Martin B-26 Marauder

Fiche d'identité

Appareil : Martin B-26 Marauder
Constructeur : Glenn L. Martin Company
Désignation : B-26
Nom / Surnom : Marauder
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1939
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier moyen

Sommaire

“ le bombardier de tous les fronts ”

Histoire de l'appareil

L’histoire du B-26, qui se nommait encore Model 179 pour le constructeur, commença lorsque les équipes de la Glenn L. Martin Company se penchèrent sur la réalisation d’un bombardier bimoteur moyen afin de répondre à une demande de l’USAAC. Celle-ci cherchait alors à renouveler sa flotte de bombardiers moyens avec un appareil moderne et rapide. La société Glenn L. Martin Company connaissait quelques réussites par le passé, comme le Martin B-10 acquis par l’USAAC et exporté à l’étranger, et comptait bien refaire un coup avec son nouveau bombardier.

La compétition lancée par l’USAAC vit notamment s’affronter la Glenn L. Martin Company et North American Aviation. Cette dernière proposait son propre bombardier moyen, le futur B-25 Mitchell. Les deux projets furent finalement retenus et développés parallèlement, donnant naissance à deux des principaux bombardiers moyens américains de la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi, ce bombardier prit la forme d’un avion bimoteur à ailes hautes. Son fuselage cylindrique permettait l’aménagement de deux soutes à bombes l’une derrière l’autre. Il était de conception entièrement métallique. Il fut également décidé, lors de sa conception, de munir cet appareil d’un train d’atterrissage tricycle, encore relativement moderne à cette époque. Pour sa motorisation furent retenus deux Pratt & Whitney R-2800 Double Wasp en étoile. Sur les premiers exemplaires, les R-2800-5 développaient chacun environ 1 850 chevaux.

La défense contre les chasseurs ennemis se matérialisait par la présence d’un armement défensif conséquent. Les premiers appareils recevaient notamment des mitrailleuses Browning de 12,7 mm installées dans des tourelles et des postes de tir répartis dans le nez, les flancs et la partie arrière du fuselage. Au cours de la guerre, l’armement défensif fut considérablement renforcé, certaines versions emportant jusqu’à douze mitrailleuses de 12,7 mm.
Sa conception moderne et ses performances séduisirent les autorités de l’USAAC. Le Model 179 fut déclaré vainqueur aux côtés du projet de North American et reçut la désignation B-26. Les premières commandes allaient pouvoir être passées.

Le début de carrière fut difficile lorsque le Marauder fut rapidement marquée par de nombreux accidents, notamment lors des phases de décollage et d’atterrissage. Le Marauder possédait en effet une charge alaire particulièrement élevée pour son époque, ce qui lui procurait de bonnes performances en vol mais imposait des vitesses de décollage et d’approche supérieures à celles auxquelles de nombreux pilotes étaient habitués. Cette caractéristique contribua à lui donner rapidement le surnom peu flatteur de « Widow Maker », ou « faiseur de veuves ».

Pour résoudre tant soit peu ses défauts, la voilure fut agrandie et la dérive modifiée, donnant aux versions ultérieures une silhouette légèrement différente du premier B-26. Ces évolutions, associées à une meilleure formation des équipages, permirent progressivement de résoudre une grande partie des problèmes rencontrés au début de sa carrière. Le Marauder conserva néanmoins la réputation d’être un appareil exigeant à piloter.

La production du Marauder connut de nombreuses évolutions. Le B-26A constitua une première amélioration du modèle initial, notamment au niveau de l’équipement et de l’armement. Il fut également la base du Marauder Mk I employé par la Royal Air Force. Le B-26B devint la principale version de production. Son armement défensif fut progressivement renforcé et les modifications apportées à la voilure améliorèrent sensiblement les qualités de vol de l’appareil. Cette version fut équipée de moteurs R-2800- 43 de 1 900 ch. La version B-26C, produite dans l’usine Martin d’Omaha, était essentiellement une version de production du B-26B. Les B-26F et B-26G, apparus à la fin de la production, bénéficièrent de nouvelles améliorations destinées notamment à faciliter les opérations de décollage et d’atterrissage. La cellule du B-26 fut également utilisé par les ingénieurs de Martin comme banc d’essai au sol et en vol d’un train d’atterrissage monotrace rétractable. C’est l’histoire du Martin XB-26H.

Le premier théâtre d’opérations du B-26 fut le Pacifique. Il y fut déployé depuis l’Australie au printemps 1942, quelques mois après l’attaque japonaise sur Pearl Harbor. Depuis les bases australiennes, les équipages américains s’en prirent notamment aux positions japonaises de Rabaul, importante base et véritable cadenas stratégique du Pacifique Sud-Ouest. Le Marauder s’illustra également lors de la fameuse bataille de Midway, en juin 1942. Le 4 juin, plusieurs B-26 basés sur l’atoll furent engagés contre les porte-avions japonais. Certains furent équipés de torpilles afin de tenter de mener des attaques à très basse altitude. Ces opérations ne connurent toutefois pas le succès escompté et démontrèrent les limites du Marauder dans ce rôle. Après Midway, le B-25 Mitchell se révéla davantage adapté à plusieurs des missions conduites dans le Pacifique. Les états-majors américains privilégièrent progressivement ce dernier sur ce théâtre, tandis que le Marauder allait connaître une carrière beaucoup plus importante sur les théâtres européen et méditerranéen.

Le B-26 fut engagé massivement sur les théâtres d’opérations européen et méditerranéen. Il participa notamment au débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, avant d’être employé dans les campagnes de Tunisie, de Sicile puis d’Italie. Lors de ses premières opérations méditerranéennes, le Marauder fut fréquemment employé à moyenne et basse altitude. Il s’exposa alors aux tirs de la Flak allemande, ce qui entraîna des pertes importantes. L’expérience acquise par les équipages et l’évolution des tactiques permirent cependant d’améliorer progressivement son efficacité et de réduire ses pertes. En Europe, les premiers B-26 américains furent initialement engagés par la 8th Air Force depuis la Grande-Bretagne. À partir d’octobre 1943, les unités de Marauder furent transférées à la 9th Air Force, chargée des opérations aériennes tactiques américaines sur le théâtre européen.

Le B-26 allait alors jouer un rôle majeur dans la préparation du débarquement de Normandie. Les bombardiers s’en prirent notamment aux nœuds ferroviaires, aux ponts, aux aérodromes, aux dépôts de carburant et aux autres infrastructures nécessaires aux forces allemandes. Lors du débarquement de Normandie, puis durant les opérations qui suivirent, les Marauder continuèrent leurs missions d’appui aux troupes terrestres. Ils attaquèrent notamment les concentrations de troupes, les voies de communication et les aérodromes allemands. Les équipages opéraient désormais selon des tactiques mieux adaptées aux caractéristiques du bombardier et bénéficiaient d’une couverture plus efficace de la chasse alliée.

Le Marauder ne fut pas uniquement utilisé par les forces américaines. Une partie de la production fut destinée aux Alliés dans le cadre notamment de la politique américaine de prêt-bail. La Royal Air Force employa plusieurs versions du Marauder, principalement en Afrique du Nord et en Méditerranée. Désignés Marauder Mk I, Mk IA, Mk II et Mk III selon leurs versions d’origine, les appareils britanniques furent notamment utilisés pour des missions de reconnaissance, de bombardement et de lutte contre la navigation. Le type fut également employé par les forces aériennes sud-africaines, australiennes, canadiennes.

Les forces aériennes françaises furent également rééquipées avec des B-26 Marauder dans le cadre du réarmement de l’Armée de l’Air française aux côtés des Alliés. Plusieurs groupes de bombardement français reçurent l’appareil à partir de 1943. Ces appareils sous les couleurs françaises participèrent aux opérations alliées en Méditerranée, puis à la libération de la France. Les Marauder français furent notamment engagés lors de l’opération Dragoon, le débarquement de Provence en août 1944, avant de poursuivre les opérations aux côtés des forces alliées jusqu’à la fin de la guerre en Europe.

C’est le cas du GB I/19 « Gascogne » qui lâcha ses Douglas DB-7 pour le bombardier de Martin qu’il l’utilisa au combat jusqu’à la fin de la guerre avant que le groupe ne soit dissout puis récrée en Indochine pour voler sur Douglas A-26 Invader ! Le GB II/20 « Bretagne » fut également transformée sur type en se séparant de ses Bristol Blenheim. Ses pilotes connurent également les combats au-dessus de l’hexagone avant que le groupe ne soit converti après-guerre en Groupe de Transport II/20, puis GT I/63 Bretagne, et passe sur Amiot AAC-1 Toucan. Mais ce fut également le cas des groupes : GB I/22 « Maroc », GB I/32 « Bourgogne », GB II/52 « Franche-Comté » et GB II/63 « Sénégal ».

La production du Martin B-26 Marauder s’acheva en mars 1945 après la construction de plus de 5 200 exemplaires. Après la guerre, l’appareil fut rapidement retiré du service par les forces américaines et alliés. Néanmoins, le nom B-26 allait toutefois continuer à désigner un bombardier américain. En 1948, cette désignation fut réattribuée au Douglas A-26 Invader, un appareil totalement différent. Cette décision est à l’origine d’une confusion encore fréquente entre les deux bombardiers, pourtant conçus par deux constructeurs différents.


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Photos du Martin B-26 Marauder

Caractéristiques techniques

Modèle : Martin B-26B Marauder
Envergure : 19.81 m
Longueur : 17.75 m
Hauteur : 6.05 m
Surface alaire : N.C.
Motorisation : 2 moteurs Pratt & Whitney R-2800-41 en étoile
Puissance totale : 2 x 2000 ch.
Armement : 6 mitrailleuses Browning 12,7 mm<br>1360 kg de bombes en soute
Charge utile : -
Poids en charge : 17328 kg
Vitesse max. : 510 km/h à 4420 m
Plafond pratique : 7200 m
Distance max. : 1850 Km
Equipage : 7
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Profil couleur

Profil couleur du Martin B-26 Marauder

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Martin B-26 Marauder
Fiche éditée par
Image de Loïc
Loïc
Passionné d’aéronautique et d’histoire depuis toujours, je m’intéresse aussi bien aux grandes machines qu’aux appareils plus méconnus qui ont parfois laissé une empreinte discrète dans l’histoire. Maquettiste amateur, je prends autant de plaisir à construire un avion qu’à rechercher son histoire, ses variantes, ses marquages et les anecdotes qui l’entourent.
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Vidéo du Martin B-26 Marauder

B-26 en action dans le Pacifique