L’information a été révélée la semaine dernière par La Tribune, référence française en matière d’économie et de finances. Les Émirats Arabes Unis ont choisi de se retirer du financement du programme Rafale F5. Cela fait suite à une brouille autour des transferts de technologies et des partages de tâches industrielles avec les entreprises locales, refusés par Dassault Aviation. Désormais la France doit trouver un partenaire qui acceptera de mettre la main à la poche sans aucune chance de retour sur investissement en échange ; autant dire un gogo !
C’est seulement en ce début avril 2026 que La Tribune a révélé qu’en fin d’année 2025 les Émirats Arabes Unis s’étaient retirés du programme Rafale F5. On pourrait croire que cela n’a pas une grosse importance, sauf que c’est faux. Ça l’est d’autant plus que les caisses de la République Française ne sont pas au beau fixe. Sans être vides elles ne débordent pas.
Or pour permettre de développer le dit Rafale F5 l’avionneur Dassault Aviation et ses partenaires ont besoin de sous. De beaucoup sous même puisqu’on parle ici d’une première provision de cinq milliards d’euros. Et sur celle-ci il était question que les Émiratis passe à la caisse pour une somme allant de 3,5 à 3,6 milliards d’euros. La France devait subventionner le reste. Depuis décembre dernier elle doit donc tout payer toute seule.
Pourquoi un tel revirement de la part d’un des partenaires les plus fidèles de la France en matière de défense ?
Parce que justement la France n’est peut-être pas le partenaire le plus élégant qui soit de nos jours en matière industrielle de pointe. Les Émiratis espéraient très sincèrement un retour sur investissement sous la forme de contrats pour ses sociétés des secteurs aéronautiques et défense. Les Français ont refusé catégoriquement.
Ils étaient prêts à prendre l’argent, pas à partager leurs connaissances et leur technologie.
Que faire désormais ? Trouver l’argent là où il est.
Puisque les Émiratis et leurs si puissants pétrodollars sont désormais hors courses il va bien falloir trouver les milliards manquants ailleurs. Évidemment on serait tenté de penser aux roupies du premier ministre Modi, pour autant il ne semble pas évident que l’Inde veuille jouer les remplaçants surtout quand on sait ce pourquoi les EAU ont quitté le programme. Le plus simple serait que la France subventionne seule les cinq milliards d’euros nécessaires, alors qu’elle n’en a pas forcément les moyens.
De ce fait on peut aisément se demander si aujourd’hui le programme Rafale F5 n’est pas compromis par les difficultés de Dassault Aviation et de ses partenaires à jouer en équipe.
Affaire à suivre.
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10 réponses
@Arnaud, petite erreur de frappe « penser aux roubles du premier ministre Modi » plutôt roupies non? 🙂
Ce n’est pas trop tard pour que les EAU reviennent sur leur décision, vue l’énergie que nos forces ont déployée pour défendre le territoire des EAU contre les attaques iraniennes, d’autre part, il faudrait aussi que la DGA trouve un compromis dans les technos à partager.
Exact James, tu as l’œil. Je corrigerais en rentrant du boulot. Désolé.
Edit 13h44 : c’est corrigé.
Bonjour à tous les passionnés,
Nouvelle navrante, du moins en apparence. Et je me garderai bien, vu mon ignorance du dossier, d’émettre le moindre jugement sur le choix fait par Dassault Aviation , au sujet des transferts technologiques etc. N’ayant aucune idée de ce que les EAU ont demandé en contreparties pour les quelques « petits » milliards de participation… Si c’est pour se la jouer façon Airbus pour le SCAF, c’est à dire se voir « offrir » sur vun plateau et pour une facture somme toute modique, une grande partie du savoir-faire séculaire de Dassault Aviation et de ses principaux partenaires… Les participants au Joint Strike Fighter ailias F35 n’ont pas eu non plus des retombées mirobolantes (voire quasiment aucune pour les technologies les plus avancées de l’avion) octroyés par les USA en échange des milliards versés. Enfin bref, j’ai juste l’impression que le montant proposé par les EAU, ne correspond pas à ce qu’ils demandent…
Quant à fournir le « code source » du Rafale à l’Inde, un pays proche de Moscou et dont les relations avec la Chine ont fait de nets progrès ces trentes dernières années…A mon humble avis il faut garder un minimum de méfiance… Non?
M’est d’avis que l’Inde devrait mettre la pression sur Dassault Aviation sur le code source. Et dans le cas où elle ne l’aurait pas elle devrait casser le contrat Rafale et aller voir ailleurs.
Alors que l’Inde aille voir ailleurs si l’herbe est plus verte! Vendre un produit ne signifie pas vendre les secrets de fabrication. De ce que que j’ai pu lire, l’Inde a réclamé, excusez du peu, les codes sources pour le radar RBE2 AESA, du calculateur de fusion de données et pour terminer du Spectra. Ce sont des systèmes souverains hautement sensibles, qui, s’ils sont transférés d’une manière ou d’une autre à de potentiels adversaires/ennemis (essentiellement la Russie et la Chine) remettra en cause l’efficience d’une de nos armes primordiales, capable de délivrer l’arme nucléaire. Ces systèmes symbolisent la quintessence de notre ingéniérie la plus pointue, et de plus d’un demi siècle de maitrise des avions de combat de première ligne et de leurs innombrables Retex.
Avec nos intérêts en Indo-Pacifique, il est aussi vital pour nous que pour les indiens d’avoir une bibliothèque de signatures des armes adverses aussi exhaustive que possible. Thalès étant le principal concepteur de ces systèmes, difficile de croire que les ingénieurs indiens feront mieux avec le code-source à disposition.
Nous serions complètement irresponsables de fournir à de potentiels ennemis les clés de ces systèmes vitaux pour l’avion, qui est notre fer de lance ( et de tout son écosystème de combat également) pour encore une bonne vingtaine d’années . Permettre une quelconque intelligence avec l’ennemi, c’est de la haute trahison,. Je suis tout a fait admiratif que monsieur Trappier défende bec et ongles notre souveraineté militaire.
En clair confiance à géométrie variable après ils ne faut pas critiquer les usa avec le F35 car vous préconisez exactement la même chose avec le Rafale
Vous partez directement du préjugé que l’Inde puisse fournir les codes aux Russes ou aux Chinois… Petite question polémique cela vaudrait aussi pour un allié européen de la OTAN ?
Soleil Levant, un code source permet des modifications mais pas à toutes les modifications que peut faire le pays fabricant. Par exemple le radar (Thales) a un code source, les réacteurs (Safran) un autre code source et je présume des composants comme la fusion de données ou la guerre électronique resteront classés. Mais je pense que le principal verrou reste bien contractuel genre contrôle d’usage, interdiction de transfert envers un pays tiers. Une violation comporterait une rupture immédiate avec la France, de devenir un paria industriel et l’impossibilité d’accès aux pièces détachées et mises à jour en clair les avions deviendraient des charrettes volantes
Le code source, de quoi s’agit-il?
Si c’est un programme qui fait « Hello world », on pourrait aisément le comprendre et le modifier à notre sauce.
Mais quand il s’agit d’applications telles que le traitement de ce que l’optronique détecte, un programme qui contient des centaines de milliers de lignes de code, voire des millions, il faudrait beaucoup de temps et de savoir-faire pour appréhender la totalité des fonctionnalités.
En général, pour ouvrir une application à un client qui désire y ajouter/modifier des fonctionnalités, on lui fournit une interface (API pour les initiés) qui permet de « customiser » l’application sans modifier le code interne de l’application, de plus le client bénéficie de toute la maintenance de l’application, à savoir des corrections de bugs et des évolutions.
Tout ça pour dire que la vraie question est « Est-ce que la DGA ou les industriels sont prêts à ouvrir telle ou telle fonctionnalité du Rafale.
Bonjour,
Concernant l’Inde, il ne fait pas oublier qu’elle possède des armes russo indienne. S’ils veulent intégrer le Brahmos au Rafale en utilisant le code source, il y auras forcément des ingénieurs russes qui vont y jeter un œil.
Les EAU eux ont aussi des armes chinoises. On peut donc se retrouver avec des intérêts incompatibles entre les deux parties. Je croyais que le problème avec les EAU provenait aussi de l’accès au code source.
Je comprends les intérêts divergents, c’est quand même dommage de ne pas pouvoir trouver de compromis.