Est-ce la mort programmée de son biréacteur moyen et long-courrier vedette ? L’avionneur européen a annoncé pour 2018 et encore plus pour 2019 une baisse significative de la production de l’A330. Cela représente presque un quart de moins sur deux ans, passant de soixante-sept exemplaires l’an dernier à cinquante l’année prochaine. Déjà pour l’exercice 2018 cette cadence de production devrait être abaissée à soixante machines, ce qui représente tout de même cinq biréacteur par mois cette année.

Et cette réduction concerne bien évidemment les machines au standard Neo, adapté à tous les avions de ligne européens d’ancienne génération. Au moment où Boeing regagne des parts de marché sur l’aviation commerciale au détriment d’Airbus cette annonce sonne comme le futur glas de l’A330. Historiquement le deuxième biréacteur long-courrier au monde, après le Boeing 767, l’Airbus A330 s’est toujours bien vendu depuis son lancement commercial en janvier 1994.

Ironie du sort cette année là son client de lancement fut la compagnie aérienne intérieure Air Inter qui l’utilisa en très haute densité sur les lignes Paris-Nice et Paris-Marseille. On était alors bien loin des A330 qui allaient quelques années plus tard traverser l’Atlantique nord, le Pacifique, ou encore l’Afrique.
Avec un peu plus de 1400 exemplaires construits et livrés à ce jour l’A330 est indubitablement un des plus beaux succès à l’export pour le constructeur européen. Sans compter qu’il a donné naissance à une sous-version de ravitaillement en vol acquise par plusieurs pays dont la France. Notre Armée de l’Air qui utilise également l’A330 comme avion présidentiel.
Il est à signaler qu’Airbus met actuellement la dernière touche à une version de transport de fret hors norme, l’A330 Beluga XL qui sera construit en très petite série pour les besoins de l’avionneur.

C’est aussi dans l’air du temps qu’un avion conçu à la fin des années 1980 laisse peu à peu la place à une machine plus récente, en l’objet l’A350. Certains médias commencent aussi à parler d’un futur A360 qui serait le successeur de l’A330Neo à l’horizon 2027-2030. C’est donc peut-être bien le futur qu’Airbus prépare en réduisant les productions de son best-seller.

Un facteur n’est cependant pas à exclure : les quelques échecs commerciaux récents de cet avion vieillissant face au Dreamliner de Boeing beaucoup plus récent. Ils sont cependant à relativiser puisque l’A330 se retrouvait aussi en opposition avec l’A350, ce qui est rarement bon pour un constructeur.
Autre explication possible à cette décision de réduction des productions de l’A330 à partir de cette année et l’an prochain : une volonté d’augmenter celles de l’A320Neo qui demeure incontestablement l’avion vedette chez Airbus et se paye même le luxe de se vendre toujours sensiblement mieux que le Boeing 737, son éternel concurrent.

C’est donc peut-être bien la fin de l’ère A330 que nous vivons aujourd’hui. Rappelons-nous que depuis fin 2011 la production de l’A340, conçu en même temps, a été stoppée. Depuis cette date le biréacteur, qui s’est toujours nettement mieux vendu que le quadriréacteur, était donc en quelques sortes en sursis.

Photo © Wikimédia Commons.

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