Walter Blume est né le 10 janvier 1896 à Hirschberg en Silésie prussienne (aujourd’hui Jelenia Góra en Pologne) dans une famille modeste. Il a suivi une scolarité studieuse mais sans jamais briller. Ses professeurs reconnaissaient en lui une intelligence pratique mais aussi une paresse permanente. Le jeune Blume semblait sans cesse s’ennuyer en classe.
À l’âge de 18 ans, au printemps 1914, il est recruté par une entreprise de machinerie outil comme apprenti ingénieur. Malheureusement pour lui le 28 juillet suivant l’Allemagne entrait en guerre contre les forces de la Triple Entente et leurs alliés. Il est incorporé dans un régiment d’infanterie et blessé à la cuisse dès le mois d’octobre.
Au cours de sa convalescence le soldat Walter Blume se porte volontaire pour la Luftstreïkrafte, l’aviation impériale allemande. Réussissant haut la main les tests d’admission il passe l’année 1915 à se former au pilotage. En mars 1916 il est affecté sur le front de l’ouest sur chasseur monoplace Albatros D.II. Il doit attendre le 10 janvier 1917 pour obtenir sa première victoire aérienne contre un chasseur britannique Bristol F.2B Fighter. Le combat aérien a eu lieu au dessus du village chti de Gouzeaucourt. Le 29 mai de la même année son D.II est descendu et il reçoit un éclat de balle dans la poitrine. Ironie de l’Histoire c’est un F.2B Fighter qui l’a abattu.
Il revient en unité en novembre 1917 et vole désormais sur Albatros D.III. Blume est un excellent pilote, les notes de ses commandants en attestent. En mars 1918 il est transformé sur un nouveau modèle de chasseur : le Fokker D.VII. Et clairement celui-ci semble taillé pour lui. Quand la Grande Guerre prend fin le 11 novembre 1918 il est officiellement crédité de 28 victoires aériennes, faisant de lui un as incontestable. Parmi les avions descendus il compte six SPAD S.XIII français qu’il considérait comme le meilleur chasseur ennemi.
Il est démobilisé en février 1919 et rendu à la vie civile.
L’expérience de son Albatros D.II abattu en mai 1917 lui donne la certitude qu’il faut renforcer la sécurité sur les avions de son époque. Walter Blume reprend donc ses études d’ingénieurs. Diplômé en 1922 il entre chez Hannover qui a reçut l’autorisation de poursuivre sa construction aéronautique à condition de se limiter aux machines civiles. Blume participe notamment à la conception du planeur Vampyr. Quatre ans plus tard l’avionneur Albatros le recrute et le nomme ingénieur en chef. L’ancien as a 30 ans et déjà une solide expérience.
Dans le plus grand secret, loin des yeux et des oreilles des inspecteurs britanniques et français, il conçoit des avions militaires. La règle d’or est la clandestinité. Deux de ses premières réalisations construites en série sont des avions d’entraînement : le L68 Alauda et le L75 Ass assemblés à respectivement 18 et 43 exemplaires. En janvier 1932 il est débauché par Arado qui lui confie un bureau d’étude ultra-secret : la conception de chasseurs. Le traité de Versailles l’interdit toujours.
Sa première conception pour l’avionneur n’est cependant pas concluante. Le chasseur biplace Ar 67 demeure à l’état de prototype. Walter Blume se rattrape avec le monoplace biplan Ar 68 construit à plus de 500 exemplaires. Cet avion symbolise le réarmement allemand voulu par le chancelier Adolf Hitler. Par la suite ses principales conceptions produites en série sont les Arado Ar 76 et Ar 96 d’entraînement, l’hydravion de reconnaissance Ar 196, l’avion de transport tactique Ar 232, et surtout le bombardier Ar 234 premier du genre au monde propulsé par deux réacteurs.
Capturé par les Soviétiques en 1945 il réussit pourtant à revenir en Allemagne quatre ans plus tard. On ne sait rien de sa période de détention en URSS, si ce n’est qu’il a œuvré pour deux bureaux d’études.

En 1952 il fonde son propre bureau d’études à Duisbourg en Allemagne de l’Ouest. Il y développe le prototype d’avion d’entraînement Blume Bl.500 et deux exemplaires de présérie Bl.502. Malheureusement son monomoteur ne trouve pas son marché et sa société, au bord de la faillite est rachetée par Hamburger Flugzeugbau. En 1960 Walter Blume est chargé de travailler sur les aspects sécuritaires du programme franco-allemand Transall C.160. Il œuvre d’arrache-pied, non pas par conviction européenne mais parce qu’il sait que l’industrie allemande a besoin de ses partenaires pour exister. Surmené il fait un infarctus à sa table de travail le 27 mai 1964 et meurt quelques heures plus tard à l’hôpital. Il avait 68 ans. Le prototype du Transall vola l’année suivante.
Walter Blume a été inhumé au cimetière de Celle. À ses obsèques étaient présents notamment les ingénieurs Claudius Dornier, Richard Vogt, et Willy Messerschmitt.
Si Blume fut largement décoré en 14/18 il refusa tous honneurs de la part des nazis.
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