On va finir par penser que les gens de chez Sukhoi nous rejouent le coup de l’Arlésienne avec leur Su-57. Si on en croit l’état-major de la force aérienne russe les deux premiers avions furtifs russes n’entreront pas en service avant au plus tôt le premier semestre de l’année prochaine. Pour mémoire ils auraient dû initialement arrivés en unité l’an dernier, et être déclarés opérationnel dans le courant de cette année. Une plutôt mauvaise nouvelle au moment où les rumeurs sur sa venue en juin prochain au Bourget se font de plus en plus précises.

En effet c’est le général Nikolaï Gostev, un des cadres principaux de la force aérienne russe, qui a fait cette annonce ce lundi 25 mars 2019. Selon lui les deux premiers avions entreront en service respectivement au premier et au deuxième trimestre 2020. Des avions qui seront ensuite affectés à la défense aérienne du district militaire du sud. C’est celui-là même qui administre les frontières avec la Turquie et plusieurs pays de l’OTAN ou encore le territoire ukrainien sous occupation de Crimée. Le déploiement de ces deux premiers avions furtifs russes est donc un signal fort envoyé à l’organisation atlantiste.

Pour autant il devient urgent pour les Russes d’accepter au service cet avion car le Sukhoi Su-57 va finir par devenir lui aussi la cible des quolibets comme l’a été le Lockheed-Martin F-35A Lightning II il y a encore peu de temps. Cependant on imagine mal les médias russes s’autoriser à critiquer un avion de conception locale comme ils l’ont fait avec le chasseur multirôle américain. La liberté de ton a ses limites dans ce cas précis.

Il faut dire que les retards deviennent la marque de fabrique de l’avion russe. Au point même que bien souvent les annonces faites à son sujet ne concernent plus que ceux-ci. Au détriment notamment du développement même de l’avion. N’oublions pas que ces deux premiers avions de série voleront avec des réacteurs provisoires. Et là-dessus les ingénieurs de Sukhoi innovent par rapport à leurs homologues de Lockheed-Martin.
Il ne faut pas oublier que pour l’instant seuls douze avions ont réellement été commandés par la Russie, pas plus.

Enfin une note plutôt amusante le concernant : de plus en plus de rumeurs font état de la présence d’un Su-57 de présérie au Salon du Bourget 2019. Info ou intox, le fait est que cela fait couler pas mal d’encre. Après tout après les «déployés en Syrie» la Russie pourrait les opposer à leurs concurrents américains en salon. Et là nous pourrions nous faire une idée un peu plus précise de ce dont ce chasseur est vraiment capable. Enfin si vraiment il vient…

Photo © Keypublishing.

 

 

Publicité

16 COMMENTAIRES

  1. Ce sont les indiens qui ont laissé tombé cet avion non ? Du coup est-ce que vraiment les russes vont le construire en grande série ou bien est-ce que ça va faire comme le Su-37 ils vont l’abandonner faute de crédits ?
    Les russes sur ce coup là font pire que les américains car au moins le F-35 se vend bien.

    • Le Su37 n’a jamais eu pour autre vocation qu’être un démonstrateur et bêta testeur de systèmes. On retrouve bon nombre de ses technologies sur les nouveaux descendants du Su27, la poussée vectorielle par ici, le radar aesa par là, la cellule qui si elle en a pas l’air est bien différente des Su27. On peut presque dire que le Su35s est la machine de série qui découle du Su37, plus que les proto Su35 eux mêmes.
      Même si le Su57 était abandonné, ce qui n’arrivera pas, la Russie a de quoi se défendre, même un excellent F22 ou un génial Rafale aurait vraiment fort à faire face à un Su35s ! Je ne parlerai même pas de F35 qui lui n’a carrément aucune chance en deçà du combat bvr.

  2. Tant mieux pour ce retard, ça permettra de profiter de la beauté du Su27 plus longtemps. Les 35s et autres 34/32fn ont encore une belle et longue vie à mener.

  3. A pres avant qu il est autant de retard que le F35 il y a de la marge .
    De toute facon l un comme l autre resemble a des enclumes .
    Et la furtivitee d aujourd hui … dans 5 ans on en reparle

    • Il est certain qu’il vaut mieux retarder la mise en service d’un avion pas prêt que produire des centaines d’appareils d’un avio qui n’est toujours pas prêt.
      C’est comme cette histoire de la conquête spatiale où les américains ont dépensé des milliers de dollars pour créer un stylo bille qui fonctionne en apesanteur alors que les russes ont utilisé un crayon à papier.

        • Gras ou non, ça peut se casser en petits morceaux qui risquent de flotter dans la cabine et aspirés dans les filtres

      • Concernant l’histoire du style bille, je vous conseille de lire:
        « According to an Associated Press report from February 1968, NASA ordered 400 of Fisher’s antigravity ballpoint pens for the Apollo program. A year later, the Soviet Union ordered 100 pens and 1,000 ink cartridges to use on their Soyuz space missions, said the United Press International. The AP later noted that both NASA and the Soviet space agency received the same 40 percent discount for buying their pens in bulk. They both paid $2.39 per pen instead of $3.98. »
        https://www.scientificamerican.com/article/fact-or-fiction-nasa-spen/

        « Une rumeur prétend que face au fait que les stylos à encre classiques ne fonctionneraient pas en apesanteur, La NASA aurait dépensé une fortune colossale afin de concevoir un stylo capable d’être utilisé dans l’espace, tandis que les Russes auraient préféré opter pour de simples crayons à papier1. Cette histoire, relatée comme un exemple de l’aveuglement technologique qui pousse à gaspiller des millions de dollars en ignorant les solutions évidentes et bon marché préexistantes, est une légende urbaine à plusieurs titres.

        En premier lieu, parce que les programmes initiaux de la NASA ont eux aussi utilisé des crayons à papier, mais que ceux-ci se sont révélés dangereux à l’usage. En apesanteur, les pointes de crayon cassées et la poussière de graphite créaient un risque important de court-circuit et le bois des crayons était lui-même inflammable. Une meilleure solution était donc nécessaire.

        En second lieu, parce que Paul Fisher développa le Space Pen à sa propre initiative, sur fonds privés et de manière totalement indépendante de la NASA. La NASA n’a jamais contacté Paul Fisher afin de concevoir un stylo, et ce dernier n’a jamais reçu de subvention pour le développer. Le Space Pen ne fut proposé à cette dernière, ainsi qu’à l’Union soviétique, qu’une fois le modèle AG7 totalement mis au point2. En 1967, à l’issue de tests rigoureux, la NASA en acheta 400 à Fisher pour le programme Apollo, au prix de 6 dollars l’unité3.

        Enfin, les cosmonautes soviétiques, puis russes, ont eux-mêmes adopté le Space Pen à partir de 1969, abandonnant les crayons à papier et les crayons gras sur plastique qu’ils utilisaient jusqu’alors. En 1969, ils en achetèrent cent pour leur futures missions3. »
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Space_Pen

        En espérant que vous combatteriez désormais cette légende urbaine.

  4. Les commentaires goguenard sont inutiles, combien d’années de retard pour le Rafale ? Les déboires du F22 ? Quant au F35, ça ne vaut même pas la peine de s’y attarder.
    La Russie a déjà du matériel performant, elle constate tous les jours le gouffre financier qu’est devenu le F35, et peut-être a t elle appris de l’histoire que la course à l’armement n’est pas nécessairement une option.
    Par ailleurs, l’effort d’armement Russe est multiple, en témoigne le domaine des missiles…
    Bref, on peut difficilement se moquer des Russes, en 1986 on devait avoir le Rafale en unités pour 1987…. On fait les comptes ?

    • Le Rafale de 1986 opérationnel en 1987 ? Sans rire ? Merci vous allez me faire ma soirée, peut-être même ma fin de semaine. Un démonstrateur technologique opérationnel, merci Luis pour cette super crise de fou rire. 🙂

    • Ne dites pas n’importe quoi s’il vous plaît. Le démonstrateur Rafale A a réalisé son premier vol en 1986. En 1987 sont commandés les prototypes B01, C01 et M01 et seulement 3 années plus tard ils commencent à voler. En 1994 les essais sont terminés et Dassault est prêt à industrialiser les premiers avions de série. Le Rafale M aurait du équiper la marine nationale dès 1998 mais est repoussé à l’an 2000 à cause la vente du porte-avion Foch. Le calendrier est parfaitement respecté.

    • En quoi s’il vous plait cet article serait malhonnête ? Parce qu’il ne brosse pas le premier avion furtif russe dans le sens du poil ? Parce ce qu’il pointe les différences entre propagande moscovite et réalité de l’industrie aéronautique post-soviétique ? Si tel est le cas alors oui il est malhonnête.
      Mais peut-être êtes-vous trop habitué à l’honnêteté de médias comme RT ou Sputnik pour en apprécier une autre ?

      Quand à la honte, franchement non ça va. 🙂

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom