Mea maxima culpa nous nous étions trompés à son sujet en décembre dernier : il ne cherche nullement à concurrencer l’Airbus Defence A400M Atlas. Bien que le nouveau quadrimoteur turbopropulsé chinois ressemble sous certains aspects à l’avion militaire européen c’est sur les platebandes du Lockheed-Martin C-130J Super Hercules qu’il compter marcher. Avant tout pourtant le Shaanxi Y-15 aura pour mission de rajeunir en profondeur la projection aéroportée chinoise. Et c’est là un sacré chantier !
Actuellement les forces aériennes de la République Populaire de Chine ne possèdent pas des capacités de projection aéroportée aux niveaux des ambitions de Pékin. Avec une soixantaine de Shaanxi Y-8/Y-9 et une quarantaine de Xian Y-7 pour le transport aérien tactique ainsi que près de cent Xian Y-20 et vingt Ilyushin Il-76 Candid de transport stratégique cette force n’est pas en mesure de rivaliser avec les États-Unis, sans doute seulement avec l’Inde.
Surtout ses Y-7 et Y-8 sont directement dérivés d’avions soviétiques, respectivement les Antonov An-26 Curl et An-12 Cub, tandis que le Y-9 est une évolution locale du Y-8. Jusque là l’Y-20 quadriréacteur était le seul produit 100% chinois.
C’est pourquoi ce Shaanxi Y-15 est éminemment important pour Pékin. Il doit permettre aux Chinois d’épouser les standards mondiaux en matière de transport tactique : quatre turbopropulseurs WJ10 de 6800 chevaux chacun, un rayon d’action d’environ 3500 à 4000 kilomètres avec une charge de vingt-huit à trente tonnes ou bien une petite centaine de parachutistes équipés. Vous l’aurez compris l’Y-15 c’est clairement le Super Hercules de l’Empire du Milieu. À cela près que le Super Hercules a toujours surfé sur le succès planétaire de l’Hercules.
L’avion chinois de nouvelle génération doit donc faire ses preuves, et en premier lieu sur le marché intérieur. Pour l’export on verra plus tard, d’autant que la concurrence d’Airbus Defence, d’Embraer, et de Lockheed-Martin est rude. Mais l’avionneur Shaanxi peut croire en sa bonne étoile car le avionneurs russes sont littéralement aux fraises, et ça les acheteurs potentiels le savent. Alors bien sûr il y a là les quelques rares clients du Y-8 bien sûr mais aussi d’autres, de ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas acheter américain, brésilien, ou encore européen. Ceux là devront cependant sans doute attendre encore quelques années avant de voir l’Y-15 arriver sur le marché mondial des avions de transport tactique. Pas avant la décennie prochaine.
Certains disent de lui qu’il n’est qu’une énième évolution chinoise de l’Antonov An-12 Cub de la guerre froide, d’autres qu’il pourrait être le prochain mètre-étalon du transport tactique. Et si finalement il n’était ni l’un ni l’autre et juste une nouvelle offre sur ce segment ô combien concurrentiel ? Une chose est quasi assurée, il représente l’avenir de la projection aéroportée chinoise aux côtés du Xian Y-20.
Affaire à suivre.
Photo © médias chinois
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