FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Lioré et Olivier LeO.20
Constructeur : Etablissements Lioré et Olivier
Désignation : LeO.20
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : LeO.201, LeO 208.
Mise en service : 1928
Pays d'origine : France
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier nocturne.

HISTOIRE

Lioré et Olivier LeO.20 :
Un bombardier français typique des années 1930”

L’entre-deux-guerres et ses vingt années de (relative) stabilité entre les grandes puissances permirent aux industries aéronautiques de se développer comme jamais auparavant. Des avionneurs disparurent bien sûr après la paix revenue en novembre 1918 mais beaucoup d’autres se développèrent. Parmi ces dernières figurait Lioré et Olivier qui se spécialisa rapidement dans l’hydraviation. Pourtant c’est aussi pour des bombardiers terrestres qu’il est resté dans l’histoire aéronautique et notamment un rustique modèle biplan multiplace : le LeO.20.

C’est fin 1923 que l’avionneur se lance dans l’étude d’un bombardier bimoteur destiné à l’Aéronautique Militaire Française. Le nouvel avion doit entré dans la catégorie BN3, c’est à dire bombardier nocturne triplace. Son rôle est de remplacer à l’horizon 2025 les Farman F60 Goliath alors en dotation. Pour cela l’ingénieur Marcel Riffard décide de s’inspirer du LeO.7 alors en cours de déploiement dans les unités françaises.
Désigné LeO.12 le nouvel avion est propulsé par deux moteurs à douze cylindres en V Lorraine 12Db d’une puissance unitaire de 400 chevaux. Pourtant rien ne se passe comme prévu car quelques temps après son vol inaugural survenu en juin 1924 l’avion est refusé par l’état-major français qui le trouve trop fragile niveau motorisation. Riffard change alors son fusil d’épaule. Il dépose les moteurs d’origine et les remplace par des Gnome & Rhône à neuf cylindres en étoile d’une puissance cette fois de 420 chevaux. Cette fois l’armement fut monté sous la forme de trois mitrailleuses mobiles Darne de calibre 7.5mm montées pour deux d’entre-elles dans une tourelle avant et pour la dernière dans un poste de tir dorsal.
Ainsi modifié le LeO.12 devient LeO.122 et est essayé par les militaires français. Là encore l’avion ne suscite pas l’intérêt de l’Aéronautique Militaire Française. Chez Lioré et Olivier pourtant on ne s’avoue pas vaincu.

Marcel Riffard et son équipe reprennent dans les ateliers de Clichy (alors dans le département de la Seine) les travaux d’étude d’une nouvelle version désormais désignée LeO.20. La motorisation demeure à peu près la même, articulée autour de deux Gnome & Rhône 9Ady d’une puissance unitaire là encore de 420 chevaux.
L’architecture générale de l’avion en fait un biplan haubané de construction mixte en tubes de métal entoilés et contreplaqué. Il est doté d’un train d’atterrissage classique fixe et d’un poste de pilotage triplace à l’air libre. L’armement du LeO.20 se compose de cinq mitrailleuses de calibre 7.7mm produites au Royaume-Uni par Vickers. Celles-ci prennent place de manière jumelée en poste de tir avant et dorsal et pour la dernière dans un poste de tir installé sous le planché intérieur et permettant le tir sous le bombardier. Une charge offensive d’une tonne est emportée en soute.
C’est dans cette configuration, mais sans les bombes, que l’avion réalise son premier vol en septembre 1926.

Beaucoup plus abouti que le LeO.122 le Lioré et Olivier LeO.20 est immédiatement commandé en série à hauteur de 320 exemplaires par l’Aéronautique Militaire Française qui compte bien en faire son bombardier BN3 de référence. Les premiers exemplaires entrent en service en mai 1928. Quelques semaines plus tard l’état-major parisien demande à l’avionneur d’étudier une version dédiée au transport de troupe et plus particulièrement à l’entraînement des parachutistes.

Cette nouvelle version est désignée LeO.201 et construite à un exemplaire de présérie. En fait il s’agit vulgairement d’un LeO.20 sur lequel la soute à bombe a été remplacé par une cabine permettant l’accueil de dix parachutistes installés sur deux bancs en bois et sautant par une trappe de plancher installée en lieu et place du poste de tir ventral. Seules deux mitrailleuses sont conservés pour sa défense, en position avant. Si les essais en vol démontrent un avion parfaitement satisfaisant les tests avec les troupes aéroportées tournent aux fiasco. Trois soldats meurent d’ailleurs lors d’un saut, suite à des ouvertures intempestives de leurs voiles après sortie de l’avion.
Le programme du LeO.201 est abandonné en 1930. Quatre ans plus tard pourtant il servira à élaborer le programme d’achat des LeO.213.

Ce n’est pas là la seule tentative de donner une suite technologique au Lioré et Olivier LeO.20. La plus ambitieuse est sans nul doute le LeO.203 quadrimoteur, dont une version hydravion sera même développée. Le LeO.20 a donné également naissance à trois LeO.208 dotés de moteurs Gnome & Rhône 14M d’une puissance de 635 chevaux. En outre ces moteurs ont gagné en aérodynamisme grâce à un capotage absent des LeO.20.
Les trois LeO.208 sont alors versés à une escadrille utilisant déjà des version d’origine, sans distinction.

En unité le LeO.20 se révèle rapidement être un avion parfaitement adapté à son rôle. Un des rares déploiement en dehors de l’Hexagone aura été la guerre des Gbayas, où les bombardiers nocturnes triplaces interviennent lors de frappes contre cette rébellion anti-coloniale dans l’actuelle Centrafrique. Les détails de la présence des LeO.20 sont flous mais au moins huit biplans ont fait le chemin entre leur base de Chartres et le territoire Kongo-Wara. Les avions français ont notamment été utilisé pour des frappes aériennes de nuit contre des villages désarmés, habités principalement des familles des combattants.
En métropole pourtant ces avions servent surtout à des manœuvres aériennes.

Lorsqu’en 1934 l’Aéronautique Militaire Française laisse la place à l’Armée de l’Air le Lioré et Olivier LeO.20 est encore le principal bombardier nocturne français. Une partie de la flotte est pourtant alors déployé dans les colonies pour des frappes totalement diurnes. En fait l’avion ne bombarde plus mais il sert d’arme de dissuasion face aux peuples placés sous le joug français. Pourtant à l’époque ce bombardier est en passe de devenir obsolète. Il doit d’ailleurs être remplacé sous peu par le Bloch MB.200 alors en finalisation de développement. Cependant suite à une méprise seule une partie de la flotte des biplans LeO.20 est remplacé par ce nouvel avion plus moderne.

Le reste demeure en service, faut de remplaçant réel. Et en janvier 1937 de BN3 le Lioré et Olivier LeO.20 devient BR3, c’est à dire bombardier de reconnaissance triplace. Sans jamais recevoir le moindre équipement de reconnaissance ni la moindre formation pour les équipages. En fait l’Armée de l’Air n’en veut plus pour les missions de nuit, et le fait savoir de cette manière.
En septembre 1938 le sort du biplan est scellé : les derniers exemplaires seront remplacés par des Amiot Am.143 à peine plus évolués. Et finalement en juin 1939 ils sont retirés du service. Un temps envisagé lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, leur retour en unité ne se fera jamais, seuls quelques LeO.20 rejoignirent alors une école de formation multimoteurs. Ils y ont été ferraillé une fois l’armistice franco-allemand de 1940 signé. Ainsi se terminait la carrière chaotique de ce bombardier.

Le Lioré et Olivier LeO.20 est symptomatique de l’industrie aéronautique et de l’aviation militaire en France dans les années 1930. Très moderne au début de la décennie il était totalement passé de mode à la fin de celle-ci.
Le LeO.20 n’a jamais été exporté. Aucun survivant n’est connu à ce jour.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Lioré et Olivier LeO.20
Envergure : 22.25 m
Longueur : 13.81 m
Hauteur : 4.26 m
Motorisation : 2 moteurs en étoile Gnome & Rhône 9Ady
Puissance totale : 2 x 420 ch.
Armement : Cinq mitrailleuses mobiles de calibre 7.7mm + 1000kg de bombes en soutes.
Charge utile :
Poids en charge : 5460 kg
Vitesse max. : 200 km/h à 850 m
Plafond pratique : 5700 m
Distance max. : 1000 Km à charge maximale.
Equipage : 3
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