Même si sur le papier il est associé à l’industriel suédois Saab c’est avant tout la grande victoire outre-Atlantique de l’avionneur de Seattle. C’est donc le Boeing T-X qui devra à l’horizon 2023 remplacer définitivement l’avion d’entraînement supersonique Northrop T-38 Talon en dans les écoles de pilotage de l’US Air Force. Il s’agit notamment pour ce constructeur de légende de son grand retour sur le devant de la scène militaire. Un programme qui devrait permettre également d’ouvrir la voie à des contrats à l’export.

En fait la grosse différence entre ce Boeing T-X et son principal concurrent le Lockheed-Martin / KAI T-50 c’est qu’il s’agissait avant tout d’un avion spécifiquement conçu pour répondre aux besoins de l’US Air Force. Et non l’adaptation d’un avion qui avait pourtant fait ses preuves en Asie. Une différence qui a visiblement séduit les décideurs du Pentagone.

Désormais les ingénieurs et techniciens ont à peu près cinq ans pour transformer l’essai. Passer d’un prototype d’avion d’entraînement à un avion opérationnel capable de remplacer une machine de légende est loin d’être une sinécure. Car même si les avions d’entraînement n’ont jamais, et n’auront sûrement jamais, l’aura des avions de chasse celle du Northrop T-38 Talon est impressionnante aux États-Unis.
Pour mémoire rappelons qu’il s’agit du seul avion d’entraînement à avoir volé sous les couleurs de la patrouille acrobatique des Thunderbirds ! On en trouve également dans l’US Navy ou encore au sein de la NASA. Actuellement ce sont donc environ cinq cents de ces «vieux» biréacteurs d’entraînement qui volent encore quotidiennement dans les écoles de l’US Air Force.

En fait la sélection du programme proposé par Boeing et Saab est largement la plus logique. Ce T-X (sa désignation militaire finale ne sera connue que dans quelques semaines) reprend des éléments d’architecture qui vont parfaitement l’intégrer dans l’arsenal aérien américain actuel. Son empennage double dérive permettra notamment de mieux former les futurs pilotes appelés à voler sur Lockheed-Martin F-22A Raptor et F-35A Lightning II, c’est à dire les plus récents avions de combat en dotation dans l’US Air Force. D’ailleurs le cockpit et l’avionique du T-X sont annoncés compatibles avec ces deux machines furtives.
Au total 351 exemplaires sont donc désormais en commande pour une valeur d’environ 7.9 milliards de dollars US.

Depuis de fiasco du KC-46 Pegasus beaucoup outre-Atlantique doutait que Boeing puisse encore demeurer un fiable fournisseur d’avions militaires. Cette victoire nette du T-X risque bien de rabaisser le caquet de certains.
Dans les mois et années à venir nous reviendrons bien sûr largement sur l’évolution de cet avion.

Photo © Boeing Company.

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6 COMMENTAIRES

  1. Faudrait pas finir par croire à sa propre propagande… C’est surtout l’origine de l’avionneur qui compte (mais pas que) : demandez à Airbus…
    Sinon les Iraniens avait fait une version bi-dérive du F-5 aussi… 😉 !.

  2. Ce n’est pas le même bureau d’étude de Boeing derrière le KC-46 et le T-X., donc inutile de comparer les capacités d’industrialisation.
    Ensuite dire qu’un bi-dérive aidera à la formation vers les F-22 et F-35 est un non sens c’est juste que c’est le bureau d’étude de St Louis qui a dessiné cet avion, le même qui a dessiné le F-18 et donc c’est dans leur phylosophie aérodynamique..

    • Ce n’est peut-être pas le même bureau d’étude mais ça reste dans les deux cas Boeing, donc la comparaison est parfaitement valable, ne vous en déplaise.

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