En théorie en aéronautique ce sont les nations émergentes qui copient les puissances industrielles, et pas l’inverse. Du coup le système de drone LUCAS est un peu l’exception qui confirme la règle puisque c’est une entreprise américaine qui a ici quasi cloné une munition rodeuse iranienne. Et cette dernière n’est ni plus ni moins que la Shahed 136 actuellement massivement employée par la Russie contre les populations civiles ukrainiennes. LUCAS a été tirée une première fois cette semaine depuis un navire de guerre de l’US Navy.
Copier, ou selon leur vocable, améliorer les productions aéronautiques américaines c’est un peu la spécialité des ingénieurs iraniens. L’avion de combat Azarakhsh et l’hélicoptère léger Shahed 278 en sont la démonstration, reprenant des éléments issus respectivement des Northrop F-5A/B Freedom Fighter et Bell 206B Jet Ranger. Les Iraniens ont eu d’autres chantiers du même genre. Ils se sont également fait une spécialité dans le développement de munitions rodeuses à bas coûts de production. La Shahed 136 est l’exemple type avec son assemblage ne faisant appel qu’à des matériaux non stratégiques.
Qui cependant aurait pu croire que cette petite aile volante et son moteur à pistons à hélice propulsive allait un jour être copié pour le compte du Pentagone ? C’est la société Spektreworks installée dans l’Arizona qui s’en est chargé, donnant naissance au LUCAS. Il s’agit du Low-cost Uncrewed Combat Attack System, c’est à dire un terme politiquement correct pour parler d’une munition rôdeuse bon marché.

Ce mardi 16 décembre 2025 un premier lancement opérationnel en conditions réelles a eu lieu. Une munition rôdeuse a été tirée depuis la plage arrière de l’USS Santa Barbara, un navire de guerre de classe Independance. C’est la Task Force Scorpion Strike qui assure sa mise en œuvre depuis le Golfe dans le cadre des opérations antiterroristes contre la nébuleuse houthiste. Selon les premières informations le LUCAS aurait fait coup au but. On ignore cependant quelle cible il visait et à quelle distance.
Le concernant on sait qu’il a d’ores et déjà été commandé par l’US Department of War à hauteur de 500 exemplaires, à priori pour l’US Army, l’US Marines Corps, et l’US Navy. LUCAS est quasi identique au Shahed 136 avec une masse d’environ 180 kilogrammes pour une charge de combat de 50 kilos. Sa vitesse en vol horizontal approche les 175 kilomètres avec des pointes aux alentours de 275 à 300 kilomètres heures lors des piquées finaux d’attaque. Son guidage est basé, système américain oblige, sur le GPS couplé à une centrale inertielle. Son rayon d’action est annoncé à 2000 kilomètres ou bien une autonomie de six heures en ronde avant frappe d’opportunité.

On pourrait être tenté de voir dans le développement du LUCAS un manque cruel d’originalité. En fait il s’agit plutôt de l’adaptabilité d’un système rustique auprès d’une force qui n’y est pas habituée. Objectivement les Américains ont copié les Iraniens ! Mais ces derniers ont développé avec la Shahed 136 un drone véritable révolutionnaire et donc il fallait s’attendre à ce que tôt ou tard il donne naissance à une version «occidentale». La société américaine Spektreworks est juste allée un peu loin dans la copie.
Affaire à suivre
Photos © US Navy
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2 réponses
C’est une arme de volume qui n’est efficace que par le nombre envoyé simultanément. On le voit en Ukraine où ils sont envoyés par vague de 300-400 pour que 20 à 30% au mieux passent les défenses.
Il y a 80 ans, les usa faisaient la même chose avec des bombardiers et des hommes dedans.
La grande question maintenant est : combien va-t-il en être produit?
Fort intéressant , je pourrai même écrire rafraichissant. Cela me parait être vraiment une bonne chose que les États-Unis d’Amérique reviennent à du vrai pragmatisme, ces trois dernières décennies étant marquées pas des programmes militaires plus que dispendieux au pays de l’oncle Sam, avec de sacrées réductions dans le volume des commandes … Abattre des nuées de drones à moins de 20000$/pièce avec des missiles coûtant 10,15,20x plus cher et autrement plus longs à produire reste une impasse. Et une commande de 500 ex de ces drones me semble plus que riquiqui.
Dernièrement, la chine a fait voler synchro près de 16000 drones simultanément, pilotés par un seul ordinateur, et dans un domaine civil en plus. Donc sans grande imagination et pour le militaire, on peut penser que…