Ouverture du procès de l’accident du vol AF447.

Deux-cent seize passagers, douze membres d’équipage, zéro survivant ! C’est le dramatique bilan de l’accident le plus meurtrier de l’histoire d’Air France, le vol Rio de Janeiro Paris alias AF447. Treize ans plus tard s’ouvre (enfin) ce lundi 10 octobre 2022 le procès devant le tribunal correctionnel de Paris. Dans le box des accusés deux personnes morales : l’avionneur et la compagnie aérienne.

Petit retour en arrière : le 31 mai 2009 à 22 heures 03 l’avion de ligne biréacteur long-courrier Airbus A330-200 immatriculé F-GZCP décollait de l’aéroport de Rio de Janeiro pour rejoindre celui de Paris Roissy-Charles-de-Gaulle. Le vol était prévu pour une durée de dix heures et trente-quatre minutes. Il devait atterrir le 1er juin à 9 heures 10.
À 2 heures 13, GMT, l’avion heurte l’eau et s’abîme en mer. Il n’y a aucun survivant.
Cent quatre dépouilles seront retrouvés par les équipes de la Marinha do Brasil et de la Marine Nationale, des autopsies réalisées sur quelques-unes révèleront que les victimes ne sont pas décédées par noyade mais suite à polytraumatismes.

La recherche des boites noires avait nécessité un déploiement de moyens surhumains en raison de l’immensité de la zone de crash et la profondeur abyssale de l’Atlantique sud dans la région. Le plus gros élément de l’avion retrouvé sera logiquement l’empennage, quasi intact. L’enquête va être longue et très minutieuse.

La majorité des passionnés d’aviation connait ce dossier. Le grand public découvrait il y a treize ans un terme aéronautique : le tube de Pitot. En effet les investigations des experts du BEA, le très prestigieux Bureau d’Enquêtes et d’Analyses pour la sécurité de l’aviation civile, mirent assez vite le doigt sur l’un des coupables : le givre qui avait bloqué le dit tube empêchant l’équipage de connaître les données anémométriques au-dessus de l’Atlantique sud. L’enchaînement qui allait conduire au crash pouvait commencer. La formation des équipages allait également être pointée du doigt, le pilote et le copilote n’ayant pas pu reprendre les commandes de l’avion.

Sans doute l’image la plus célèbre de ce drame : le repêchage de l’empennage par les marins brésiliens.

Porte de Clichy, dans le 17e arrondissement parisien, au sein de la 31e chambre correctionnelle c’est donc un procès hors norme qui s’ouvre ce matin. C’est aussi un procès hyper technique, un procès pour l’Histoire. D’ailleurs pas forcément celui qui permettra aux familles des passagers et membres d’équipage de totalement faire le deuil de lors proches. Non un procès qui permettra sans doute de surtout répondre aux questions sur l’enchaînement qui a conduit un avion d’à peine quatre ans à s’abîmer en mer et à entraîner tous ses occupants dans la mort. Airbus ou Air France ? Auquel des deux mis en cause reviendra la responsabilité du drame ? Peut-être aucun, peut-être l’un d’entre eux, peut-être les deux. En fait la culpabilité dans cette affaire paraît presque secondaire, l’intérêt premier c’est la découverte de la vérité.
Les avocats, les experts, les témoins, les mis en cause, les juges ont donc neuf semaines pour la faire éclater et permettre enfin de refermer le dossier du vol AF447.
Mais pas d’oublier !
Affaire à suivre.

Photos © Agence France-Presse.


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

6 réponses

  1. c’est peut etre la premiere fois que « l’intelligence artificielle » est en processus. Les avocats des parties civiles seront elles a la hauteur ? le défi est immense , Le recours massif a l’IA a déqualifier les equipages (« ma concierge peut piloter cet avion « ). L’EASA (absente du procès) et Airbus ont une énorme responsabilité avec ce transfert de compétence mais refuse d’en supporter les conséquences et en plus se sont organisés pour éviter toute condamnation. L’IA est une tueuse de masse allons qui échappe a toute condamnation remettant en cause les principes de notre société d’état de droit.

  2. Comportements inexcusables de l’équipage en vol. S’il n’avait rien fait lors de la déconnexion de l’AP, l’avion aurait continué tout droit. Après quelques secondes, la sonde aurait dégivrée. L’OPL Bonin tire constamment sur le manche et met l’avion en décrochage. Vu leur altitude, n’importe quel pilote du dimanche aurait sauvé l’avion. Le commandant Dubois qui fait la fête la veille du vol et va se coucher avant la zone dangereuse au dessus de l’océan. Objectivement l’équipage a fait du grand n’importe quoi. C’est donc clairement la responsabilité pleine et totale d’Air France, de l’évaluation des compétences des pilotes et de sa formation.

    1. Bonjour êtes-vous expert aéronautique ? Car vous semblez avoir des certitudes concernant ce qui s’est déroulé dans le cockpit.

  3. 18 000 heures de vols d’experience dans ce poste de pilotage .Ils ont trouvé la mort . Cela nous impose un minimum de respect . La cause d’un suicide provoqué n’a jamais été évoqué comme un élément contributif. Etes vous sur que n’importe quel pilote aurez fait mieux ?

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