Depuis octobre 2010 et l’éruption de l’Eyjafjallajökull on sait bien que l’aviation commerciale contemporaine et les volcans font mauvais ménage. C’est désormais vers l’île indonésienne de Bali que les regards du monde entier se tournent et surtout son mont Agung dont l’entrée en éruption ne semble plus être qu’une question d’heures. L’espace aérien autour du volcan a d’ailleurs été totalement fermé, hormis quelques vols de reconnaissance réalisés par des avions militaires.

En fait les responsables de l’aviation civile internationale sont particulièrement attentifs au panache de fumée d’environ trois kilomètres et demi qui s’élève du sommet de ce volcan de 3031 mètres de haut. Épaisse et très toxique celle-ci empêche toute activité aérienne au plus près de la montagne, notamment pour les avions à réaction et les hélicoptères particulièrement sensibles aux dégagements volcaniques.

Le premier aéronef à avoir réalisé un vol de reconnaissance est un petit bimoteur à turbopropulsion GAF N-24A Nomad appartenant à l’aéronavale indonésienne et basé non loin du mont Agung. C’est d’ailleurs grâce à lui que le monde a découvert les premiers clichés du cratère empli de fumées.

Par la suite il a été décidé de confier cette mission prioritaire à des machines plus évoluées que cet avion actuellement en cours de retrait dans les rangs indonésiens. C’est donc un avion de transport Casa CN-235M appartenant à la force aérienne qui est désormais chargé des survols des environs du volcan. Cependant pour des raisons évidentes de sécurité le bimoteur à turbopropulsion n’a pas le droit de s’approcher à plus de trois kilomètres du panache de fumées.

Dans le même temps plusieurs milliers d’Indonésiens et de touristes étrangers sont confinés à domiciles, dans leurs hôtels, et dans les aérogares en raison de la suspension (temporaire) des vols commerciaux dans la zone autour du mont Agung. Les autorités indonésiennes ont commencé leur évacuation par la route mais cela prend énormément de temps.
Elles ont encore en mémoire les 1600 morts de l’éruption survenue il y a 54 ans.

Désormais c’est aussi le ciel que les responsables de l’aviation civile indonésienne scrutent. En effet le sens des vents influencera la direction que prendront les fumées très toxiques une fois l’éruption commencée.

Photo © Wikimédia commons.

3 COMMENTAIRES

    • Ce ne sont pas les fumées mais les nuages de cendres que craignent les avions. Les particules de cendre s’introduisent dans les réacteurs, fondent sous l’effet de la chaleur produite par le réacteur et quand elles refroidissent s’agglomèrent et peuvent boucher le réacteur. En 1982 un 747 de British Airways qui survolait un autre volcan indonésien en éruption avait vu ses quatre moteurs s’éteindre. Le Boeing a plané et les moteurs se sont finalement rallumés.

  1. « n’a pas le droit de s’approcher à plus de trois kilomètres du panache de fumées »

    Le terme « A MOINS de 3 kilomètres » aurait été plus adapté 😉

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