C’est une petite phrase prononcée dans la semaine par le numéro 2 de l’US Department of Navy qui a fini d’éteindre les espoirs de Lockheed-Martin de placer son MH-60S Knighthawk auprès de l’US Marines Corps. Cette force américaine continuera de voler sur ses actuels hélicoptères d’assaut et d’appui aérien rapproché Bell UH-1Y Venom jusqu’en 2035 au plus tôt. Des machines qui devraient pourtant être modernisées d’ici quelques années afin de les maintenir à un niveau acceptable pour les standards américains. Pour mémoire leur ancêtres sont entrés en service au sein des Marines en février 1964.

Duo de Bell UH-1Y Venom sur le pont du LPD-24, l’USS Arlington.

Il s’agissait à l’époque de Bell UH-1E Iroquois monoturbines, des hélicoptères bien plus rustiques que les actuels UH-1Y Venom biturbines. Qui aurait alors pu croire que des Huey porteraient encore les marquages de l’US Marines Corps jusque donc au moins soixante-dix ans plus tard. Comme quoi quand un hélicoptère est bien conçu il n’est jamais impossible de l’adapter. Et le Venom en est la preuve flagrante.

Or aujourd’hui cet hélicoptère demeure omniprésent dans les déploiements américains un peu partout dans le monde, et en premier lieu sur les ponts d’envol des porte-aéronefs de l’US Navy. Alors certes sa mission n’est plus prioritairement le transport d’assaut des Marines mais plutôt l’appui aérien rapproché ou encore l’infiltration et l’exfiltration des commandos des forces spéciales. Pour transporter les troupes américaines l’US Marines Corps fait plutôt actuellement appel à ses convertiplanes Bell-Boeing MV-22B Osprey et à ses hélicoptères lourds Sikorsky CH-53E Super Stallion.

Mitrailleuse gundoor en place sur un Huey, ça confine quasiment à l’image d’Épinal !!!

À la différence des hélicoptères de combat classique le Bell UH-1Y Venom ne dispose pourtant pas d’une conduite de tir ultramoderne, même s’il peut désormais s’appuyer sur son FLIR. Même dans sa version la plus récente il demeure un hélicoptère rustique, son armement aussi. Mitrailleuses lourdes et roquettes de 70mm en paniers forment son arsenal, ici pas de missile antichar ou anti-aérien, les pilotes laissent cela à leurs collègues volant sur AH-1Z Viper. Ça tombe bien ils volent souvent de conserve.
Pour l’US Marines Corps et l’US Navy le Bell UH-1Y Venom a un très gros avantage lié à sa rusticité : il est très aisé d’entretien. Tellement même que parfois les mécanos n’hésitent pas à le réparer à l’air libre, directement sur les ponts d’envol et non uniquement dans les hangars pourtant dédiés à cet effet.

Sur le pont d’envol du LPD-22, l’USS San Diego, un mécano s’affaire sur le rotor d’un UH-1Y Venom.

Et cette rusticité permet à l’hélicoptère de résister contre le principal challenger de son remplacement : le MH-60S Knighthawk conçu par Sikorsky à partir du SH-60 Seahawk de combat maritime et désormais commercialisé par Lockheed-Martin. Mais aux yeux des généraux du corps des Marines cet hélicoptère est trop moderne et absolument pas adapté à leurs besoins, aucune chance qu’il soit un jour prochain acheté.
Fermez le ban.

Appontage d’un Bell UH-Y Venom sur le LHD-4, le porte-aéronefs USS Boxer.

Donc pour leur plus grand bonheur les pilotes d’hélicoptères des Marines voleront encore sur Venom pour les quinze années à venir. Une manière aussi pour l’US Department of Navy de ne pas avoir à se soucier de leur remplacement, et donc de faire des économies. Bon pour la forme une modernisation à mi-vie interviendra dans quelques années. Et puis avec un peu de chances en 2040-2045 ils voleront encore.

Photos © US Navy.

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4 COMMENTAIRES

  1. Le général Steven R. Rudder, le chef de l’aviation des Marines, a indiqué lors d’une audition parlementaire que les AV-8B Harrier II resteraient en service jusqu’en 2028 et que les F/A-18C/D Hornet ne seraient pas retirés de l’inventaire d’ici 2030/31. Avec l’entrée en service des F-35 et CH-53K, le budget de l’USMC n’est pas extensible non plus.
    L’USMC veut pouvoir compter, à l’horizon 2030, sur 420 F-35, dont 67 F35C. L’UH-1Y Venom devra attendre son tour.

  2. « Mitrailleuses lourdes et roquettes de 70mm en paniers forment son arsenal, ici pas de missile antichar ou anti-aérien, les pilotes laissent cela à leurs collègues volant sur AH-1Z Viper.  »
    Voilà une excellente mentalité. On garde les choses simple et efficace.

  3. La versatilité de l’antique tandem Huey / Cobra, puis Iroquois / Super Cobra, se poursuivra donc encore pour une à deux décennies avec les Venom / Viper. Le pragmatisme de l’USMC à l’état pur, les pièces en commun itou. J’adhère !

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