Les papys font de la résistance ! Le Pentagone a annoncé que l’US Navy et l’US Marines Corps allaient conserver leurs Northrop F-5N et F-5F Tiger II. Ces biréacteurs sont utilisés actuellement dans le rôle d’Agressors, c’est à dire qu’ils sont chargés de simuler des avions de combat de facture chinoise et/ou ex-soviétique. Une mission réalisée depuis les années 1980 sur ce type d’avion et connue sous le nom de DACT, pour Dissimilar Air Combat Training.

Alignement de Northrop F-5N Tiger II.

Ce n’est pas à proprement parler un programme de modernisation auquel va se soumettre la quarantaine de Tiger II répartie actuellement entre l’US Navy et l’US Marines Corps pour la mission d’Agressors. En fait ces avions, connus actuellement comme F-5N et F-5F, seront principalement remis en état, réparés, et pourquoi pas repeints. Mais aucune nouvelle avionique ne viendra s’ajouter à la leur. Le chantier se déroulera sur six mois entre mars et septembre 2019 en Floride.
Pour mémoire si les F-5F sont de classiques biplaces de transformation opérationnelle les F-5N sont en fait d’anciens chasseurs F-5E rachetés de seconde main auprès de la Suisse et transformés aux États-Unis afin de simuler au mieux les chasseurs de facture ex-soviétique.

Rappelons que les Tiger II de l’US Navy et de l’US Marines Corps sont de véritables survivants. Initialement ils ne devaient pas servir plus de quelques années, réalisant la transition entre les Israel Aircraft Industries F-21A Kfir et les General Dynamics F-16N Fighting Falcon. Mais ils ont littéralement enterrés ces deux modèles d’avions pas si adaptés que ça à cette si particulière mission d’Agressors. Et désormais plus aucun cadre supérieur du Pentagone n’oserait se hasarder à proposer un calendrier de retrait du service pour ces chasseurs légers.
Aux États-Unis certains médias annoncent que ces jets pourraient bien voler au-delà de 2030.

Les cinéphiles auront sans doute reconnu le « Mikoyan MiG-28 » du blockbuster hollywoodien Top Gun.

Pour mémoire actuellement trois unités américaines volent encore sur cet avion d’ancienne génération. Les squadrons VFC-13 et VFC-111 de l’US Navy et le squadron VMFT-401 de l’US Marines Corps. Une autre unité d’Agressors existe dans l’aéronavale américaine, le squadron VFC-12 mais elle évolue sur des McDonnell-Douglas F/A-18A/B/C/D Hornet bien plus modernes.
Pour autant une valeur commune unit toutes ces formations, au-delà de l’hyper professionnalisme de leurs mécanos et pilotes : les livrées chatoyantes portées par ces avions. En ces périodes de basse visibilité ces avions font plaisir à voir pour les aficionados du monde entier.

Un Sukhoi Su-27 Flanker ? Non juste un F/A-18C Hornet du squadron VFC-12.

Pour autant au Pentagone certains aimeraient bien voir ces avions disparaitre des arsenaux. En effet plusieurs hauts dignitaires militaires américains n’hésitent plus à se prononcer en faveur d’un transfert de ces compétences d’Agressors au secteur privé. Ainsi des sociétés de soutien à la défense, les tristement célèbres contractors, rempliraient les missions de DACT. Cet entraînement différencié au combat aérien (la traduction française de sa définition) ne serait désormais plus une spécialité des pilotes instructeurs évoluant actuellement sur ces Tiger II et Hornet. Et à fortiori l’US Navy et l’US Marines Corps perdraient quelques-uns de leurs beaux avions contemporains.
Pour autant le Pentagone réussit encore à s’opposer majoritairement à cela, mais pour combien de temps ?

Photos © US Navy.

 

 

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8 COMMENTAIRES

  1. Et c’est tant mieux pour ces beaux appareils, après tout ce rôle de seconde ligne si j’ose dire leur va encore comme un gant et les performances sont au RDV, l’expérience est de surcroit dépaysante pour les pilotes qui bien souvent s’entrainent entre eux sur un même type d’appareil (pour la même raison, aujourd’hui des sociétés privées officient également dans ce rôle du « Red Air » avec des appareils encore plus « exotiques » dirons-nous : Hunters, L39, Ak, Kfirs, et même bientôt Mirage F1 ex-AdA).

    Aller, je ne résiste pas à ajouter à ces belles livrées « navales » celle du 65th Agressors de l’USAF, avec leurs F15 et F16 tout aussi chatoyants. https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/16/USAF_Agressor_Flight.jpg

  2. Il n’y a aucune sociétés privées qui a des MiG ou des Sukhoi?
    Apprendre à combattre contre des avions qu’on connais, alors qu’en temps de vrai guerre ça sera vraisemblablement contre des avions russes (ou chinois), c’est un incomplet, nan ?

    • Pas à ma connaissance, cf la liste que j’ai citée dans mon commentaire précédent (coquille d’ailleurs : A4, et non Ak).
      Les Agressors de Nellis AFB (basés en zone 51, très secrète) volant sur matériel soviétique ont bien existé durant la guerre froide, c’est un fait, ces appareils étant soit achetés à des pays tiers, soit récupérés lors de défections (Mig 17-19 21 et 23 furent donc utilisés régulièrement pour l’entrainement, ces appareils risquant d’être croisés dans les cieux du Vitenam).
      Des Mig-29 ex-RDA ont été brièvement testés après la chute du rideau de fer pour évaluation contre les appareils de l’OTAN (et les américains furent désagréablement surpris des capacités à courte portée du Fulcrum), mais officiellement ces derniers n’ont pas été utilisés au sein d’une escadrille agressor.

      Pour ce qui est des temps actuels, l’on trouve parfois certains jets ex-soviétiques à vendre (il y a un mois ou deux c’était un Mig-29 UB) sur le marché civil donc ça ne m’étonnerait pas trop que l’armée US en possède officieusement quelques-uns. De surcroit, les rumeurs parlent de Flankers qui auraient été observés de loin dans certaines zones d’entrainement (type Nellis) par des photographes amateurs, celle-ci par exemple laisse peu de doute quant à la nature de l’appareil qui croise le fer avec un F16. Mais rien d’officiel, encore une fois 😉 .
      https://theaviationist.com/wp-content/uploads/2017/01/3-Merge.jpg

      Je me souviens aussi que l’USAF -d’ordinaire très transparente même avec les sensibles B2 /F22/35- avait été très évasive sur le décès d’un pilote en zone 51, rien n’avait filtré sur les circonstances et le type d’appareil à bord duquel il était mort, information « classified » (prototype secret, ou bien appareil ex-soviétique non officiellement utilisé).

      De toute façon, faire voler des appareils « de l’ennemi » sans les pilotes formés dessus ainsi que les missiles et le système d’armes les plus récents, c’est à la base assez incomplet. Mais cela permet tout de même de mieux connaître les caractéristiques de l’adversaire, se frotter à lui en combat rapproché, et éventuellement développer des parades.

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