Embraer compte sur l’OTAN pour relancer son A-29 Super Tucano.

L’avionneur brésilien compte vendre 200 à 250 nouveaux exemplaires dans les vingt années à venir. Officiellement connu comme avion d’entraînement intermédiaire et avance Emb 314 Super Tucano l’A-29B a réussi depuis plusieurs années à se tailler une belle réputation dans les missions d’attaque au sol et d’appui tactique. Or c’est justement en s’appuyant sur cela que l’avionneur brésilien entend prochainement lancer l’A-29N, à destination notamment des pays de l’alliance Atlantique. On parle notamment d’approche avec trois pays européens.

Afin de le proposer à l’OTAN Embraer place son futur avion comme idéal pour la formation des Joint Terminal Attack Controllers, les opérateurs terrestres de désignations des objectifs aux appuis aériens. Pour autant l’avionneur brésilien insiste sur le fait que l’A-29N (N pour NATO, OTAN en anglais) sera également un avion d’attaque au sol et d’appui aérien rapproché dernier cri. Il intègrera une chaîne de communication Liaison 16, propre justement à l’alliance Atlantique et à ses opérations coordonnées. L’A-29N Super Tucano sera également adapté à la majorité des munitions normées OTAN, qu’elles soient de conception américaines ou européennes. Il semble aussi adapté à la lutte contre les menaces air-air que représentent les drones légers.

Au cours des vingt dernières années l’A-29B Super Tucano a fait ses preuves auprès de nombreux pays en voie de développement comme le Burkina Faso, le Ghana, le Mali, ou encore la Mauritanie. Chacun les a utilisé contre des groupes terroristes armés, des djihadistes présents en masse en Afrique sub-saharienne. On peut considérer qu’ils ont servi de cobayes, d’expérimentateurs en vue de ce qui allait devenir l’A-29N. Car désormais avec une capacité reconnue de surveillance tous-temps, de reconnaissance, et d’attaque au sol avec l’emploi de munitions guidées l’avion brésilien se pose comme un système d’arme dernier cri. D’ailleurs l’A-29N Super Tucano n’est pas dédié aux pays en voie de développement. Peu de chances donc que les Burkinabés et les Maliens aient les moyens de remplacer leurs A-29B par cette nouvelle version.

Actuellement trois pays semblent dans le viseur d’Embraer, tous trois européens, et tous trois membres de l’OTAN. On parle ici de l’Albanie, de la Lettonie, et du Portugal. Ce dernier étant considéré même comme le potentiel client de lancement de l’A-29N sous quelques mois. Des négociations en ce sens seraient en cours avec Lisbonne. En fait un des aspects les plus intéressants de cet avion c’est bien qu’il représente une alternative aux drones MALE d’attaque au sol et de reconnaissance hauts de gamme comme les General Atomics MQ-1C Gray Eagle et MQ-9A Reaper. Maintenant il est évident que le futur marché des 200 à 250 nouveaux Super Tucano ne peut pas concerner que l’A-29N. Néanmoins si cet objectif est atteint dans les 20 années à venir l’avion aura été construit à presque 500 exemplaires au total.

Affaire à suivre.

Photo © Força Aérea Brasileira.

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ARTICLE ÉDITÉ PAR
Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

9 réponses

  1. Pour ma part, je.soutiens qu’un appareil à faible.coût d’utilisation serait un plus pour toute force aérienne.
    L’idée n’est pas de remplacer les.jets: ces derniers évoluant dans une catégorie inatteignable pour un jet d’entraînement, et pire encore pour un appareil à piston et hélice … Mais quand il faut faire masse, garder le terrain, un avion même faible peut être un gros atout.

  2. Nos armées actuelles misent sur le tout technologique. Mais force est de constater généralement que le plus simple et le moins cher et aussi très souvent le plus efficace et le plus fiable. Embraer l’a compris et les armées équipées de son avion d’appui tactique et d’attaque au sol rend de très nombreux services aux pays qui l’utilisent, mais dont l’emploi est toujours laissé sous silence. Mais ça fonctionne bien, très bien même. Je m’étonne aussi toujours que dans nos régions, les armées ont laissé tomber ce genre d’appareils, pour des armes beaucoup plus technologiques et énormément plus cher.

    1. En effet la « rusticité » ou la simplicité de certains matériels est parfois de synonyme de résilience, surtout dans un environnement contesté ou bien si la maintenance et les pièces viennent à manquer.
      Mais aussi en temps de paix, les projets d’armements technologiques permet de nouer des alliances et des partenariats contractuelles, donner du travail, du savoir-faire et des emplois a beaucoup d’entreprises mais c’est plus vulnérable si le contexte géopolitique varie rapidement.

      En tout cas cet avion léger semble pouvoir remplir efficacement un très grand nombres de missions territoriales ou frontalières diverses et variées surtout pour des pays avec un budget plus serré, un avion omni rôle en somme(!)

  3. Bof, un Alpha jet avec une bonne électronique serait bien meilleur qu’un Super Tucano : plus performant, un meilleur rayon d’action, plus d’emport……la seule supériorité se situe au niveau de l’électronique et de l’armement parce que le Tucano est toujours produit et constamment amélioré par le fabricant.

    1. L’Alpha Jet ? Sans rire ? Encore vous nous auriez parlé de BAE Systems Hawk on aurait compris, mais là l’Alpha Jet non je vois pas. Vu depuis combien de temps l’avion franco-allemand est dépassé pour les missions de combat je vois mal l’intérêt de votre commentaire. Mais bon moi après… ce que j’en dis.

  4. J’ai du mal m’exprimer : l’alpha jet à des performances physiques (vitesse, autonomie, plafond pratique, etc….) très supérieur au Tucano. Et si on ajoutait à l’alpha jet une électronique et un armement moderne, le Tucano aurait bien peu d’avantage à faire valoir (sinon un coût d’acquisition et d’utilisation plus faible). Bref, tout ça pour dire que les avions (habité) à hélice, c’est un peu comme les bateaux à voiles : c’est mignon mais ça sert à rien. Plutôt qu’un Tucano, développer un nouvel alpha jet au niveau européen serait très pertinent pour l’entraînement, le combat léger….. et la patrouille de France.

    1. Les avions turbopropulsés ça sert à rien ? Wahou ça c’est de l’analyse. Vous devriez postuler chez Embraer ou Pilatus car ils seraient ravis d’avoir votre expertise.

      1. Oui, en dehors des fonctions liaisons/transports, un avion à hélice c’est clairement la mauvaise idée.
        Ça n’ira jamais en première ligne dans une guerre de moyenne/haute intensité, pour la reconnaissance un drone est tout aussi pertinent et pour la chasse aux insurgé c’est juste le minimum nécessaire. Autant investir dans un avion moderne typé Alpha jet qui pourra réaliser toutes ces missions de bien meilleure manière.
        Un avion typé Alpha jet moderne avec une électronique et un armement moderne serait même pertinent en Ukraine alors qu’un Tucano en Ukraine, les ukrainiens le dronise et l’envoi s’éclater contre une usine ou une raffinerie….super !!!

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