FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Lioré et Olivier LeO.453
Constructeur : Etablissements Lioré et Olivier
Désignation : LeO.453
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : LeO.455, LeO.458
Mise en service : 1947
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions de transport
Rôle et missions : Avion de liaisons longues distances, transport d'état-major, recherches et sauvetages en mer.

HISTOIRE

Lioré et Olivier LeO.453 :
Un bricolage typique de l'après-guerre française”

Au soir du 8 mai 1945 l’Allemagne nazie capitule face aux coups de boutoirs des troupes alliées. Américains, Britanniques, et Soviétiques ont vaincu la machine de guerre hitlérienne au prix de bombardements qui ont souvent réduit à néant les outils industriels des pays libérés. C’est notamment vrai en France. Or l’Armée de l’Air a des besoins impérieux de se remettre d’aplomb et les machines livrées au titre de la France Libre ne suffiront pas. C’est pourquoi l’industrie aéronautique hexagonale va se lancer dans une série d’assemblages de vieux avions avec des technologies plus récentes. L’un des exemples les plus parlant fut le bimoteur de transport léger et de recherches-sauvetages en mer Lioré et Olivier LeO.453.

Fin 1945 l’Armée de l’Air venait de commander seize exemplaires du quadrimoteur de transport et de recherches-sauvetages en mer Sud-Est SE.161 Languedoc. Ces avions étaient alors de lointain dérivés du Bloch MB-160 d’avant-guerre. Pourtant les temps d’élaboration de ce nouvel avion privaient les aviateurs français d’appareils disponibles. Une solution fut trouvée par l’Armée de l’Air elle-même : remotoriser et démilitariser d’anciens bombardiers de 1940 disposant encore d’un certain potentiel.

Le choix des ingénieurs et techniciens de la Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est se porta sur le bimoteur Lioré et Olivier LeO.451. Cinquante exemplaires furent immédiatement prélevés et partiellement démontés. Les moteurs Gnome & Rhône 14N d’origine ainsi que la tourelle dorsale du canon furent déposés et la trappe ventrale de la mitrailleuse Darne fut soudée. On aménagea la soute à bombes pour permettre l’accueil de six passagers en version de liaisons et de transport d’état-major ou bien de deux sauveteurs et d’un équipement de survie en mer pour la version de recherche-sauvetage. L’Armée de l’Air qui disposait d’importants stocks de moteurs américains abandonnés par l’US Army Air Force décida d’affecter aux futurs avions des Pratt & Whitney R-1830-67 Twin Wasp à quatorze cylindres en étoile d’un puissance nominale de 1200 chevaux.

Trente-six exemplaires de ce nouveau Lioré et Olivier LeO.453 furent finalement transformés sous deux versions : LeO.453L de liaisons à hauteur de vingt-quatre exemplaires et douze LeO.453S de recherches-sauvetages en mer. Les premiers exemplaires à entrer en service furent dix avions de liaisons en février 1947. Pour le LeO.453S il fallut attendre août de la même année.
Bien qu’assez étroit de cabine et ne disposant pas de beaucoup de lumière naturelle les LeO.453L furent rapidement appréciés des passagers en raison de leur extraordinaire rayon d’action : 3500 kilomètres à une vitesse de croisière de 400 kilomètres par heures. Ces avions pouvaient donc rallier une bonne partie des territoires sous occupation coloniale depuis la métropole.

Au cours de l’année 1948 dix autres bombardiers LeO.451 se virent également transformés, cette fois au standard LeO.458. Par rapport aux LeO.453 ils se différenciaient par des moteurs à quatorze cylindres en étoile Wright R-2600-A5B Twin Cyclone de 1600 chevaux chacun. Ils furent principalement utilisés par l’Armée de l’Air comme machines de recherches et sauvetages en mer avec un rayon d’action accru de 15% par rapport aux LeO.353S.

De 1950 à 1954 la Marine Nationale se fit prêter six Lioré et Olivier LeO.453L qu’elle affecta à l’Escadrille 11S pour des missions de soutien d’état-major auprès de la région maritime de Méditerranée. Ces bimoteurs assuraient principalement des missions entre le sud de la France et l’Algérie ou la Tunisie.
Une fois rétrocédés à l’Armée de l’Air ils demeurèrent en Afrique du Nord servant aux liaisons et au transport postal.

L’année 1955 vit la fin de la courte carrière des Lioré et Olivier LeO.453/LeO.458. L’Armée de l’Air n’avait plus besoin de ces avions pensés dans l’urgence en raison de l’arrivée en service de machines bien plus modernes comme les Breguet Br.763 Provence et Nord N.2501 Noratlas.
Une version civile de cartographie aérienne volait cependant encore sous l’appellation LeO.455 au sein de l’Institut Géographique Nationale. Elle dérivait directement du LeO.453.

On pourrait penser que l’idée d’américaniser des avions de 1940 ne donna naissance qu’au seul Lioré et Olivier LeO.453, et on aurait tort. À la même époque Amiot proposa l’Am.358 de transport rapide construit à un seul exemplaire et utilisé entre 1946 et 1949. Il dérivait du fameux bombardier Amiot Am.354.
De nos jours il ne reste plus aucun de ces avions de transport et de recherches-sauvetages en mer. Ils ont tous été envoyés à la ferraille après leur retrait du service.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Lioré et Olivier LeO.453L
Envergure : 22.50 m
Longueur : 17.17 m
Hauteur : 5.24 m
Motorisation : 2 moteurs en étoile Pratt & Whitney R-1830-67 Twin Wasp
Puissance totale : 2 x 1200 ch.
Armement : aucun
Charge utile : 6 passagers
Poids en charge : 11400 kg
Vitesse max. : 495 km/h à 1850 m
Plafond pratique : 9150 m
Distance max. : 3500 Km à charge maximale
Equipage : 3
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