Depuis la fin du mois de septembre 2018 nous savons que le successeur du Northrop T-38 Talon dans l’US Air Force sera l’avion connu actuellement encore comme Boeing T-X. Mais désormais on sait que ce monoréacteur de nouvelle génération développé conjointement avec l’avionneur suédois Saab aura d’autres fonctions que celle de l’entraînement avancé. C’est une des requêtes de l’état-major américain inscrit dans le futur budget 2020 de la défense, que ce T-X soient également apte à la mission d’Agressor et pourquoi pas à l’appui aérien rapproché. Une optique qui ne serait à ce moment là forcément très bon pour les Beechcraft AT-6 Wolverine et Embraer A-29 Super Tucano.

C’est donc l’un des enseignements majeurs, pas le seul bien entendu, des demandes officielles de l’US Air Force dans le cadre de l’examen du futur budget de l’année fiscal 2020. L’aviation américaine compte bien donner encore plus de place à ses Boeing T-X que ses Northrop T-38 Talon en ont actuellement. Ce qui n’est pas rien. Et ce qui ne s’annonce pas forcément aussi simple qu’il y paraît.

Faire d’un jet d’entraînement avancé comme le T-X un Agressor n’est à priori pas une évidence. Il convient donc d’adapter cet avion à la simulation de chasseurs que les pilotes américains et alliés des États-Unis pourraient rencontrer en combat aérien. Tout en lui conservant ses stricts attributs d’appareil de formation.
Même s’il est annoncé pouvant voler jusqu’aux alentours de 1250 à 1300 km/h à haute altitude le Boeing T-X n’est cependant toujours pas un chasseur. Réussira t-il à singer des machines comme le Chengdu J-10, le Mikoyan MiG-29, ou encore le Sukhoi Su-35 ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que les généraux américains y tiennent et que visiblement chez Boeing et Saab on se veut rassurant sur la question.

Reste la question des missions d’attaque légère et d’appui aérien rapproché. Dans l’esprit des militaires américains il ne s’agit pas de fournir un tel avion à un allié X ou Y ayant besoin d’une machine moins onéreuse qu’un avion de combat multirôle. Non c’est bien de fournir à l’US Air Force un tel appareil. Et là le monoréacteur Boeing T-X entre en total opposition avec le programme OA-X et ses avions légers A-29 Super Tucano et AT-6 Wolverine. À moins que les décideurs du Pentagone place le jet américano-suédois entre ces deux machines et le vénérable mais ô combien encore efficace (et mal aimé) Fairchild-Republic A-10C Thunderbolt II ?

En tous cas une chose est sûr : en ces périodes de troubles pour l’avionneur de Seattle à cause de son avion de ligne 737 Max 8 ces demandes d’adaptations du T-X par l’US Air Force tombent à point nommé. Comme quoi parfois le hasard fait bien les choses.

Photo © US Department of Defense.

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1 COMMENTAIRE

  1. C’est bien joué de leur part (Boeing comme l’État-major américain).

    On pourrait considérer que le T38, par le truchement de son dérivé le F5 dont il est très proche, réalise virtuellement peu ou prou ce rôle d’Agressor. Alors certes ce sont deux appareils bien distincts, donc on a là 2 flottes bien à part -bref plus de coûts- et il m’est avis que cela n’aura pas échappé aux grandes huiles du Pentagone qui vont profiter de cette page vierge qu’est le programme T-X pour rationaliser tout cela en créant un appareil multitâches dès le départ.

    La mission de Light Attack / Close Air Support est en effet plus épineuse, l’appareil se trouvant comme vous le dites à mi-chemin entre les chasseurs-bombardiers de type jet et le futur appareil OA-X. Mais cela a tout de même du sens, car le fabuleux A10 est malheureusement condamné à court terme (quelques années tout au plus), et depuis l’annonce de son remplacement dans le domaine de l’appui-feu par le F35, d’innombrables voix s’élevaient -la mienne y compris- pour clamer que ce chasseur ultramoderne n’est pas adapté pour l’attaque au milieu du feu ennemi. Attention, je ne dis pas qu’il en soit incapable, mais je trouve qu’il est fou de risquer un tel engin vu la faible valeur des cibles rencontrées dans les conflits actuels (pick-ups, tranchées, petits bâtiments) comparativement à celle ‘un F35. En somme, un appareil subsonique plus rustique et bien moins coûteux à l’achat / heure de vol convient amplement, de cette idée est apparu le besoin de l’OA-X, et c’est là que le T-X intervient, il apporte une composante « jet à faible coût » (voire jet « de seconde ligne », un peu comme les Hawk britanniques que l’on peut armer au besoin) en complément de ce dernier.
    C’est pragmatique, car le T-X sera sûrement plus performant que l’OA-X, et comme de toute façon le programme ira à son terme, il aurait été idiot de ne pas ajouter cette corde à son arc.
    Par contre, c’est le Scorpion de Textron qui en prend un coup… 😀

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