C’est une nouvelle étape importante pour l’aile volante sans pilote de Lockheed-Martin. On a appris ce weekend que l’avionneur américain, soutenu par le Pentagone et la DARPA*, venait de lancer les premiers essais en vol du drone de reconnaissance furtif Fury. Ce monomoteur à hélice propulsive demeure un des programmes de défense les mieux protégés des États-Unis, et pour cause.

Un peu d’histoire des avions furtifs pour commencer et mieux comprendre pourquoi un drone furtif avec une hélice ça n’a rien d’une impossibilité. C’est même plutôt un juste retour aux sources, les premiers avions (pilotés ceux-là) conçus pour être le moins visible aux radars étaient en fait des monomoteurs à moteurs à pistons. Ce fut notamment le cas du très méconnu Windecker YE-5A qui tenait plus de l’avion de tourisme que du prototype ultramoderne ou encore du Lockheed YO-3 Quiet Star d’observation du champ de bataille testé en condition réelle au-dessus du Vietnam… quatorze ans avant l’entrée en service opérationnel du Lockheed F-117 Nighthawk.

Mais à la différence du Lockheed-Martin Fury ces deux monomoteurs possédaient des hélices tractives classiques et n’avaient pas une architecture de type aile volante.
Alors disons le tout de suite le Fury ne sera pas un drone de combat mais bel et bien un appareil de reconnaissance destiné prioritairement à l’US Navy et éventuellement à l‘US Army et l’US Marines Corps. Il ne possède pas de train d’atterrissage comme un General Atomics MQ-9 Reaper, et est en fait catapulté comme le Sagem Sperwer. Mais la comparaison avec le drone français s’arrête là.

Car le Fury a été construit pour voler longtemps sans aucun risque d’être détecté par une force ennemie. Il devra à terme permettre aux amiraux américains de planifier des opérations aussi bien navales, qu’aéronavales, voire même des missions amphibies. Pour cela son autonomie en mission est annoncée entre douze et quinze heures.

On ignore encore la désignation future de cette machine mais il est désormais quasiment assuré qu’elle sera commandée en série par le Pentagone. Son entrée en service opérationnel est prévue pour 2020 au plus tard.
Comme tous les programmes des Skunk Works et de la DARPA celui du Fury fait l’objet de la plus grande discrétion, c’est pourquoi il nous est impossible d’en savoir plus à l’heure actuelle sans risquer de tomber dans la fake news. Ce que nous avons toujours refusé !

*Defense Advanced Research Projects Agency, c’est à dire en français l’agence de recherche pour les projets de défense de nouvelle génération.

Illustration © Lockheed-Martin.

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3 COMMENTAIRES

  1. Ce fury me fait furyeusement penser à l’aile volante Horten 229 conçue par les nazis à la fin de la seconde guerre mondiale pour être capable de transporter 1 000 kg de bombes sur 1 000 km à la vitesse de 1 000 km/h afin d’aller frapper l’Angleterre.
    Il avait cette capacité furtive mais personne n’est capable de dire si justement les allemands en étaient conscients…

    • Il me semble que, à la base, les ailes volantes ont été conçues afin de limiter la traînée due aux empennages. Ce n’est qu’en 1947 il me semble que les américains se sont aperçus de la capacité furtive du YB 49 et encore, par accident !!!

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