La tension est à nouveau montée d’un cran dans l’ex-province ukrainienne de Crimée, annexée à la Russie suite à un parangon de démocratie en mars 2014. Ce jeudi 2 février 2017 en après-midi un avion de transport tactique An-26 Curl appartenant à l’aéronavale ukrainienne a été pris pour cible par des tirs d’armes automatiques depuis une ancienne plateforme de forage gazier désormais utilisée par les milices armées pro-russes pour établir leur mainmise sur la Mer Noire. Fort heureusement les dégâts sont minimes sur le biturbopropulseur et aucun blessé n’est à déplorer parmi l’équipage.

Rapidement les médias russes (et pro-russes) se sont empressés de parler non pas d’un avion cargo mais d’un appareil d’espionnage aéroporté voire même de lutte anti-sous-marine. À titre très personnel je n’ai jamais entendu dire qu’un tel avion pouvait emporter et tirer torpilles et charges de profondeurs.

Car ne l’oublions pas l’Antonov An-26 est avant tout un avion de transport militaire. Certes quelques exemplaires ont bien dus être modifiés pour la reconnaissance durant la guerre froide mais ces transformations sont forcément marginales.

Si les dégâts sont faibles sur la structure de l’avion, à peine une demi-douzaine d’impacts relevés sur le fuselage, il n’empêche que la méthode à de quoi choquer. Ou au moins surprendre. De quel droit ces miliciens pro-russes se permettent-ils de tirer ainsi sur un avion désarmé d’une nation souveraine ? Il faut savoir qu’il y a quelques jours les autorités locales ont inauguré, en grandes pompes, un oléoduc reliant la presqu’île au territoire continental russe et permettant l’acheminement d’hydrocarbures. À coup sûr les milices pro-russes n’ont pas vu d’un très bon œil le survol de leur ancienne plateforme par cet avion ukrainien.

En fait ces groupes terroristes agissent dans un total mépris des règles internationales. Depuis quelques jours des échauffourées ont éclaté à la «frontière» entre la Crimée et l’Ukraine. Des miliciens pro-russes ont tiré sur des gardes-frontières ukrainiens qui ont forcément riposté. Il y a eu durant ces accrochages plusieurs morts. Une situation suffisamment alarmante pour que de concert l’Union Européenne et la toute nouvelle administration américaine de Donald Trump appellent Russes et Ukrainiens à la plus grande retenue.
Aux vues des tirs contre cet avion (désarmé rappelons-le) les miliciens ne semblent pas avoir compris le message diplomatique.

Alors allons-nous vers une nouvelle escalade entre Moscou et Kiev au sujet de ce territoire ultra-stratégique qu’est la Crimée ? Rien n’est moins sûr. Il restera à élucider la question de savoir d’où les ordres de tirer sur l’avion ukrainien ont émanées ? La clef du problème est peut-être là.

Photo © OTAN

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3 COMMENTAIRES

  1. Il faut être un peu c.. (ou ukrainien(?)) pour faire voler un simple appareil de transport dans ces conditions, près d’une zone que l’on sait risquée ….

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