L’information a fuité discrètement la semaine dernière. La Flottille 34F, dernière unité à faire encore voler des Westland Lynx Mk-4 (FN), se séparera de ses hélicoptères à l’été 2020. Une anticipation de la mise à la retraite de cet hélicoptère de facture britannique qui s’explique avant tout par un besoin d’uniformisation des moyens navals français. L’unité quant à elle pourrait être retransformée un peu plus tard afin de mener des missions de service public.

Contrairement à ce que certains médias non francophones ont pu écrire ce retrait prématuré n’a rien à voir avec la récente présentation du H160M Guépard ! Pour la simple et bonne raison que ce futur hélicoptère militaire n’est pas destiné à la mission de lutte anti-sous-marine, qui est le cœur de métier actuellement des femmes et des hommes de la Flottille 34F. Ce n’est donc pas pour cela que les huit derniers Westland Lynx Mk-4 (FN) vont être retirés du service d’ici un an.

La raison est plus pragmatique. Le NHIndustries NH-90 Caïman NFH fait mieux que lui la mission qui consiste à traquer et éventuellement à attaquer les submersibles ennemis. Question de génération sans doute, ce nouvel appareil est bien plus récent. Or la Marine Nationale ne peut pas se permettre actuellement d’aligner deux modèles très différents pour cette mission de combat naval.
Pour autant ce retrait anticipé des Lynx ne sera pas sans conséquence pour la Marine Nationale. Elle ne pourra plus aligner d’hélicoptère anti-sous-marins à bord de ses deux ultimes frégates de classe Georges Leygues (aussi connues comme F70) que sont les La Motte-Piquet et Latouche-Tréville. Le retrait de ces deux bâtiments de guerre lancés respectivement en 1988 et 1990 n’était pas attendu avant 2022, ce qui signifie que pendant au moins un an et demi ils ne pourront plus traquer de sous-marins ennemis sans l’apport d’hélicoptère. Ils sont incapables d’accueillir à leur bord le Caïman NFH, trop volumineux pour le hangar aviation de ces frégates.

Une fois les Lynx Mk-4 (FN) envoyés à la retraite la Flottille 34F devrait passer par une courte période de désactivation, sans doute de quelques mois, maximum un an. Elle reverra certainement le jour comme flottille de service public équipés d’AS.365N3 Dauphin 2 loués auprès d’une société privée. Une délégation de service qui permet à la Marine Nationale de faire de substantielles économies, notamment en terme de maintien en condition opérationnelle. La Flottille 34F récupérera ainsi les missions assurées actuellement par les détachements de la Flottille 35F à la Rochelle et Le Touquet.
La Flottille 34F assurera le service public sur la façade Atlantique et Manche et la Flottille 35F sur la façade Méditerranée et outremers. Une autre manière de rationaliser les moyens, mais qui ne devrait pas forcément plaire aux personnels. Passer de la guerre anti-sous-marine au service public ce n’est pas exactement le même métier. Et ce même si déjà les équipages de Lynx Mk-4 (FN) assurent des missions de recherches-sauvetages en mer depuis quelques années.

Quoiqu’il en soit les jours du vénérable biturbine de facture britannique, issu de l’Anglo-French Helicopter Agreement, sont comptés. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce retrait du service dans le courant de l’année 2020.

Photos © Marine Nationale.

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1 COMMENTAIRE

  1. Un helico  » viril »…bruyant et ça secouait dans tous les sens…cet accord de production de cet hélico avec les anglais était une retombée du programme du Concorde…craint par les sous mariniers surtout en association avec un patmar ( tactique brother/sister) il était capable de lutte anti surface mais là c’était plus limité..J’ai volé à son bord au cours d’échange patmar/lynx pour affiner les procédures et j’ai souvenir de vols au milieu de la grande bleue complétement esseulé…Super équipages rompus à toutes les missions…Respect aux hommes et à la machine.

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