Ils vont permettre de remplacer les General Dynamics F-16MLU Fighting Falcon danois déployés dans la région depuis début janvier. En date de ce lundi 1er août 2022 quatre chasseurs multirôles Saab JAS 39C Gripen appartenant à la Magyar Légierő seront opérationnel depuis Šiauliai AB en Lituanie. Un tel déploiement représente tout de même un tiers de la capacité effective de combat de l’aviation hongroise. Une participation à une mission de l’OTAN qui doit aussi permettre de faire taire les rumeurs selon lesquelles les forces hongroises seraient idéologiquement proches de Moscou.

En fait l’annonce il y a quelques semaines de la décision de l’alliance Atlantique de confier la relève de la chasse danoise à la chasse hongroise en a surpris plus d’un. Et nous en faisions parties. L’accord sur la présence de la centaine de militaires accompagnée de quatre monoréacteurs Saab JAS 39C Gripen a visiblement été piloté directement par les équipes de Jans Stoltenberg, actuel secrétaire général de l’OTAN, et par celles de Viktor Orban, le président hongrois. C’est au récent sommet de Madrid que tout a été finalisé, permettant ainsi à la Hongrie de revenir dans le concert des nations après avoir été suspectée par plusieurs pays alliés de collusion avec l’ennemi. On reprochait à Orban sa trop grande proximité de conscience et d’idées avec le dictateur Poutine.

Or quelle meilleure preuve de solidarité atlantiste et européenne que la participation à Baltic Air Policing ? Sans doute aucune tant la mission otanienne de police du ciel balte est détestée par les stratèges russes. Ils voient en elle une implication de l’OTAN dans un territoire (les trois républiques baltes) que nombres de nationalistes russes proches du Kremlin estiment relever de la «grande Russie». Baltic Air Policing et ses chasseurs en alerte armée H24 est donc une grosse épine dans leur pied.

Ce n’est pas la première fois que Hongrois et Russes risquent de se rencontrer dans le ciel balte. Déjà en septembre 2015 puis en mai 2019 les Saab JAS 39 Gripen de la Magyar Légierő avaient pris leurs quartiers à Šiauliai AB en Lituanie. Et déjà ils avaient décollé en scramble à plusieurs reprises. Seulement voilà la situation était sensiblement différente : Moscou ne menaçait pas encore les Alliés du feu nucléaire.

La guerre décidée par Vladimir Poutine contre la souveraineté ukrainienne, et par ricochet contre la paix en Europe, a passablement changé la donne. Désormais les pilotes hongrois vont devoir défendre la façade septentrionale de l’Union Européenne et de l’OTAN contre une puissance ouvertement belliqueuse et hostile. Et comme leurs collègues de la Luftwaffe qui prennent l’alerte depuis l’Estonie, les pilotes de la Magyar Légierő vont être amenés à identifier et intercepter des aéronefs en provenance ou en direction de l’exclave de Kaliningrad, oblast russe coincé au beau milieu de l’UE.
Un chose est assurée : cette troisième participation à Baltic Air Policing va renforcer encore un peu plus le professionnalisme des pilotes hongrois.

Photo © OTAN

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2 COMMENTAIRES

  1. Le pays satisfait à ses obligations d’alliance. Néanmoins, je me rappelle quand même que la Hongrie a annoncé ne pas accepter le transit d’armes via son territoire, et je doute fort qu’il ait fournit le moindre aéronef qu’il ait été en mesure de fournir à l’Ukraine. Ça contraste avec l’attitude de plusieurs de ses voisins du groupe de Visegrad + La Bulgarie.

    Mais efforçons nous de croire que le militaire et le politique puissent demeurer distincts.

  2. …et que le contrepied Hongrois a la politique de reduction des achats de gaz Russe par l’UE ne contribue a la prolongation de cette mission. J’aimerais bien être dans la tête des pilotes Hongrois…en tout cas ils vont apprendre vite !

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