FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Airbus A319CJ
Constructeur : Airbus Military Consortium
Désignation : A319CJ
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : A319, A319Neo, A321LR, VC-1A
Mise en service : 2002
Pays d'origine : Europe (coopération)
Catégorie : Avions de transport
Rôle et missions : Avion de transport de hautes personnalités, transport présidentiel.

HISTOIRE

Airbus A319CJ :
Un avion de ligne apprécié des chefs d'état”

Dans le domaine du transport aérien militaire les missions à destination des hautes autorités civiles et militaires ont su prendre une véritable place prépondérante. Et on est actuellement très loin des conforts rudimentaires des Consolidated C-87 et Douglas VC-54 utilisés aux États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. Ce sont aujourd’hui autant des avions luxueusement aménagés que dotés des équipements les plus perfectionnés. Il existe cependant deux types très différents d’avions de ce genre : les classiques jets d’affaire et les avions de ligne modifiés. Dans ce second cas un des plus vendus dans le monde de nos jours est un biréacteur de facture européenne : l’Airbus A319CJ.

C’est au début des années 1990 que le constructeur européen Airbus chercha à diversifier l’offre autour de son avion de ligne biréacteur mono-couloir A320. Il s’agissait alors de proposer aussi bien une version courte qu’une rallongée. Elles prirent toutes deux les désignations respectives d’A319 et d’A321. Extérieurement leur filiation était indéniable. C’est l’A321 qui fut livré en premier aux compagnies aériennes en 1994, suivi deux ans plus tard par l’A319. Désormais le constructeur européen pouvait concurrencer non seulement tous les Boeing 737 alors produits mais également le 757.

En 1997, à peine un an après le début de sa carrière commerciale l’A319 connut une révolution industrielle : il devint le premier avion d’affaire conçu comme tel par Airbus. Le programme ACJ, pour Airbus Corporate Jet avait été lancé. L’idée était de proposer en fait un avion très haut de gamme à destination des plus hautes fortunes de la planète mais également des forces aériennes désireuses de disposer d’un avion porte-étendard pour les déplacement sécurisés de leurs chefs d’états.
Il s’agissait aussi pour Airbus de répondre à Boeing qui venait de lancer son BBJ (pour Boeing Business Jet) basé sur le 737.

Bien que non prévu pour le ravitaillement en vol par un tanker l’Airbus A319CJ se devait s’il voulait vraiment satisfaire aux exigences des militaires disposer d’un confortable rayon d’action.
L’objectif était de pouvoir transporter entre 19 et 50 passagers sur un rayon d’action de 11000 kilomètres. Par comparaison un Airbus A319 commercial était alors aménagé pour 150 à 160 passagers sur des distances allant de 800 à 6000 kilomètres suivant l’utilisation qui en était faite. En fait l’A319CJ conservait les réservoirs de carburant de la version de ligne. mais c’est l’aménagement intérieur qui devait permettre un gain de masse.
Si le premier client de l’avion fut une société civile le deuxième était le ministère français de la défense qui acheta en 1999 un lot de deux avions.

Livrés à l’Armée de l’Air en 2002 ils furent immédiatement affectés au transport du Président de la République Jacques Chirac. Le second Airbus A319CJ était lui destiné à son premier ministre, à cette époque Lionel Jospin. C’est l’Escadron de transport, d’entrainement et de calibration 65 qui mettait ses avions en œuvre, parallèlement à la flotte de jets d’affaire Dassault-Breguet Falcon 50 et Dassault Aviation Falcon 900. Considérés comme de véritables petits Air Force One à la française ces avions disposaient d’une chaîne de communication permettant à Jacques Chirac, puis à son successeur Nicolas Sarkozy, d’assurer leur fonction régalienne même à plus de 30000 pieds du sol. Il s’agissait autant d’avions de transport que de poste de commandement aéroporté.

Pourtant ces deux avions, aussi séduisant furent-ils, n’eurent qu’une carrière assez courte. Ils furent retirés du service en 2010 suite à l’arrivée en unité de l’Airbus A330 beaucoup plus gros. En fait les deux A319CJ avaient subi quelques avaries dont un incendie sur un réacteur sur le second avion alors que ses passagers se trouvaient à bord. Un incident qui avait suffi à l’Élysée et Matignon pour demander leur remplacement.
Mais au moins la publicité avait été faite : l’Airbus A319CJ était connu pour avoir été l’avion présidentiel français. Et ça marqua durablement.

Si bien que d’autres pays emboitèrent le pas. Des exemplaires militaires furent vendus à l’Allemagne, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Brésil, la Bulgarie, la Chine, la Côte d’Ivoire, la Hongrie, l’Italie, le Koweït, la Malaisie, Oman, le Qatar, la Tchéquie, la Turquie, la Russie, le Sénégal, la Slovaquie, la Thaïlande, l’Ukraine, et le Venezuela. Il est évident que tous ces pays n’achetèrent pas des Airbus A319CJ aussi modernes en terme d’équipements que les avions de l’Armée de l’Air.

Arrêtons-nous sur quelques uns cependant. L’Armée de l’Air du Sénégal notamment a racheté un des deux avions français, le second ayant été revendu en Asie à un client privé. Entre temps bien sûr certains équipements classés très sensibles avaient été déposés. Même si le Sénégal est un fidèle allié de la France ce type de système ne devait pas tomber entre les mains d’une nation étrangère.
Au Brésil l’Airbus A319CJ présidentiel est connu comme VC-1A et opère aux côtés de deux Embraer E190 assurant eux les missions à courte distance. Cependant avec l’arrivée en 2019 de Jair Bolsonaro et de sa politique nationaliste l’Airbus VC-1A est devenu un symbole difficilement appréciable. Ce biréacteur vole donc peu, uniquement pour les déplacements que le chef d’état brésilien ne peut pas faire sur d’autres avions.

En Europe les cas allemands et italiens sont intéressants. Car si aucun de ces deux pays ne possède de force de frappe nucléaire le niveau d’aménagement et d’équipement de leurs Airbus A319CJ est proche de celui des avions français. Bien sûr ils ne peuvent pas communiquer avec les sous-marins en grande profondeur mais disposent d’une capacité de commandement aéroporté assez forte.
Par comparaison les avions livrés à la Bulgarie, Hongrie, la Tchéquie, et la Slovaquie sont en fait de simples A319CJ d’affaire. Le cas russe est lui-aussi très intéressant puisque les avions ont été modifiés localement pour assurer des «missions spéciales» au profit des autorités civiles et militaires. Leurs équipement sont jalousement conservés confidentiels, et on le comprend.

S’il n’a pas l’aura d’un Boeing VC-25A américain l’Airbus A319CJ reste cependant un avion très impressionnant et qui en impose sur les tarmacs du monde entier, notamment lors des sommets internationaux. Début 2019 l’avion était toujours proposé à la vente aux forces aériennes mais désormais également aux nouveaux standards A319Neo et A319LR.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Airbus A319CJ, au standard de la Luftwaffe.
Envergure : 35.80 m avec sharklets.
Longueur : 33.84 m
Hauteur : 11.76 m
Motorisation : 2 réacteurs CFM International CFM56-5B/A
Puissance totale : 2 x 9979 kgp. sans post-combustion
Armement : aucun
Charge utile : Jusqu'à 38 passagers.
Poids en charge : 75500 kg
Vitesse max. : 870 km/h à 8000 m
Plafond pratique : 11900 m
Distance max. : 11100 Km à masse maximale.
Equipage : 5
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Airbus A319CJ

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Airbus A319CJ

VIDÉO

Décollage d'un A319CJ de la Luftwaffe.