Une page se tourne à la fois au sein de l’US Marines Corps mais plus largement dans l’histoire de l’aviation ! Ce vendredi 8 mars 2019 les derniers avions de guerre électronique Grumman EA-6B Prowler ont quitté le service, sans être remplacés. Jusque-là ils volaient au sein de l’escadron VMAQ-2 «Death Jesters», une unité qui a du coup été désactivée. Pour mémoire l’avion ne servait plus que dans cette arme, depuis son retrait de l’US Navy à l’été 2015.

Heureux et chanceux photographe que celui-ci.

Au sein du VMAQ-2 de l’US Marines Corps le Grumman EA-6B Prowler était un vieux compagnon de route. Les premiers exemplaires de ce mythique avion de guerre électronique avaient été perçus en 1977 afin de succéder aux inefficaces biplaces EA-6A, des Intruder transformés à la va-vite durant la guerre du Vietnam pour eux-même remplacer les très performants mais vieillissants Douglas EF-10B.

Et sous ses marquages l’EA-6B Prowler aura souvent connu le feu. En 1986 notamment quand ils escortèrent les avions américains qui allaient frapper la Libye en représailles aux actions terroristes ordonnées par le dictateur Khadafi lui-même.
Évidemment en 1990-1991 ils étaient de la partie pour libérer le petit émirat pétrolifère du Koweït occupé illégalement par les armées irakiennes. Ils participèrent à de nombreuses missions de guerre, mettant à mal les défenses aériennes ennemies et brouillant les émissions radars. Dans ces mêmes années 1990 ils réalisèrent le même type de missions mais cette fois en Europe contre les aviations et armées serbes lors de raids aériens visant à empêcher les exactions contre les populations bosniaques puis kosovares.

Une allure hors du commun pour un avion d’armes.

Pour le Grumman EA-6B Prowler et l’escadron VMAQ-2 le 21ème siècle sera synonyme de guerre contre le terrorisme islamique et les djihadistes. En Afghanistan d’abord après l’invasion alliée du pays puis par la suite dans une bonne partie du monde arabo-musulman.
Et même alors que sa retraite se profilait le vieux combattant continuait de faire ce pourquoi il avait été conçu : la guerre ! Les forces terroristes de Daech en firent l’amère expérience, d’abord avec le VMAQ-4 puis après sa désactivation en juin 2017 avec le VMAQ-2.

Et pourtant on ne peut pas dire que l’EA-6B Prowler aura beaucoup fait parler de lui. Hormis les aérophiles comme nous peu de gens connaissaient vraiment ses rondeurs, ses excroissances, sa presque jovialité qui en faisaient une machine à part dans le monde des avions de guerre. Mais désormais tout cela est terminée.
L’US Marines Corps a décidé, totalement à contre-cœur, de dire adieu à la mission de guerre électronique embarquée. Seule l’US Navy avec ses Boeing EA-18G Growler pourra mener ce type d’opérations. Ainsi en ont décidé les économistes du Pentagone, époque Trump. Il parait que ces escadrons étaient trop onéreux et pas assez rentables. Encore un savoir-faire qu’on abandonne pour de sombres raisons financière.
Dommage des Growler aux couleurs de l’US Marines Corps, ça aurait sacrément eu de la gueule !

Livrée spéciale pour le retrait. Vaut-elle celle de l’US Navy au printemps 2014 ?

Alors direction Davis-Monthan AFB pour les derniers avions du VMAQ-2 après cet ultime vol. Gageons que quelques musées aéronautiques dans le monde en récupérerons un. Au Bourget il trouverait sans doute une dernière tanière à la hauteur de son impact sur l’histoire aéronautique. Enfin je dis ça, je ne dis rien… je me comprends.

Photos © US Navy

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2 COMMENTAIRES

  1. Qui l’eût cru ? Le joufflu pataud aura surclassé et enterré de 2 décennies son puissant homologue de l’USAF, l’EF111A, avec lequel il partagea, outre l’excroissance caudale, le raid en Lybie et Desert Storm.
    Initialement destiné aux missions SEAD avec le missile HARM (voir photo : https://farm5.staticflickr.com/4605/40541382681_eb4f018c1f_b.jpg), ce rôle lui sera retiré au profit des F/A-18. Malgré cela, la Navy et l’USMC ont eu encore grand besoin de ses services, jusqu’à terminer sa carrière sur un rôle inattendu en effet avec le repérage / brouillage des communications des insurgés (Talibans, DAESH…) et autres détonateurs à distance d’IED.
    Clap de fin pour ce quinquagénaire au look moins glamour et au rôle moins flamboyant qu’un Tomcat, et à la vie opérationnelle discrète mais cependant bien remplie.

    Pour ouvrir sur l’avenir, j’avais lu que l’USMC se passerait d’avions de guerre électronique car le F35 (B mais aussi A et C), d’une part via ses qualités intrinsèques de pénétration de zone A2/AD pourrait se passer d’une telle forme d’escorte, mais aussi qu’il possèderait (conditionnel…) certaines capacités propres aux appareils de guerre électronique via ses senseurs.
    C’est une information à creuser, car même si la technologie a fait énormément de progrès (un équipage de 2 sur EA18G réalise le travail de 4 dans un EA6B), il semble plus que probable que les Growlers ne pourraient assurer seuls ce rôle s’ils devaient au cours d’un conflit servir simultanément les intérêt de l’USAF, l’USMC, et leur arme-mère la Navy.

  2. Le Prowler porte, indirectement, un des pires records de civils tués en temps de paix, avec le tragique accident du téléphérique de Cavalese, en Italie, en 1998, où un EA-6 accrocha le câble d’un téléphérique.

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