FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Republic RF-84 Thunderflash
Constructeur : Republic Aviation Corporation
Désignation : RF-84
Nom / Surnom : Thunderflash
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1954
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Avions de reconnaissance
Rôle et missions : Avion de reconnaissance tactique.

HISTOIRE

Republic RF-84 Thunderflash :
L'uniformisation de la reconnaissance tactique au sein de l'OTAN”

Durant les premières années de la guerre froide la majorité des pays eut un besoin croissant en moyens de renseignement vis à vis de ce que faisaient les voisins et souvent les ennemis, ou supposés tels. Et bien entendu depuis la Première Guerre mondiale on savait que l’avion était un des principaux moyen de l’acquérir efficacement. Les forces atlantistes, sous l’impulsion des Américains, comprirent bien vite qu’un moyen unique était nécessaire, un avion commun à tous les pays membres de l’OTAN. Et cet avion miracle prit la forme du monoréacteur Republic RF-84 Thunderflash.

Au début des années 1950 l’un des gros soucis en la matière résidait dans le fait que les seuls aéronefs de reconnaissance tactique disponibles à l’ouest étaient des avions issus de la Seconde Guerre mondiale. Naturellement ils étaient propulsés par des moteurs à pistons, donc quasi obsolètes aux regards des évolutions de la chasse soviétique. Il s’agissait alors principalement de North American RF-51D Mustang et Supermarine Spitfire FR.14. Ces deux modèles avaient bien sûr largement démontré leurs capacités durant le conflit mais ils étaient alors totalement inadaptés. Il fallait leur trouver un successeur.

Une première tentative avait bien eut lieu avec le Lockheed RT-33, dérivé du célèbre T-Bird d’entraînement, mais celle-ci s’est vite soldé par un demi-échec et ne fut pas construite à plus de 85 exemplaires. Il en fallait alors bien plus à l’US Air Force et aux aviations militaires de l’OTAN avec en premier lieu l’Armée de l’Air et l’Aeronautica Militare. La Royal Air Force de son côté se désintéressa du programme, privilégiant son Supermarine Swift FR.5 dérivé du chasseur éponyme. D’ailleurs à aucun moment les autorités atlantistes ne s’orientèrent vers l’avion britannique.

Et ce pour une bonne et simple raison : l’US Air Force avait depuis longtemps fait le choix du Republic XRF-84. Cet avion était issu du chasseur F-84F Thunderstreak, considéré alors comme un des meilleurs avions au monde dans sa catégorie. Même North American avec son idée d’adapter le F-86D Sabre Dog se heurta à un mur. Le Pentagone n’avait confiance dans cette affaire qu’en Republic. On apprit à la fin des années 1950 que d’importants dessous-de-tables avaient été versés à quelques généraux américains afin de faciliter l’achat de ces futurs avions de reconnaissance tactique.
Pourtant en fait rien ne les nécessitaient puisque sur le papier comme lors des essais en vol le Republic XRF-84 était une machine hors-pair. Son premier vol intervint au mois d’avril 1952. Il fut commandé en série sous la désignation de Republic RF-84F Thunderflash.

Extérieurement il se présentait comme un monoréacteur monoplace de construction entièrement métallique. Sa propulsion était assurée par un turboréacteur Wright J65-W-3 de 3275kg de poussée. Contrairement aux versions de chasse il disposait d’un nez non tronqué et ses entrées d’air avaient été placées à la jointure de voilure. Six caméras étaient d’ailleurs installées dans ce nez tandis que quatre mitrailleuses Browning M3 de calibre 12.7mm avaient été installés dans les ailes. Pour le reste les avions ne différaient guère des F-84F Thunderstreak.

Assez logiquement l’US Air Force fut la première à voir arriver dans ses rangs les Republic RF-84F Thunderflash à la fin de l’année 1954. Pour autant l’avion ne suscita pas un réel engouement de la part des pilotes américains. Ils y remplacèrent les quelques North American RF-86F Sabre construits à la va-vite durant la guerre de Corée et surtout les Lockheed RF-80 Shooting Stars. Un général américain eut une déclaration lapidaire à propos des nouveaux RF-84F Thunderflash : «toujours plus rapides mais incapables de voler aussi loin que nos vieux F-15». L’officier de l’US Air Force faisait un lien avec le Northrop RF-61 Reporter, retiré du service cinq ans plus tôt et qui disposait d’un extraordinaire rayon d’action pour un avion tactique.

À la différence pourtant de tous les avions existant alors dans le monde le Republic RF-84F Thunderflash emportait une panoplie de focales très différentes. Des caméras K-17 de 152mm, K-22 et K-37 de 305mm, et K-38 de 610mm. La caméra K-37 avait la particularité d’être commandé à distance par servocommande et pouvait fonctionner de jour comme de nuit. Enfin l’avion emportait dans le nez un appareil photographique T-11 de 152mm de focale, pouvant prendre jusqu’à 100 clichés à la minute.

Particularité sur la carrière du RF-84F Thunderflash dans les rangs de l’aviation américaine : elle fut assez chaotique. Il est demeuré en service en première ligne jusqu’en 1962 seulement avant d’être reversé à des unités de l’Air National Guard. Cette dernière fit voler ces avions de reconnaissance jusqu’en septembre 1972, notamment en Alaska et dans le Dakota du sud.
Il est à signaler que plusieurs exemplaires furent d’ailleurs déployés à l’étranger, aussi bien au Vietnam qu’en Europe occidentale.

Après l’annulation en novembre 1955 du programme FICON l’US Air Force se retrouva avec sur le dos les vingt-six Republic GRF-84F. Ces jets auraient dû être largués en plein vol par leur avion-porteur mais désormais ils se retrouvaient sans affectation. Vingt-quatre d’entre-eux furent réaffectés à une unité de reconnaissance américaine sous la désignation de RF-84K. Ils se différenciaient des autres Thunderflash par leur empennage dotés de plans horizontaux au dièdre largement accentué. De ce fait le pilotage de ces avions de reconnaissance était souvent jugé plus difficile lors des phases de décollages. Normal l’avion n’avait jamais été pensé pour décoller tout seul. À la différences RF-84F ils n’emportaient que quatre caméras. Deux K-17 de 152mm de focale, une K-22 de 305mm, et une K-38 de 610mm.
Finalement après quelques accidents, dont deux mortels, ces avions furent interdits de vol en 1961 et pour la plus part envoyés à la ferraille. Mais quatre d’entre-eux eurent la chance d’être sauvés et sont aujourd’hui préservés aux États-Unis.

En fait c’est surtout à l’étranger que l’avion eut une carrière intéressante. Il fut utilisé par dix pays européens de l’OTAN : l’Allemagne de l’Ouest, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, et la Turquie. Par ailleurs d’autres pays plus ou moins alliés des États-Unis en reçurent : l’Iran, Taïwan, la Thaïlande, et la Yougoslavie.

Dans l’Armée de l’Air c’est la 33ème escadre qui mit en œuvre les quatre-vingt-huit exemplaires fournis par les États-Unis. Des avions arrivés en service sous la cocarde tricolore en novembre 1955. Ils furent versés aux escadrons de reconnaissance 1/33 Belfort, 2/33 Savoie, et 3/33 Moselle alors stationnés sur la Base Aérienne 124 de Strasbourg.
Plusieurs d’entre-eux ont été déployés en Algérie afin de prêter assistance aux troupes engagés dans la guerre de décolonisation que la France y menait. Ils réalisèrent notamment des missions de reconnaissance avant et après bombardement. La résistance algérienne ne disposant d’aucun moyen aérien il n’était pas rare que les RF-84F Thunderflash français volent avec les mitrailleuses non alimentés.

À partir du printemps 1963, soit quelques mois seulement après leur retour en France, les pilotes de la 33ème escadre virent arriver les remplaçants de leurs Republic RF-84F Thunderflash. Des biplaces Dassault Mirage IIIB et des monoplaces de reconnaissance tactique Mirage IIIR venaient de faire leur apparition en Alsace. Le 3 juillet 1966 marquait officiellement le retrait du service de l’avion américain dans l’unité de reconnaissance tactique de l’Armée de l’Air.

L’un des principaux fait d’arme du Republic RF-84F Thunderflash eut lieu dans la nuit du 19 au 20 juillet 1974. Quatre avions appartenant à la Turquie survolèrent alors Chypres, prenant des photos de plusieurs sites militaires et filmant plusieurs infrastructures. Ils préparaient en fait l’arrivée quelques heures plus tard des forces terrestres et aéroportées à bord de navires de débarquement et d’avions-cargos Lockheed C-130B Hercules. Il s’agissait des prémices de l’opération Attila qui allait donner naissance à la partition de l’île méditerranéenne.
À aucun moment les quatre jets de reconnaissance ne furent inquiétés, alors même qu’ils volaient particulièrement bas.

Si la très grande majorité des Republic RF-84F Thunderflash fut retirée du service entre la seconde moitié des années 1960 et la première moitié des années 1970 il est bon de souligner l’extraordinaire longévité des avions fournis à la Grèce. Ils ne quittèrent le service qu’en 1991, soit une fois que la guerre froide était terminée ! Ils furent remplacés par des McDonnell RF-4E Phantom II, des avions qui eux-aussi n’étaient alors plus du tout d’une toute première jeunesse.

De nos jours plus aucun des 715 Republic RF-84F Thunderflash et des vingt-six GRF-84/RF-84K n’est en état de vol. Pour autant plusieurs d’entre-eux sont exposés au sein de collections privées ou de musées aéronautiques, principalement aux États-Unis et en Europe occidentale. Ces avions sont jalousement préservés, ils représentent une partie non négligeable de l’histoire contemporaine de l’aviation militaire.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Republic RF-84F Thunderflash
Envergure : 10.29 m
Longueur : 13.85 m
Hauteur : 4.38 m
Motorisation : 1 turboréacteur Wright J65-W-3
Puissance totale : 1 x 3275 kgp.
Armement : Quatre mitrailleuses de calibre 12.7mm.
Charge utile :
Poids en charge : 8765 kg
Vitesse max. : 1075 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 14000 m
Distance max. : 1300 Km en mission diurne.
Equipage : 1
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Republic RF-84 Thunderflash

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Republic RF-84 Thunderflash

VIDÉO

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