Increvable ? C’est sans doute un qualificatif qui convient parfaitement à cet avion. Sans cesse réinventé par son constructeur le Hawkeye demeure à la pointe de la technologie comme avion de guet aérien radar. Preuve en est avec cette commande de vingt-quatre nouveaux exemplaires supplémentaires assortie d’un chantier de modernisation des machines déjà livrés au standard E-2D. Dans le même temps le Pentagone révèle un option pour plusieurs machines destinées à l’export sans pour autant révéler le nom du ou des potentiels clients.

Le turbopropulseur Allison-Rolls Royce T56A-427A et sa fameuse hélice à huit pales. La signature extérieure de l’E-2D.

Le contrat a été finalisé entre Northop-Grumman et l’US Department of Defense ce jeudi 11 avril 2019 pour un montent d’environ trois milliards d’euros. Il comprend donc la fourniture entre 2021 et 2026 d’un lot de vingt-quatre nouveaux E-2D Hawkeye mais également la modification des quarante exemplaires qui déjà auront alors été livrés. Actuellement trente-sept sont en service dans les escadrilles de l’aéronavale américaine.

Le chantier de modernisation concernera principalement l’ajout d’une perche de ravitaillement en vol au-dessus du poste de pilotage de l’avion. De quoi permettre d’allonger encore un peu plus son rayon d’action et donc sa capacité à demeurer en vol sur zone de patrouille. Pour autant il n’est pas encore prévu de transformer les E-2C encore en dotation à ce standard comme certains l’avançaient il y a quelques mois. Le Pentagone s’orienterait même plutôt vers une mise à la retraite de ces anciennes versions au profit d’une future commande d’ici quatre à cinq ans.

Commercialisé sous la désignation d’Advanced Hawkeye par Northrop-Grumman l’E-2D est actuellement en fait l’avion de guet aérien qui se vend le mieux. Et cette option pour neuf avions exportés par le Pentagone en atteste. Même si officiellement la diplomatie américaine n’a pas révélé l’identité du client, il ne fait aucun mystère qu’il est à chercher du côté de l’Asie. En septembre dernier le ministère japonais de la défense exposait publiquement son intention d’acheter neuf nouveaux E-2D afin de renforcer sa flotte d’E-2C acquise au milieu des années 1980 et quotidiennement engagée dans la défense aérienne de l’archipel.
Mais un autre pays asiatique toque à la porte de l’avionneur : l’Inde. Après une première tentative échouée en 2009 ce pays cherche à acquérir six avions de ce type pour son aéronavale. Ils lui permettraient d’en finir avec les hélicoptères Kamov Ka-31 de facture russe qui n’ont jamais réussi à trouver réellement leur place dans son arsenal. Pour autant les Hawkeye indiens ne serait à priori pas destinés à un embarquement.

Northrop-Grumman E-2D Hawkeye en opérations sur le pont de l’USS Abraham Lincoln.

Cinquante-cinq ans après l’entrée en service des premiers Grumman E-2A (ou W2F-1 dans la nomenclature d’avant 1962 !!!) on voit que ce radar aéroporté embarqué est toujours bon pied bon œil. À tel point qu’on se demande si l’US Navy réussira un jour à lui trouver un successeur, piloté ou non.
C’est cette robustesse et cette polyvalence qui assurent la marque de fabrique des avions légendaires !

Photos © US Navy.

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10 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Arnaud,
    Quid de l’aéronavale française ? En sait-on un peu plus sur ce qui est prévu pour le remplacement à venir de nos E2-C?

    encore merci pour tes articles !

    • La France a commandé trois E2D pour remplacer les trois E2C actuels. Ils seront livrés entre 2026 et 2028. En attendant, les trois E2C actuels ont été modernisés pendant l’arrêt technique du Charles de Gaulle avec un mix d’éléments du E2D et d’éléments spécifique français.

        • En fait je ne sais pas si c’est officiel mais la France a fait part d’une lettre d’intention pour l’achat de 3 E2D. C’est prévu dans la LPM 2019-24. Au US maintenant d’accepter ou non. Cela irait donc dans le sens de la construction d’un nouveau porte-avion. C’est long 2026 2028 mais nos E2c ne sont pas encore en fin de vie et les E2D américains passent avant. Le Japon aussi en a commandés.

  2. Un changement notable pour le radôme qui contient un radar AESA qui « voie » plus loin tout en étant plus discret que son prédécesseur. Notons que le radôme tourne toujours, combinant un balayage mécanique et électronique.
    Le contre partie est une consommation électrique accrue, permise par les nouveaux moteurs plus puissants.

  3. Je lève mon chapeau pour une fois aux administrateurs militaires&politiques pour avoir géré de la bonne façon ce dossier du remplacement des Hawkeyes. Combien de fois les administrations gouvernementales procrastinent avant de prendre les bonnes décisions lors du remplacement de matériel…

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