FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Chengdu JJ-5
Constructeur : Chengdu Aircraft Industry Group
Désignation : JJ-5
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : FT-5
Mise en service : 1967
Pays d'origine : Chine
Catégorie : Avions d'entraînement
Rôle et missions : Avion d'entraînement avancé, entraînement au tir, appui tactique rapproché.

HISTOIRE

Chengdu JJ-5 :
Le jet d'entraînement auquel les Soviétiques ne pensèrent pas”

Jusqu’au début des années 2000 le gros de la production aéronautique chinoise reposait sur des constructions sous licence locale d’avions et d’hélicoptères étrangers. La France et l’Union Soviétique furent parmi les pays les plus souvent sollicités. Dans ce dernier pays c’est l’assemblage local de chasseurs et de bombardiers qui devint très vite une spécialité chinoise, allant même dans certains cas jusqu’au développement de versions spécialement adaptés aux besoins chinois à l’image du Nanchang Q-5 Fantan d’attaque issu du Shenyang J-6 lui-même dérivé du Mikoyan-Gurevich MiG-19 Farmer. Pourtant là où les ingénieurs chinois allèrent le plus loin c’est avec l’avion d’entraînement avancé Chengdu JJ-5.

À l’été 1953 la Chine obtint l’autorisation de produire sous licence locale le chasseur Mikoyan-Gurevich MiG-17A Fresco en tant que Shenyang J-4. Celui-ci fut suivi deux ans et demi plus tard du Shenyang J-5 lui-même issu du chasseur tous temps MiG-17F Fresco-C.
Comme en URSS la Chine dût se résoudre à faire appel au Mikoyan-Gurevich MiG-15UTI Midget, localement connu comme Shenyang JJ-2 pour assurer la formation de ses pilotes sur cette machine. Cependant plus le temps passait plus la situation déplaisait aux généraux chinois.

C’est en 1965 après plus de dix années d’utilisation du Shenyang J-5 qu’ils eurent l’idée de développer leur propre avion d’entraînement. Pour cela il demandèrent à l’avionneur Chengdu du travailler sur le dossier. Ses ingénieurs choisirent une solution pour le moins radicale : mélanger les Shenyang J-5 et JJ-2. La voilure, l’empennage, et le fuselage furent pris sur un J-5A, le réacteur était le même que sur les J-5 de première série, et le poste de pilotage ainsi que la arrière étaient issus du JJ-2. Un prototype fut assemblé.
Autour de son réacteur Wopen WP-5, issu du Klimov VK-1 soviétique lui même dérivé du célèbre Rolls-Royce Nene britannique, l’avion ressemblait bien plus à une version agrandie du JJ-2 qu’à une évolution du J-5. Afin de ne pas l’alourdir sans raison les ingénieurs décidèrent de lui ôter tout armement interne. Sous la désignation JJ-5 il réalisa son premier vol le 8 mai 1966.

Il fallut encore attendre un an et demi avant que les premiers Chengdu JJ-5 de série n’entrent en service dans la force aérienne chinoise. Les premiers furent reçus par une école d’aviation en novembre 1967. Ces avions n’étaient alors, aux regards des standards occidentaux et soviétiques de l’époque, plus réellement modernes. Pourtant ils permirent de rendre bien des services jusqu’à l’entrée en service quelques années plus tard des versions biplaces d’entraînement du Shenyang J-6. Cela ne marqua alors pas la fin de carrière de l’avion. Le JJ-5 allait renaitre de ses cendres en 1972 en se voyant doté d’une nacelle centrale pour un canon de 23 calibre millimètres et d’une capacité d’emport pour 400 kilogrammes de charges d’entraînement sous deux points d’emport de voilure.
Dès lors le Chengdu JJ-5 devint l’avion standard d’entraînement au tir au sein des forces aériennes chinoises. Quelques exemplaires furent même pris en compte par l’aéronavale.

À la même époque les services de renseignement américains et britanniques avaient connaissance de son existence et en avaient transmis des images aux experts de l’alliance Atlantique. Ceux-ci s’arrachèrent les cheveux sur l’avion, sans trop savoir ce qu’il était. Ils prirent donc la décision de ne pas lui octroyer de nom de code, ne sachant pas s’il s’agissait d’un jet d’entraînement ou d’un chasseur biplace. Dans leur logiciel de compréhension il était alors impossible que la Chine ait développé un avion à partir d’une machine soviétique et qui n’existait pas en URSS. Jusqu’à son retrait du service au début des années 1990 le Chengdu JJ-5 ne fut donc pas codé. Ni par la suite d’ailleurs.

Comme c’est souvent le cas en Chine l’avion fut proposé à l’export et fourni à plusieurs clients, souvent fidèles. La version internationale fut désignée Chengdu FT-5.
Elle fut ainsi fournie aux pays suivants : l’Albanie, le Bangladesh, la Corée du Nord, le Pakistan, le Soudan, le Sri Lanka, la Tanzanie, le Vietnam, la Zambie, et le Zimbabwe.
Plusieurs de ces pays ont utilisés leurs FT-5 comme avions d’appui tactique grâce à la nacelle canon et à la petite charge externe. Ce fut surtout le cas du Sri Lanka qui alla même jusqu’à utiliser ses avions pour de la lutte contre la guérilla tamoule.

En 2022 seule la Corée du Nord semble encore utiliser cet avion, à hauteur de 120 à 130 exemplaires. Le Chengdu FT-5 est donc de ce fait son principal avion d’entraînement avancé. C’est aussi désormais une machine totalement obsolète dont la place n’est plus que dans les meetings aériens ou dans les collections de musées aéronautiques.
Pour autant il ne faut pas sous-estimer l’importance de cet avion qui permit en son temps aux ingénieurs chinois de gagner en indépendance vis-à-vis de l’Union Soviétique. Sa production exacte n’est pas connue, elle oscille entre 1000 et 1100 exemplaires.

 

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Chengdu FT-5
Envergure : 9.63 m
Longueur : 11.26 m
Hauteur : 3.80 m
Motorisation : 1 réacteur Wopen WP-5
Puissance totale : 1 x 3380 kgp.
Armement : Possibilité d'emporter un canon de 23mm en nacelle ventrale et 400kg de bombes et roquettes sous voilure.
Charge utile :
Poids en charge : 6070 kg
Vitesse max. : 1050 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 15000 m
Distance max. : 1000 Km avec deux réservoirs externes
Equipage : 2
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Chengdu JJ-5

PROFIL COULEUR

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VIDÉO

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