Voilà un avion pour le moins particulièrement discret. En ce début de mois de mars 2019 l’US Air Force a pris livraison du premier de ses trente-sept avions d’appui aérien Lockheed-Martin AC-130J Ghostrider au standard Block 30. Si peu d’information ont réellement filtré sur cette modernisation on sait néanmoins qu’elle concerne l’avionique et le système d’arme de l’avion. Comme son nom l’indique il s’agit d’un loin descendant du Lockheed AC-130 Spectre de la guerre froide.

C’est notamment le système de vol à basse et moyenne altitude de l’AC-130J qui a été revu. Désormais ces avions sont capables de voler plus bas, plus longtemps, et surtout par tous les temps. Il s’agissait en fait d’une critique fréquemment faite à l’encontre du Ghostrider depuis son entrée en service opérationnel au début de l’été 2015 : ces avions n’étaient pas bon dans le vol tactique. Un comble, reconnaissons-le, pour une canonnière volante.
La très complexe chaîne de communication semble aussi avoir été modernisée.

Pour autant ce n’est pas là la seule amélioration apportée à l’avion. Désormais il sera pleinement apte à l’emport et au tir du missile léger air-sol AGM-176 Griffin, une munition annoncée dans son arsenal mais non officiellement utilisé. C’est maintenant changé !  En outre l’AC-130J Ghostrider continuera de pouvoir emporter le missile antichar AGM-114 Hellfire ou encore la munition de précision GBU-39, permettant ainsi de l’utiliser comme avion d’appui aérien classique.

Pour mémoire comme tous les avions de la famille AC-130 Spectre il emporte un obusier de calibre 105mm et un canon Bushmaster de 30mm  tous deux particulièrement redoutables. Mais la comparaison s’arrête là car le Ghostrider est un concentré de haute technologie contemporaine. Il dispose d’une chaîne de communication commune avec l’EC-130J Commando Solo et le Bell-Boeing CV-22B Osprey permettant aux trois types d’avions d’inter-opérer sur un même théâtre. Le tout bien entendu à l’abri des indiscrètes oreilles ennemies.
En ce sens l’avion est bien plus qu’une simple canonnière volante mais bel et bien désormais aussi une forme de poste de commandement aéroporté. Juste très lourdement armé.

Pour autant c’est toujours le grand flou qui entoure ces avions utilisés exclusivement à la demande des forces spéciales et donc de missions sous couvert du secret défense. Bien évidemment aucun Ghostrider n’a été exporté, ce marché de modernisation ne concerne donc que les États-Unis.

Photo © Lockheed-Martin

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2 COMMENTAIRES

  1. Un avion tout droit sorti d’un film d’action avec Dwayne Johnson !!!
    J’imagine l’effroi de ses ennemis , ils doivent se dirent que le ciel leur tombent sur la tête.

  2. J’ai toujours apprécié ce concept, de l’AC47 Spooky (à la va-vite) en passant par l’AC119 Stinger (un peu plus abouti), l’AC130 est la quintessence en la matière et ce depuis le Vietnam. Cet appareil a eu beaucoup de versions d’ailleurs, 6 ou 7 de mémoire, et celle-ci me semble plus épurée que la précédente (le Spooky), bardé de détecteurs missile partout sur le fuselage (il faut dire que l’AC130 est particulièrement vulnérable aux SAM),
    C’est un peu dommage par contre de ne plus le voir embarquer de gatlings, cela faisait partie de la « patte » gunship (il les aura au fil du temps utilisés en 7.62, 20 et 25mm).
    Le plus intéressant est l’arrivée -de série- de missiles Hellfire et Griffin sur une version de l’Hercules (la plus à même de recevoir une charge offensive me direz-vous) ; c’est à mon avis un premier pas vers une concrétisation à plus grande échelle du projet Harvest Hawk (soulager les chasseurs / bombardiers de l’USAF en armant les C-130J cargo).

    Amusant d’ailleurs de voir qu’aujourd’hui l’Europe s’essaye à développer des gunships à partir d’avions de transport. Même en France on y songeait il y a peu, un rack-pylone de C130 pour 4 A2SM avait été dévoilé en 2015. Sans parler des CASA 235 et 295 armés proposés à l’export.

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