C’est une avionique dont l’US Air Force attend beaucoup. Le weekend dernier le Pentagone a révélé avoir déclaré opérationnelle au niveau initial la nacelle Legion développée par Lockheed-Martin afin d’assurer une veille infrarouge. Toutes proportions gardées il s’agit d’un équipement similaire à l’EuroFirst PIRATE de l’Eurofighter EF-2000 Typhoon européen et à l’Optronique Secteur Frontal du Dassault Aviation Rafale français. Cette nacelle est juste beaucoup plus encombrante.

Dans le jargon aéronautique la nacelle Lockheed-Martin Legion est un IRST, pour InfraRed Sighting & Tracking. Ce type d’équipement permet de détecter, de localiser précisément, et de suivre les menaces par leurs émissions infrarouges. Outre les Rafale et Typhoon déjà cités on en retrouve de série sur des avions de combat furtifs comme les Chengdu J-20 Firefang chinois et Lockheed-Martin F-35 Lightning II américains.
Les IRST sont souvent considérés comme les yeux grands ouverts des chasseurs contemporains.

Or l’US Air Force sait qu’elle doit adapter ses avions actuels à l’emport de cette technologie. C’est pourquoi à sa demande l’industriel Lockheed-Martin a développé le Legion Pod ou nacelle Legion. Les premiers essais d’emport sous avions eurent lieu entre début 2015 et fin 2016. Mais ça n’est qu’en ce début d’année 2022 que l’US Air Force a enfin décidé de la déclarer IOC, c’est à dire opérationnelle au niveau initial. Pour autant cette classification IOC ne s’applique qu’à un seul type d’avions le chasseur McDonnell-Douglas F-15C/D Eagle de défense aérienne.
Désormais le Pentagone entend élargir l’emploi de la nacelle Legion a ses General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon et dans un second temps à ses Boeing F-15EX Eagle II. Aussi étonnant que cela paraisse ce chasseur dernier cri n’a en effet pas pu intégrer lors de sa conception un IRST intégré. Un comble quand on sait que le chasseur doit assurer non pas la supériorité mais la suprématie aérienne des États-Unis.

Le seul véritable inconvénient de cette nacelle, Lockheed-Martin et l’US Air Force en sont bien conscients, c’est sa taille très imposante qui oblige à son installation. en point central. Sa masse de près de 750 kilogrammes grève en outre la capacité d’emport d’armement des avions. Ce qui est visible sur F-15C/D sera forcément flagrant sur un plus petit F-16C/D.

Sur ce cliché la nacelle Legion apparaît parfaitement en point central sous ce F-15C Eagle.

Quand à la question de savoir si le F-15C/D Eagle pourra «concurrencer» les Rafale et Typhoon la réponse ne pourra venir qu’à l’issu d’exercices internationaux. Peu de chances cependant qu’elle soit très positive pour le chasseur américain et sa nacelle.
Affaire donc à suivre.

Photos © US Air Force

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5 COMMENTAIRES

  1. Ce retard est l’autre effet pervers des coûts du F35.
    Le Rafale à coûté la moitié de la cible du programme de Frégates multi Mission.
    Mais Boeing avait les reins solide de à cette époque et aurait dû plancher sur la question.
    .
    Maintenant, les US ont un retard certain sur la.mise en ligne.
    Tant pis pour eux.

  2. Tout d’abord, Arnaud, merci pour ces articles toujours pertinents ! Continuez !
    Les F15 C/D en service operationnel étant de conception plutôt ancienne (milieu des années 70), je comprend que l’IRST soit mis en nacelle. Par contre, il est effectivement surprenant que les Americains n’aient pas intégré directement cet équipement dans la dernière version de leur F15Ex Eagle II. Un souci de conception, ou un rapport coût/efficacité non pertinent, peut-être ? Je n’y crois pas trop !
    Voici une autre explication qui me parait plus plausible : cette nouvelle version du F15 EX est lancée, semble-t-il pour une carrière de 30-40 ans. Or les perspectives de la guerre aérienne évoluent très vite actuellement, notamment avec l’utilisation de plus en plus intensive des drônes. L’interopérabilite entre les deux systèmes d’armes avions-drône sera une réalité concrète d’ici quelques années. Et dans ce cas, le drône pourait bien jouer ce rôle de capteur avancé. La nacelle IRST sera alors obsolète. C’est donc une solution « temporaire » et économiquement viable que les Americains ont choisit. De plus, et comme votre article le laisse entendre, cette solution « sparadrap » permet aussi de concurrencer (commercialement parlant) le Rafale et le Typhoon sur les marchés à l’export.

  3. Quand on sait que l’OSF sur un Rafale occupe un volume de 80 litres pour 87 kg, on se demande qu’est ce qu’il y a de plus ici pour atteindre un poids de 750 kg.

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