaces.

Pourtant aussitôt les F-35B Lightning II repartis vers leur base de MCAS Yuma la polémique reprenait, notamment dans les médias locaux. En fait l’état-major de l’US Air Force sait que le problème est plus profond que les soucis du chasseur furtif. Dès lors qu’on tente de toucher au A-10 Thunderbolt II les unités de l’Air National Guard évoluant dessus perdent des effectifs qui ne renouvellent pas leurs contrats voire les dénoncent carrément. Un cas de figure qu’eurent à affronter les administrations Obama et Trump. Et à chaque fois elles ont fait machine arrière. Celle de Joe Biden en fera t-elle de même ou sera t-il le Président des États-Unis qui fera entrer le Lightning II dans l’Air National Guard en remplacement du Thunderbolt II.

En fait aujourd’hui le Fairchild-Republic A-10 Thunderbolt II est le seul aéronef sur lequel l’attachement de ses personnels est aussi viscéral. Un problème à moyen ou long terme sur lequel le Pentagone s’est déjà penché, sans réponse jusque là.
Affaire donc à suivre.

Photo © US Air Force.

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6 COMMENTAIRES

  1. Les missions de l’A-10 sont trop spécifiques pour être reprises par un avion qui est limité en emport (obus et missiles), pour le F-35B, le canon en pod grève encore plus la capacité d’emport
    J’entrevois une solution possible F-35 A ou B + un gunship, à condition d’avoir des gunships en nombre suffisant

  2. L’attachement qu’ont ces militaires pour l’ A-10 peut se comprendre mais ils faut aussi se rendre à l’évidence que cet avion comme tout les autres ne sera pas éternel.

  3. Rien ne pourra véritablement remplacer le Thunderbolt II sauf une évolution du même appareil. Pourquoi pas simplement relancer la production de cet avion si apprécié ?

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