Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale tous les pays qui avaient été placés sous le joug nazi cherchèrent à retrouver leur niveau industriel d’antan. Et ce fut notamment prégnant en ce qui concerne l’aéronautique. Si en Europe occidentale c’était le cas de la France et des Pays-Bas qui fut le plus marquant, ailleurs sur le continent on peut relever celui de pays comme la Pologne et la Tchécoslovaquie. Dans ce dernier pays certains projets lancés étaient particulièrement ambitieux à l’image de l’hélicoptère monoplace Praga XE-II.
À la fin de l’année 1948 l’ingénieur en chef Jaroslav Slechta proposa au constructeur Praga de lancer le programme LC-2 relatif à un hélicoptère léger triplace destiné aussi bien aux marchés civils que militaire. La Tchécoslovaquie étant alors placé sous le giron soviétique une demande fut formulée auprès de Moscou qui n’y vit aucun inconvénient. Il faut dire que Slechta était connu pour avoir travaillé avant guerre auprès de Breguet en France sur la recherche autour des voilures tournantes.
Cependant le bureau directeur de Praga exigea de l’ingénieur qu’il produise d’abord un prototype monoplace. Lequel reçut la désignation officielle de XE-II.
Slechta avait été marqué par les travaux durant la Seconde Guerre mondiale de l’ingénieur américain Igor Sikorsky autour de son VS-300 particulièrement pionnier en la matière. Il s’en inspira. Pour la motorisation il fit appel au Praga DH, une version spécialement adaptée aux hélicoptères du Praga D à quatre cylindres opposés d’une puissance de 80 chevaux.
Pour le reste son appareil disposait d’un train d’atterrissage tricycle fixe et d’un poste de pilotage à l’air libre, le tout posé sur une structure en tubes d’aciers soudés. Le moteur entraînait un rotor principal bipale et un rotor anticouple lui aussi bipale.
Afin de faire des économies les roues du train avaient été prélevées sur une voiture tandis que le siège du pilote provenait du propre fauteuil de bureau d’études de Jaroslav Slechta.
Entre la définition sur planche à dessiné du Praga XE-II il se passa moins d’un an. Lancés début février 1949 par les designers tchécoslovaques ils débouchèrent le 14 décembre de la même année sur le premier vol de l’hélicoptère expérimental. Un seul pilote était alors capable dans le pays, en dehors de Jaroslav Slechta, d’en prendre les commandes : Frantisek Janca. Il avait appris à piloter des hélicoptères sur un Focke-Achgelis Fa 223 Drache allemand.
Si Janca réalisa le vol inaugural du XE-II le deuxième et le troisième eurent lieu entre les mais de Sletcha. À partir du quatrième le bureau directeur de Praga exigea que seul le pilote d’essais puisse voler dessus. Dépité mais comprenant la situation l’ingénieur en chef se focalisa sur les améliorations à apporter aux XE-II.
Renvoyé en atelier et doté d’un levier de commande cyclique il reçut la désignation de XE-II-B. Celui-ci vola cinq fois sous cette configuration puis retourna chez Praga afin de recevoir une nouvelle tête de rotor et voir son fauteuil… recousu. Il devint alors XE-II-C. Avec l’évolution XE-II-D c’est une coque qui permit de couper le vent et d’installer un pare-brise tandis que sur le XE-II-E les techniciens tchécoslovaques installèrent un nouveau stabilisateur. Avec le XE-II-F l’hélicoptère avait enfin gagné un cockpit totalement fermé tandis que le fuselage en tubes d’acier était recouvert et caréné.
Pourtant durant toute son évolution l’hélicoptère posséda la même immatriculation civile : OK-FYA. Ce qui signifiait bien que fondamentalement il s’agissait de la même machine de bout en bout.
Le 16 mai 1952, au quatre-vingt-deuxième vol d’essais, configuré en XE-II-F, l’hélicoptère expérimental s’écrasa suite à un défaut de transmission. Frantisek Janca fut tué sur le coup et l’appareil totalement détruit.
Le lendemain le programme LC-2 était transféré à l’avionneur Aero qui en tira son HC-2 Heli Baby dont la direction d’études avait été confiée à Jaroslav Slechta.
Nettement moins connu que l’Aero HC-2 Heli Baby le Praga XE-II est pourtant le premier véritable hélicoptère tchécoslovaque. S’il ne reste rien de lui de nos jours sa mémoire reste vive en Tchéquie autant qu’en Slovaquie ; contrairement à ailleurs en Europe.
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