Ça ne s’arrange pas pour l’avion de ligne russe Superjet 100.

Quinze jours seulement après un jeudi bien pourri pour lui le biréacteur commercial russe Yakovlev SJ-100, alias Superjet 100, refait parler de lui. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est pas en bien. À deux reprises en cinq jours ce modèle d’avion de ligne a été obligé de se poser en urgence, dans les deux cas suite à déroutement. Fort heureusement ces incidents majeurs n’ont fait aucune victime mais ont forcément dégradé l’image de l’appareil auprès des passagers.

On peut désormais se demander à quel moment les personnels de la Federalnoye Agentstvo Vozdushnogo Transporta vont choisir d’immobiliser toute la flotte de Superjet 100 ? Sans doute jamais, la Russie n’est ni les États-Unis ni l’Union Européenne. Il lui faut bien plus qu’une succession de graves incidents pour commencer à vouloir inspecter un modèle d’avion qui actuellement assure une grosse partie de ses vols intérieurs. Et pourtant les faits sont là. À défaut d’être un avion réellement dangereux le Yakovlev SJ-100 (ex Sukhoi SSJ100) pose de réelles questions en matière de sécurité aérienne. Toutes sont t-elles pourtant vraiment du fait du seul avion ? Ou bien également de compagnies aériennes russes qui subissent depuis deux ans maintenant les sanctions économiques des Alliés ? Quand ils prennent l’avion les passagers russes se mettent involontairement en danger du fait de la guerre décidée par leur «président» contre la souveraineté de l’Ukraine. Et donc après ce maussade jeudi 15 février 2024 il y a eu le samedi 24 juillet et le jeudi 29 juillet.

Samedi dernier donc le Superjet 100 immatriculé RA-89099 appartenant à l’Aeroflot décolla à 16 heures 20 en heure locale de Saint Pétersbourg. Il prenait la direction de la très stratégique enclave de Kaliningrad avec 59 passagers à son bord. Alors qu’il survolait la Baltique le commandant de bord a fait état au contrôle aérien russe d’un ennui d’affichage à bord de la quantité de carburéacteur à l’intérieur des réservoirs. D’autres voyants s’allumaient par intermittence. Décision a été prise de faire faire demi-tour à l’avion de ligne et de le ramener à Saint Pétersbourg de toute urgence. À l’aéroport de Pulkovo les services de secours étaient en alerte. Ils n’ont pas été nécessaires l’équipage ayant réussi à atterrir sans encombre à 17 heures 34, là encore en heure locale. Les passagers ont été évacué sans difficulté et l’avion ensuite parqué.

On pouvait alors pensé que cet incident isolé serait le dernier du mois de février 2024. Manque de bol même les années bissextiles s’y mettent contre le SJ-100… d’ailleurs les deux avions impliqués dans ces incidents sont des SSJ-100 d’origine. Ils ont donc été produits par Sukhoi et non par Yakovlev.

Hier c’est un Superjet 100 appartenant à Yamal Airlines qui a connu un incident autrement plus inquiétant encore. Sous l’immatriculation civile russe RA-89091 l’avion réalisait une liaison commerciale entre Tioumen dans le sud de la Sibérie occidentale et Novy Ourengoï dans la même région mais plus au nord. Il accueillait 50 passagers. Six minutes après le décollage le contrôle aérien russe a été avisé par l’équipage que les indicateurs de rétractation du train d’atterrissage l’indiquaient encore sorti. Là encore la décision a été de faire revenir le biréacteur commercial à son point de départ. Le Superjet 100 s’est posé sans encombre, le train étant déjà sorti !

L’avion impliqué dans l’incident du samedi 24 février 2024.

Avec ce mois de mars naissant on pourrait espérer que les choses s’arrangent. Mais rien ne permet de le garantir. Cinq incidents relevés en février et trois en janvier, on ne peut pas dire que ce premier trimestre 2024 soit placé sous le signe de la sécurité pour le pauvre Superjet 100 qui n’avait rien demandé. Un avion qui d’ailleurs peine de plus en plus être vendu en dehors de la fédération de Russie. Même les compagnies aériennes des états satellites du Kremlin comme la Biélorussie ou le Mali n’en veulent pas. C’est dire s’il inspire confiance.

Affaire donc à suivre.

Photos © Tass.

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ARTICLE ÉDITÉ PAR
Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

4 réponses

  1. Ce qui est à craindre c’est que si un drame arrive, ça ne sera pas de leurs faute mais des méchants qui les privent de pièces de rechange. Ce sont des experts de l’inversion des causes

    1. Sauf que ce n’est ni un Airbus ni un Boeing mais un avion de facture local et supposé être 100% russe d’après la propagande du constructeur. Ils auraient donc menti aux russes et au monde ? Ce n’est pourtant pas le genre de la maison.

  2. Bah ! Ça a toujours été comme ça dans ce sympathique pays. Déjà, à la grande époque des Tupolev, l’Aeroflot, ca à toujours été Air Peut-être.
    Les usagers russes sont résignés (ou fataliste) de plus , les pertes humaines n’ont jamais été un soucis pour les autorités russes

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