C’est désormais une habitude pour les forces atlantistes : s’entraîner en Mer Noire. Durant une semaine, entre le 5 et 13 avril 2019, les forces aériennes et navales de l’OTAN se sont exercer dans cette mer intérieure. Sea Shield 2019 a regroupé des éléments de sept pays membres : Bulgarie, Canada, États-Unis, Grèce, Pays-Bas, Roumanie, et Turquie. Il est bon de signaler que les navires de l’organisation ont éveillé la curiosité des forces aéronavales russes.

La frégate canadienne Toronto.

Le scénario de cette session 2019 de Sea Shield était axé sur deux thèmes différents : la lutte anti-sous-marine et la lutte anti-aérienne. Dans le premier cas les bâtiments de guerre des forces de l’OTAN devaient débusquer un sous-marin américain de classe Los Angeles (dont l’identité réelle n’a pas été révélée) croisant dans la région. Un avion de patrouille maritime Boeing P-8A Poseidon appartenant également à l’US Navy était engagé dans l’exercice.

Ce biréacteur opérait depuis une base aérienne roumaine d’où décollèrent les General Dynamics F-16AM Fighting Falcon et les Mikoyan-Gurevitch MiG-21 Lancer engagés. Les seconds devaient harceler les forces navales tandis que les premiers prenaient les airs pour les intercepter. Chacun jouant à fond le rôle qui lui avait été donné au préalable, entre agresseurs et défenseurs.
Deux Lockheed C-130H Hercules étaient également affectés à l’exercice ; l’un par la Grèce et l’autre par la Roumanie. Ils assuraient des missions logistiques.

Sur les eaux on retrouvait cinq navires de guerre, tous des frégates : la Drazki venue de Bulgarie, l’Evertsen des Pays-Bas, la Regele Ferdinand de Roumanie, la Toronto du Canada, et l’Yildirim de Turquie. C’est ainsi que l’on a pu apercevoir des hélicoptères embarqués aussi différents que l’Agusta-Bell AB-212ASW turque, l’IAR IAR-330 Puma roumain, le NH Industries NH-90 NFH néerlandais, ou encore le Sikorsky CH-148 Cyclone canadiens. Seul le navire bulgare n’alignait pas d’hélicoptère embarqué.

L’exercice s’est déroulé globalement sous une mauvaise mer, avec un ciel très bas. Pour autant les MiG-21 Lancer ont pu parfaitement simuler leurs attaques à basse altitude contre les navires déployés. Et dans le même temps les F-16AM Fighting Falcon étaient dirigés depuis ces mêmes bâtiments contre les avions «hostiles».
En fait à deux reprises les forces de l’OTAN ont vraiment eu à souffrir la présence d’avions ayant des intentions assez négatives. Deux Ilyushin Il-38 russes (ou peut-être deux fois le même) ont été aperçus très près des navires en exercice. Pour autant à aucun moment l’OTAN n’a daigné faire décoller sa chasse, ces vieux avions de patrouille maritime ne représentant sans doute pas une menace crédible. Ils sont d’ailleurs restés sur zone à chaque fois moins d’une dizaine de minutes, juste assez de temps pour être accrochés par les radars de défense aérienne de ces bâtiments de guerre.

Hélicoptère Puma de la petite aéronavale roumaine.

On sait que la Russie considère la Mer Noire comme son pré carré et n’y accepte nullement la présence de navires étrangers, à fortiori de l’Union Européenne ou de l’OTAN. Pour autant ceux-ci sont toujours demeurés dans les eaux internationales ou bien dans les eaux territoriales bulgares et roumaines. De même les avions ne sont jamais sortis des espaces aériens souverains des pays membres de l’organisation. En cela les forces atlantistes tenaient à éviter toute provocation à l’égard de Moscou.

Photos © Keypublishing & OTAN.

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