Cette fois-ci ça y est, on y est. Le gouvernement belge vient enfin de révéler la liste des cinq avions en compétition pour succéder aux General Dynamics F-16 Fighting Falcon en dotation au sein de la Composante Air. Celle-ci n’a créé aucune forme de surprise tant les machines présentes dessus semblent évidentes. Assez naturellement aucun avion russe n’y figure, les relations diplomatiques entre le royaume et la fédération étant notoirement assez tendues depuis plusieurs mois.

Ces cinq avions sont donc exclusivement américains et européens. Deux en provenance des États-Unis, le Boeing F/A-18E & F Super Hornet et le Lockheed-Martin F-35A Lightning II, et trois issus du vieux continent : le Dassault Aviation Rafale français, l’Eurofighter EF-2000 Typhoon européen, et le Saab JAS 39E & F Gripen suédois. Cinq avions au profil parfois très différents, mais cinq chances pour les Belges de demeurer au top niveau des aviations de combat où ils sont depuis des années.

Mais la tâche du futur avion sélectionné ne sera pas simple. En effet les General Dynamics F-16MLU Fighting Falcon jouissent en Belgique d’une excellente réputation, en partie fondée sur plus de trente années de bons et loyaux services. Des missions de défense aérienne durant les années de guerre froide aux opérations d’attaque au sol et d’appui aérien au-dessus de l’Afghanistan ou plus récemment de l’Irak les F-16MLU belges savent tout faire. Mais comme souvent avec les avions datant des années 1970, ils s’usent.

Alors certes le Rafale français et l’Eurofighter européen sont présents mais ces avions ne sont certainement pas les favoris du programme. En effet, aux vues de la taille finalement réduite du territoire belge un biréacteur semble surdimensionné. Ce qui pourrait aussi sonner le glas du Super Hornet. De ce fait il ne semble bien rester que deux avions réellement taillés pour succéder aux F-16MLU : le Lightning II et le Gripen.

Avec une enveloppe de près de 3.6 milliards d’euros pour trente quatre avions le programme est plus que confortable. Réponse d’ici au début de l’année prochaine pour une commande dans les semaines qui suivront et une première livraison à l’horizon 2024. D’ici là les F-16MLU continueront de survoler les Flandres et la Wallonie, et de temps en temps aussi notre territoire.

Photo © Composante Air.

16 COMMENTAIRES

  1. Les fréquentes interventions et opérations extérieures menées avec l’OTAN et en coalition, avec des élongations importantes, militent pour un bi-réacteur (Même si le F16, mono-réacteur, a fait l’affaire jusqu’ici).
    La capacité nucléaire (double clef, B61) donne un net avantage au F35 (je vois mal les USA permettre l’intégration de la B61 nucléaire sur un appareil non-US). Les néerlandais ont fait leur choix en faveur du F35.
    À moins d’un changement de posture importante dans la vision stratégique belge, Il y a peu de chances que le choix se porte sur un autre chasseur que le F35.

  2. Personnellement je serais pour le Gripen E/F.
    Mais je nous vois bien parti pour le F35, qui pour moi est un engin qui est en développement depuis plus de 20 ans (1994?), et qui n’est pas prêt d’être au point. Sans oublier qu’il s’agit d’un gouffre financier, un des programmes militaires les plus couteux qu’il soit. N’oublions pas que nous serons entièrement dépendant des américains.

  3. Plus de 13 tonnes à vide, un réacteur Pratt & Whitney F135 de 190 kN de poussée, le F-35 est un très gros monomoteur. Le Rafale bien que biréacteur est un poids plume comparativement. L’achat d’un avion de combat est plus une décision politique que technique donc le F-35 est favori.

  4. La capacité de larguer la bombe A à été fortement réduite dans les futurs tests comparatifs. Comme d’habitude, les miltaires choisiront le meilleur avions et les politiques paieront le plus économique. Le plus important reste que l’opposition F35/Rafale/Eurofighter va connaître un nouveau match.

  5. Le F18, Eurofighter Typhoon ou Rafale semblent en effet sur-dimensionnés pour le territoire belge à première vue, mais peut être pas tant que ça. La Suisse possède bien des hornet alors qu’elle est bien plus isolationniste que la Belgique qui intervient dans le monde aux côtés de ses alliés.

  6. Une question que je pose souvent à propos de ces marchés d’Etat : Le choix du type d’avion est il exclusif ?

    Autrement dit ; la Belgique (puisque c’est de la Belgique que nous parlons mais ça reste un exemple ) est elle obligée de choisir un seul type d’avion ?
    Ne peut-elle pas par exemple partir sur le Gripen en choix principale et 5 – 6 Rafales ?

    Je sais qu’en fonction du nombre d’avions que l’on achète on a des « réductions », mais contractuellement ?
    Ou cela dépend de l’appel d’offre ?

    • Plus la flotte est différente, plus la logistique est difficile.
      La preuve, le France fait le choix du tout RAFALE.
      Choisir 2 types d’avions ne serait pas judicieux pour la Belgique.

    • Ils pourraient évidemment mais le mieux est de rationaliser le matériel. Cela coute moins cher sur le long terme. Que ce soit en maintenance, réparation ou en formation des pilotes et mécano qui auront à se former sur une seule machine et pas 2.

  7. Ne pas oublier que par chez nous en Belgique, les compensations économiques sont aussi un critère important. Avec la venue du F16, la FN (Fabrique Nationale de Herstal, spécialisée dans l’armement civile, chasse, et militaire) a pu créer la société FN Moteur qui assemblait et/ou faisait la maintenance du réacteur F101 ou F110, je ne sais plus trop. Depuis cette société est devenue Tech Aerospace.
    Mercédes à raté le marché de remplacement de véhicules tout terrain au profit de Bombardier sur le terrain des compensations économiques. A ce que j’ai entendu d’amis militaires de carrière ou d’amis qui ont fait leur service militaire, ce véhicule n’était pas le meilleur choix par rapport au Class G de Mercédes.

    • Exact Alain, le contrat F-16, c’était le contrat du siècle pour la Belgique ! Je travaille chez Techspace Aero (et non pas Tech Aerospace) maintenant Safran Aero Boosters. On produit toujours des pièces de F-110 mais la maintenance des moteurs n’est plus faite chez nous.

      C’est vrai que les compensations industrielles du contrat F-16 ont permis un développement important de l’entreprise filiale du groupe Safran maintenant…. qui conçoit et produit les moteurs M-88 du Rafale !
      Dans le cadre de l négociation des Offsets industriels pour un contrat Rafale ca pourrait faciliter bien des choses. Pourquoi pas une chaine d’assemblage ou de maintenance de M-88 près de Liège ou la production de certaines pièces ici ?

  8. Le seul avantage pour le rafale est une évaluation contre le f 35 à l’instant T ; car nous savons tous qu’il n’a aucune chance pour remporter l’appel d’offre.

    • Ça a été fait au Pays-Bas, il y avait un écart d’un ou deux centième de point entre les deux appareils. Bon, c’était en 2004…. Depuis, le Rafale au standard F3R a du grappiller des centièmes….
      Cela étant posé, la double-clef nucléaire Belgique / USA va favoriser le F35, de toute manière. Je ne vois pas la Belgique réviser sa position à court moyen terme sur cette question, alors qu’elle avait semblé, en posant le débat – rapide – du maintien d’une force aérienne, éluder la question.
      Cette question nucléaire me paraît avoir une importance certaine, même si elle demeurait peu évoquée.

    • Bonjour,
      Effectivement analyse intéressante. Au moins cela ménage un semblant de suspense contrairement à la Pologne ou l’on crache haut et fort sur l’industrie européenne.
      Néanmoins j’ai du mal à croire à la moindre chance pour un appareil européen .
      Sachant le lobbying intense de LM et le poids du gouvernement US ( et les menaces de Trump concernant l’OTAN ) il y a vraiment peu de chance.
      C’est dommage car j’ai crue lirque Dassault était prêt à de belles concessions pour l’industrie Belge et je pense qu’il en aurait été de même pour Saab.
      Encore une occasion de gâchée jusqu’au moment ou l’on s’en mordra les doigts.

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