L’idée peut surprendre quand on sait que ni le Boeing B-52H Stratofortress, ni le Rockwell B-1B Lancer, et encore moins le Northrop B-2A Spirit n’ont été vendu en dehors des États-Unis. Pourtant le Northrop Grumman B-21A Raider a bel et bien été proposé à l’export à la Royal Australian Air Force. Celle que certains présentent comme une mini US Air Force du Pacifique retrouverait ainsi une capacité de bombardement perdue depuis 2010. Pour l’administration Trump il s’agirait surtout de faire patienter les Australiens autour du programme des sous-marins AUKUS.
On parle ici d’un marché potentiel de dix à douze avions, dont les premiers exemplaires pourraient être livrés à la Royal Australian Air Force aux alentours du second semestre 2029. À condition bien sûr que le contrat soit rapidement signé et que les autorités fédérales américaines ne s’y opposent pas. Mais comme c’est l’administration Trump qui se cache derrière ces «négociations» il y a peu de risques que la DSCA y appose son véto. D’autant que l’Australie est un des clients les plus fidèles des industries américaines de défense.
Pour Washington DC fournir une dizaine ou une douzaine de ces ailes volantes furtives de nouvelle génération c’est aussi une occasion d’empoisonner un peu les Chinois et leur expansion territoriale dans le Pacifique. La Royal Australian Air Force est en première ligne dans la région. Seul petit hic dans l’histoire : le prix de l’avion. À l’export le Northrop Grumman B-21A Raider est annoncé aux alentours d’un milliard de dollars la pièce. Et pas question d’avoir la moindre ristourne, on parle ici d’un bombardier stratégique.
Un tel avion au sein de la Royal Australian Air Force, n’est-ce pas un peu exagéré ? En fait oui et non, et surtout non. Car à l’instar de l’Armée de l’Air (et désormais de l’Espace) avec ses Mirage IVP elle a longtemps utilisé des General Dynamics F-111C Aardvark. Le fameux bombardier américain à géométrie variable a laissé un grand vide dans la doctrine australienne, que le B-21A Raider pourrait parfaitement combler.
Pour l’instant Américains et Australiens en sont encore aux discussions préliminaires. Mais le gouvernement travailliste d’Anthony Albanese sait qu’il doit faire vite car en novembre prochain Donald Trump pourrait bien perdre très gros. Le Congrès a toutes les chances de basculer intégralement entre les mains des Démocrates. Or ces derniers voient d’ores et déjà d’un mauvais œil l’exportation d’un tel fleuron conçu spécifiquement pour les besoins de l’US Air Force. Et ce même si c’est pour fournir l’un des plus fidèles alliés actuels de l’Amérique.
Affaire à suivre.
Photo © US Air Force
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